Fillon fait un car­ton dans les Alpes-Ma­ri­times aus­si

Dans un dé­par­te­ment ré­pu­té être un bas­tion sar­ko­zyste, l’an­cien Pre­mier mi­nistre a en­gran­gé plus de 40% des suf­frages. Alain Jup­pé est très loin der­rière et les autres can­di­dats émiet­tés

Monaco-Matin - - Primaire De La Droite Et Du Centre - THIER­RY PRUDHON tprud­hon@ni­ce­ma­tin.fr

Dans les Alpes-Ma­ri­times, le sus­pense était, croyait-on, in­exis­tant. Ni­co­las Sar­ko­zy sem­blait pro­mis à faire le­plein de voix dans ce­dé­par­te­ment qui ne lui avait ja­mais fait dé­faut au­pa­ra­vant, que ce soit lors de la pré­si­den­tielle de 2007 ou, à un­de­gréà­pei­ne­moindre, lors de celle de 2012. Ce­la n’a pas été le cas cette fois. Signe de la dé­fer­lante Fillon dans toute la France, le dé­pu­té de Pa­ris s’est éga­le­ment im­po­sé dans notre dé­par­te­ment, et de ma­nière as­sez nette. Il de­vance de six points l’an­cien chef de l’Etat et laisse très loin der­rière, àplusde vingt points, Alain Jup­pé. Tous les autres can­di­dats n’ont eu droit qu’aux miettes.

Sar­ko­zy om­ni­pré­sent

Ni­co­las Sar­ko­zy n’avait­pour­tant pas fait l’im­passe sur ce dé­par­te­ment où il avait, en 1975, ef­fec­tué sa pre­mière in­ter­ven­tion­mar­quante, lors du congrès de l’UDR à Nice. Il avait à peine vingt ans. De mee­tings en dé­di­caces de Tout pour la France, il était ve­nu à plu­sieurs re­prises à Nice, Cannes ou Man­de­lieu ces der­niers mois, comme on vient prendre un bain de jou­vence. Mar­di der­nier en- core, il se trou­vait de­vant trois mille sup­por­ters au Pa­lais Ni­kaïa de Nice. Le pu­blic pa­rais­sait sous le charme. Sar­ko­zy, était-ce une im­pres­sion, sem­blait lui dé­jà un peu ailleurs, en bas­cule vers une autre vie. S’il y avait du monde, hier, dans les bu­reaux de vote azu­réens, une foule de plus de 110000 élec­teurs qui sem­blait au ju­gé plu­tôt hé­té­ro­clite, Alain Jup­pé n’en a pas ti­ré par­ti. C’est vi­si­ble­ment un élec­to­rat de droite convain­cu, qui vou­lait sim­ple­ment que ses idées soient por­tées par un autre queSar­ko­zy, qui s’est por­té­sur Fran­çois Fillon. Le sé­na­teur gras­sois Jean-Pierre Le­leux, qui fut l’un des seuls, pour ne pas dire le seul grand élu du dé­par­te­ment à sou­te­nir ou­ver­te­ment Fran­çois Fillon, a dû boi­re­du­pe­tit-lait hier­soir. L’élec­to­rat azu­réen, sous ré­serve de confir­ma­tion dimanche pro­chain, reste donc bien ce­lui d’une droite forte. Jean Leo­net­ti, chantre d’un centre hu­ma­niste, n’apas réus­si à en­fon­cer un coin dans cette su­pré­ma­tie. Ce suc­cès de Fran­çois Fillon est, plus en­core, une forme de désa­veu pour Eric Ciotti et Ch­ris­tian Es­tro­si, pi­liers de la cam­pagne de Ni­co­las Sar­ko­zy. Ch­ris­tian Es­tro­si avait écrit une longue lettre aux Ni­çois pour les in­ci­ter à vo­ter pour lui, Eric Ciotti étant l’un des deux porte-pa­role na­tio­naux du can­di­dat.

Ciotti re­joint Fillon

En 2012, les deux hommes avaient pour­tant sou­te­nu Fran­çois Fillon lors de l’élec­tion du pré­sident de l’UMP. Eric Ciotti était­mê­me­de­ve­nu l’un des très proches lieu­te­nants de Fran­çois Fillon, avant de re­ve­nir au ber­cail sar­ko­zyste lorsque l’an­cien Pré­si­dents’était lan­cé dans la course à la pri­maire. Dans ce pe­tit théâtre po­li­tique, l’at­ti­tude de Fran­çois Fillo­nen­vers Eric Ciotti se­ra scru­tée dans les se­maines à ve­nir. Il en va, en par­tie, de l’ave­nir na­tio­nal de ce­lui qui sem­blait pro­mis à de­ve­nir mi­nistre de l’Intérieur, si Sar­ko­zy était re­ve­nu à l’Ely­sée. Dès hier soir, comme Ni­co­las Sar­ko­zy, Eric Ciotti a re­joint Fran­çois Fillon, voyant en lui « une in­car­na­tion de l’es­pé­rance et de l’au­to­ri­té pour la France ».

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