Dick : « Une part d’in­jus­tice... »

Le skip­per ni­çois de St Mi­chel-Vir­bac s’est confié par té­lé­phone, au mi­lieu de l’At­lan­tique

Monaco-Matin - - Sports - RE­CUEILLI PAR CH­RIS­TO­PHER ROUX

Un homme en pleine ré­flexion au mi­lieu de l’At­lan­tique. Voi­là ce que tra­his­sait la voix de Jean-Pierre Dick hier. Le Ni­çois, joint par té­lé­phone, est neu­vième du Ven­dée Globe à 868 milles du lea­der Alex Thom­son après­quinze jours de course, une mau­vaise mé­téo, une pe­tite ava­rie et des choix pas tou­jours ju­di­cieux. Le skip­per azu­réen cherche donc la bonne stra­té­gie pour re­faire son re­tard dans les joursà­ve­nir. A l’ap­proche du cap de Bonne Es­pé­rance et de la Porte des glaces, « JP» est re­ve­nu sur son dé­but d’aven­ture.

Neu­vième, ce n’est pas la place que vous es­pé­riez… Je suis un peu dé­çu, oui. Je pars en fan­fare le pre­mier jour et je me classe même ra­pi­de­ment pre­mier avant de res­ter dans le pa­quet. Et puisà Ma­dère, je me suis fait col­ler par les nuages. J’ai mal gé­ré le sens de l’an­ti­cy­clone et j’ai per­du de pré­cieux milles sur la concur­rence. En­suite, j’ai eu un pro­blème tech­nique avant les îles du Cap Vert. Tout ça m’a re­tar­dé.

Un re­tard­dû, aus­si, aux vi­tesses af­fi­chées par le pe­lo­ton de tête… Oui, c’est ce qu’on ap­pelle l’ef­fet de pas­sage à ni­veau. C’est-à-dire que plus vous êtes de­vant, plus ça va vite. Les huit pre­miers ont pas­sé le Po­teau Noir comme une lettre à la poste. Moi, frei­né, j’ai dû y res­ter une journée de plus qu’eux. Les lea­ders ont une dé­pres­sion d’At­lan­tique Sud avec eux. Elle les amène jus­qu’à la Porte des glaces. Je vais de­voir pa­tien­ter dans un temps calme de mon cô­té et c’est frus­trant. Parce que pour un faible dé­ca­lage au dé­part, il va y avoir bien­tôt plu­sieurs cen­taines voire des mil­liers de milles d’écart avec eux. Il y a une part d’in­jus­tice, même si j’ai sans dou­te­mal fait avan­cer mon ba­teau aus­si et que je le paie très cher.

Vous avez connuun pro­blème tech­ni­quea­vec le coin­ceurde la­voile avant. Pro­blé­ma­tique ? Je ne sais pas. Il faut que je mette un patch car­bone pour le ren­for­cer un peu. On ne sait ja­mais. Pour le mo­ment ça se passe bien, je l’ai éco­no­mi­sé en for­çant un peu moins des­sus.

La mal­chance va-t-elle fi­nir par vous lâ­cher ? Oui, mais il va fal­loir une conjonc­ture fa­vo­rable. Pour l’ins­tant, tout est dé­fa­vo­rable. J’au­rais pu re­ve­nir dans l’At­lan­tique Sud, comme Des­joyeaux avait réus­si à le faire en , si les lea­ders avaient été dans le calme et moi dans du vent. A l’ar­ri­vée, ça a été le contraire. En­fin, il faut avan­cer. Etre seul sur le ba­teau c’est dé­jà hy­per dur, cette course de­mande une di­men­sion psy­cho­lo­gique folle, alors si vous n’êtes pas po­si­tif... La vic­toire, vous y croyez ? Je vais tout faire pour re­ve­nir. Comme on dit, je vais mettre le char­bon. On va voir com­ment la course se dé­roule. En gé­né­ral, dans le Sud, je suis re­la­ti­ve­ment à l’aise et j’es­père que je pour­rai m’ex­pri­mer plei­ne­ment. C’est l’espoir que j’ai. Terminer comme ça, ce ne se­rait vrai­ment pas une belle course pour moi. Mais avant de pen­ser à Alex (Thom­son, le lea­der), il y a pas mal de concur­rents avant lui. Je me dis que tout le monde au­ra son lot de problèmes.

Souf­frez-vous du manque de som­meil ? Oui, ça a été dif­fi­cile mais j’ai pu ré­cu­pé­rer et dor­mir cor­rec­te­ment de­puis. Même s’il y a une fa­tigue la­tente puisque le ba­teau est bruyant. Quand je rac­croche, je vais faire une belle sieste parce qu’il va fal­loir que je prenne des dé­ci­sions im­por­tantes.

Au su­jet de ces « dé­ci­sions im­por­tantes » , jus­te­ment, avez-vous fait votre choix entre suivre le front (1) ou le contour­ner ? Je ne suis pas en­core com­plè­te­ment dé­ci­dé. Ce se­rait mal­hon­nête de vous dire ça au­jourd’hui (lire hier, ndlr). Il faut que j’étu­die en­core les cartes mé­téo.

(Pho­to A.Pil­pré/StMi­chel-Vir­bac)

Jean-Pierre Dick étu­die les cartes...

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