Grosse af­fluence dans le dé­par­te­ment

Plus de 110 000 Azu­réens ont par­ti­ci­pé à un scru­tin sous haute sur­veillance après les contes­ta­tions de 2012

Monaco-Matin - - Primaire De La Droite Et Du Centre - ERIC GALLIANO egal­lia­no@ni­ce­ma­tin.fr LIO­NEL PAOLI lpao­li@ni­ce­ma­tin.fr

ui a la6, qui a la6ecir­cons­crip­tion ? La per­ma­nence can­noise de Da­vid Lis­nard bouillonne. « C’est le coup de feu » , sou­rit ce­lui dont le por­trait s’af­fiche sur la porte d’en­trée. Il est un peu plus de 20 heures et le maire de Cannes va de table en table où une ving­taine de pe­tites mains cris­pées­sur leur té­lé­phone en­re­gistrent scru­pu­leu­se­ment les ré­sul­tats qui com­mencent à tom­ber dans les 216bu­reaux azu­réens de cette pri­maire de la droite. Pour le bon dé­rou­le­ment d’un scru­tin qui ne pou­vait comp­ter sur la lo­gis­tique de la pré­fec­ture et des mai­ries, 1834 bé­né­voles se sont mo­bi­li­sés dans les Alpes-Ma­ri­times. Da­vid Lis­nard est leur chef d’or­chestre. L’édile can­noi­saé­té dé­si­gné par la com­mis­sion d’or­ga­ni­sa­tion de la pri­maire pour su­per­vi­ser le vo­te­dans le dé­par­te­ment. Il est clos de­puis plus d’une heure main­te­nant et Da­vid Lis­nard­com­mence à se dé­tendre. « Je suis au re­gret de vous dire qu’il n’y a pas eu de triche » , plai­sante même l’élu qui, toute la journée, a sillon­né le dé­par­te­ment pour s’en as­su­rer, de sa ville de Cannes, à Man­de­lieu en pas­sant par La-Colle-sur-Loup et Nice. Ver­dict ?

« Il n’y a pas eu de fraude »

« Bien sûr il y a eu quelques couacs, avec des gens qui ne fi­gu­raient pas sur les listes et n’ont donc pas pu vo­ter, mais comme ilye­na­sur toute élec­tion », re­la­ti­vise le maire de Cannes qui ne veut­pas pour au­tant les « mi­ni­mi­ser » : « Il est im­por­tant que nous ana­ly­sions chaque pro­blème pour y re­mé­dier avant le se­cond tour. Mais l’im­por­tant c’est qu’au­cun d’eux n’est de na­ture à re­mettre en cause la sin­cé­ri­té du vote. Il n’y a pas eu la moindre fraude » , souffle Da­vid Lis­nard. Sou­la­gé. Il le sait bien, les contes­ta­tions de l’élec­tion à la pré­si­dence de l’UMP en 2012 ont nour­ri un pro­fond trau­ma­tisme au sein de la fa­mille de droite. Sur­tout dans les Alpes-Ma­ri­times. Au point d’ali­men­ter, qua­treans plus tard, bien des sus­pi­cions.

Le stock du se­cond tour dé­jà en­tam­mé

Pour les ba­layer Les Ré­pu­bli­cains avaient pris­desme- sur­es : le vote par pro­cu­ra­tion était cette fois in­ter­dit et les pré­si­dents de chaque bu­reau avaient re­çu par SMS des codes se­crets pour ren­trer les ré­sul­tats­di­rec­te­ment sur un lo­gi­ciel en ligne. Le par­ti et se­sé­mis­saires dé­par­te­men­taux avaient ten­té de pa­rerà­tout. Ils­se­sont­néan­moins lais­sé sur­pren­dre­par l’af­fluence re­cord de cette pre­mière pri­maire ou­verte de la droite. Plus de 110000 élec­teurs azu­réens s’y sont pres­sés. Cer­tains ont dû pa­tien­ter du­rant plus d’une heure et de­mie pour glis­ser leur bulletin dans l’urne. Au point qu’il a fal­lu pio­cher al­lè­gre­ment dans le stock d’en­ve­loppes ini­tia­le­ment pré­vu pour le se­cond tour. Le vé­ri­table hé­ros du jour, dans la ci­té des Remparts, c’est lui: An­toine Mi­chon, 19 ans, étu­diant à Science Po et ré­fé­rent du­co­mi­té Jeunes avec Jup­pé. Seul dans la per­ma­nence an­ti­boise, il a pas­sé la journée à ré­pondre aux ap­pels – « près de trois cents » , pré­cise-t-il– des res­pon­sables des bu­reaux de vote, char­gés d’orien­ter les élec­teurs éga­rés. « On a fait énor­mé­ment de té­lé­gui­dage, ex­plique le jeune homme. Mais il n’y a eu au­cun in­ci­dent. Tout s’est bien pas­sé. » Vers 21 heures, les pre­miers mi­li­tants re­gagnent le lo­cal des Ré­pu­bli­cains. Leurs sourires sont fi­gés. « La can­di­da­ture de Ma­cron a pris énor­mé­ment de voix à Jup­pé, dé­plore Serge Pap­pa­lar­do, tout juste dé­bar­qué de Golfe-Juan. Per­sonne n’ima­gi­nait que Fillon fe­rait un tel score. Et Sar­ko­zy… Quelle gifle! Plus per­sonne ne veut de lui, c’est clair. » Par vagues suc­ces­sives, la per­ma­nence, en­core dé­co­rée de pos­ters « UMP », se rem­plit de sil­houettes trem­pées por­teuses de la même nou­velle: Fran­çois Fillon est en tête par­tout. « Au vu des ré­sul­tats, je pense qu’on ne de­vrait pas faire de se­cond tour, sou­pire Eric Pau­get, pre­mier ad­joint et conseiller dé­par­te­men­tal. Les élec­teurs de la droite et du centre ont clai­re­ment choi­si leur can­di­dat pour la pré­si­den­tielle. » Jean Leo­net­ti, qui ar­rive à 22h15, n’est pas d’ac­cord: « Les seuls com­bats per­dus sont ceux qu’on ne­mène pas. Si Alain Jup­pé le sou­haite, nous de­vons conti­nuer à faire cam­pagne pour lui. » Le dé­pu­té-maire sou­rit: « On pour­rait se conso­ler en di­sant que c’est dans notre cir­cons­crip­tion [la sep­tième, ndlr] qu’Alain Jup­pé a réa­li­sé son meilleur score dans les Alpes-Ma­ri­times. Mais comme di­sait Des­proges, les lots de conso­la­tion ne consolent per­sonne. Je reste convain­cu que ce n’est pas avec une ré­forme bru­tale et li­bé­rale qu’on ar­ri­ve­ra à faire chan­ger les choses. Pour au­tant, Fran­çois Fillon est un homme que j’es­time: s’il ar­rive en tête dimanche pro­chain, ce ne se­ra pas un drame. »

(Pho­tos F. Cha­va­roche)

La per­ma­nence de Da­vid Lis­nard trans­for­mée en centre de su­per­vi­sion du scru­tin.

Dé­pouille­ment au bu­reau de l’hô­tel de Ville de Cannes.

(Pho­to De­nis Fuentes)

Jean Leo­net­ti, prin­ci­pal sou­tiend’Alain Jup­pé, ap­pelle à « pour­suivre la cam­pagne ».

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