Par ici la­mon­naie…

Monaco-Matin - - Détente - Le billet de Phi­lippe Bou­vard

Si des élec­teurs de droite ont réus­si à sous­traire quelque ar­gent à la ra­pa­ci­té d’un fisc confis­ca­toire, le scru­tin d’au­jourd’hui risque de po­ser un pro­blème de pe­tite mon­naie puisque les or­ga­ni­sa­teurs ont dé­ci­dé qu’on n’au­rait pas ac­cès aux urnes avec un billet, et sur­tout pas avec ce­lui de  eu­ros, qui a tou­jours cours lé­gal mais mau­vaise ré­pu­ta­tion. De là à pen­ser que si Ber­na­dette Chi­rac se lan­çait dans la ba­taille avec ses tonnes de pièces jaunes, son can­di­dat se­rait élu. Faute de quoi le vainqueur se­ra le fa­vo­ri des pro­fes­sions à pour­boires, des phar­ma­ciens, des li­braires, des bou­lan­gères ha­bi­tués à re­ce­voir l’ap­point ain­si que des pa­rents n’ayant pas hé­si­té à cas­ser la ti­re­lire de leurs en­fants. Deux di­manches de suite, on ré­ta­blit donc, mine de rien, le suf­frage cen­si­taire qui, entre  et , fut ré­ser­vé aux ci­toyens ac­quit­tant l’im­pôt. Beau­coup plus tard, l’hu­mo­riste Francis Blanche, frap­pé d’une lourde amende pour un lé­ger re­tard de paie­ment, se pré­sen­ta chez le per­cep­teur avec un ca­mion de cinq tonnes rem­pli de pié­cettes. Or, que se pas­se­rait-il si, non contents d’ap­por­ter leurs suf­frages à des candidats qui ne les sol­li­citent pas et qui s’en trou­ve­ront plu­tôt em­bar­ras­sés, des tru­blions ve­nus de la gauche per­tur­baient gra­ve­ment les opé­ra­tions de vote en exi­geant cha­cun le re­comp­tage de leurs deux cents pièces d’un cen­time?

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