Les­bons conseils de Sar­do Ma­té­riaux Sa­ga

L’en­tre­prise de ma­té­riaux de construc­tion et de bri­co­lage est née à Cagnes il y a 60 ans Pour faire face à la concur­rence des grandes sur­faces de bri­co­lage, elle mise sur le conseil

Monaco-Matin - - L’économie - KA­RINE WEN­GER kwen­ger@ni­ce­ma­tin.fr

Com­ment, lorsque l’on est une en­tre­prise fa­mi­liale, faire face à la concur­rence des grandes sur­faces de bri­co­lage? « Par la qua­li­té de nos conseils et de nos ser­vices », ré­pond sans hé­si­ter Louis Sar­do, gé­rant de Sar­do Ma­té­riaux à Cagnes-sur-Mer. Une re­cette qui a fait ses preuves puisque la so­cié­té fon­dée par ses pa­rents cé­lè­bre­cette an­néeses 60 ans et que la re­lève est prête avec la 3e gé­né­ra­tion des Sar­do. « Mon père, An­toine, qui était dans le trans­port, a ra­che­té dans les an­nées 50 une li­cence de né­go­ciant de ma­té­riaux et a construit avec ma mère l’en­tre­pôt où nous nous trou­vons au­jourd’hui. Ils n’étaient que deux à leurs débuts; ma­mère l’ai­dait àchar­ger les sacs sur les ca­mions ! Ils four­nis­saient les ar­ti­sans, no­tam­ment ca­gnois car à l’époque, ça n’exis­tait pas les bri­co­leurs » , sou­rit Louis Sar­do qui, son service mi­li­taire ter­mi­né, re­joint l’en­tre­prise en 1976.

Libre- service

Quand, en 1978, sonne l’heure de la re­traite pour ses­pa­rents, Louis, sa soeur aî­née et son beau-frère re­prennent la suite et donnent une nou­velle im­pul­sion à l’en­tre­prise. « L’an­née sui­vante, nous ou­vrions un dé­pôt à LaGaude. » Uneé­poque faste « avec une crois­sance an­nuelle de 30 % » . Le­dé­but des an­nées 80 voit l’ar­ri­vée de l’informatique et l’ou­ver­ture d’un rayon libre-service de bri­co­lage « pour ré­pondre à la de­mande des par­ti­cu­liers ». Une dé­ci­sion avi­sée puisque ce rayon re­pré­sente dé­sor­mais 50% de leur chiffre d’af­faires et « nous per­met d’avoir de la tré­so­re­rie ». Les deux autres soeurs de Louis viennent re­joindre l’équipe et l’en­tre­prise pro­gresse jus­qu’en1990: « La 1re guerre du Golfe a por­té un coup d’ar­rêt à notre crois­sance. »

Concur­rence des grandes sur­faces de bri­co­lage

Les Sar­do font le dos rond en at­ten­dant des jours meilleurs. À peine l’obs­tacle sur­mon­té, un autre sur­git: les grandes sur­faces de bri­co­lage dé­barquent dans la ré­gion. Un coup dur mais les Sar­do peuvent s’ap­puyer sur leur ré­pu­ta­tion de sé­rieux et un noyau de clients fi­dèles pour re­bon­dir: « Les grandes sur­faces de bri­co­lage sont peut-être im­bat­tables sur les pro­duits d’en­trée de gamme mais pas tant sur le reste. Nous avons­moins de choix qu’elles mais mi­sons sur le service, le conseil, la proxi­mi­té et la clien­tèle de par­ti­cu­liers. » Cette stra­té­gie s’avère ga­gnante puis­que­dans les an­nées 2000, Sar­do Ma­té­riaux af­fiche un chiffre d’af­faires moyen de 4 M€, compte 18 sa­la­rié­se­tune flot­tillede sept ca­mions. Mai­sentre la­crise qui ébranle le bâ­ti­ment en 2011 – « Dans notre sec­teur, les chan­tiers durent plu­sieurs an­nées, la crise de 2008 est ar­ri­vée avec trois ans de dé­ca­lage » – et la pré­sence des hard­dis­coun­ters du bri­co­lage, la si­tua­tion se com­plique vrai­ment, sou­pire le gé­rant. « Notre chif­fred’af­faires est tom­bé en des­sous de 3 M€ et avec mon frère et mes soeurs, on s’est po­sé la ques­tion de vendre. S’il n’y avait pas eu nos en­fants – mon ne­veu Cé­dric et ma fille Bar­ba­ra –, on l’au­rait fait. À cause ou grâce à eux, on a conti­nué et re­bon­di une fois en­core. Nous avons gar­dé le per­son­nel mais res­ser­ré les bou­lons de par­tout. Nous avons ré­duit notre flotte de vé­hi­cules pour n’en conser­ver que deux. Dé­sor­mais, nous fai­sons ap­pe­làdes trans­por­teur ou tra­vaillons en­di­rect d’usine. Comme nous nous ap­pro­vi­sion­nons prin­ci­pa­le­ment en France et en Eu­rope, c’est as­sez fa­cile. » Et de­main? « En­dé­pit de tout, l’ave­nir n’est pas si mau­vais si nous con-

ser­vons notre taille ac­tuelle, res­tons sur la proxi­mi­té et le service. Nous avons une crois­sance de 5 %, ce n’est pas mal vu les temps qui courent. De toute fa­çon, c’est cy­clique: tous les dix ans, nous tra­ver­sons une crise, phi­lo­sophe Louis Sar­do. Je compte sur les jeunes, In­ter­net et Fa­ce­book­pour re­dy­na­mi­ser l’af­faire et re­bon­dir une fois en­core. Il faut leur lais­ser du temps. » En at­ten­dant, l’heure est à la cé­lé­bra­tion des 60 ans. www.sar­do­ma­te­riaux.fr

Mi­reille et An­toine Sar­do. le couple, quelques an­nées plus tard, avec une cliente de­vant leur en­tre­pôt de la place Sainte-Luce à Cagnes. Louis, au sor­tir de son service mi­li­taire, re­joint l’en­tre­prise fa­mi­liale. Bar­ba­ra, la fille de Louis, conseille un client. Cette der­nière s’ap­prête à prendre la suite de son père.

(Pho­tos F. Cha­va­roche)

Deux gé­né­ra­tions réunies au­tour de Mi­reille Sar­do qui, avec son ma­ri, a créé l’en­tre­prise fa­mi­liale en .

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