En­quête ou­verte pour tra­fic de titres de ré­si­dence

Trois fonc­tion­naires ou an­ciens fonc­tion­naires de po­lice au­raient, contre une « contribution » per­mis à une dou­zaine de Belges d’ob­te­nir ou de conser­ver le sta­tut de ré­sident mo­né­gasque

Monaco-Matin - - La Une - NI­CO­LAS HASSONFAURÉ nhas­son@ ni­ce­ma­tin. fr

Ils sont une tren­taine. Des fonc­tion­naires de la Sûreté pu­blique mènent des in­ves­ti­ga­tions sur un épais dossier de cor­rup­tion. L’affaire au­rait des ra­mi­fi­ca­tions à Mo­na­co, en Bel­gique, en France. Et trois hommes de la Sûreté, dont deux à la re­traite, pour­raient être im­pli­qués. Un an­cien fonc­tion­naire de po­lice au­jourd’hui re­trai­té au­rait mis sur pied un dis­po­si­tif per­met­tant à des res­sor­tis­sants belges d’ob­te­nir ou de conser­ver le sta­tut de ré­sident mo­né­gasque sans de­meu­rer en Prin­ci­pau­té. Une dou­zaine de Belges se­raient concer­nés. Ils au­raient ver­sé une « contribution » en échange des titres de ré­si­dence. Of­fi­ciel­le­ment lo­ca­taires à Mo­na­co, les Belges au­raient sous- loué leurs lo­ge­ments avec l’aide d’une agence im­mo­bi­lière, afin de faire croire que les ap­par­te­ments étaient oc­cu­pés.

« Prévention de ru­meurs »

À Mo­na­co, un juge d’ins­truc­tion est sai­si le 28 oc­tobre. L’information est ou­verte contre X, des chefs de tra­fic d’in­fluence, cor­rup­tion, faux et usage de faux, abus de confiance et blan­chi­ment. Des faits d’au­tant plus graves que des fonc­tion­naires de po­lice se­raient mis en cause, sou­ligne Jacques Do­ré­mieux, le pro­cu­reur gé­né­ral. Une pre­mière à Mo­na­co. Jacques Do­ré­mieux et Ri­chard Ma­ran­go­ni, le di­rec­teur de la Sûreté pu­blique, ont or­ga­ni­sé une confé­rence de presse, hier soir, « dans le cadre de la prévention de ru­meurs qui peut- être cir­culent en­core plus vite à Mo­na­co que dans d’autres États » , ex­plique Jacques Do­ré­mieux. Une confé­rence de presse sans ques­tions, les in- ves­ti­ga­tions étant en cours. Le dossier dé­marre en sep­tembre. Un ma­gis­trat lance des écoutes té­lé­pho­niques, dans le cadre d’une autre affaire. Cer­taines de ces écoutes ré­vèlent de pos­sibles faits de cor­rup­tion ou de tra­fic d’in­fluence. Le 3 oc­tobre, le pro­cu­reur gé­né­ral de­mande à la Sûreté de me­ner des in­ves­ti­ga- tions. Les pre­miers élé­ments du dossier per­mettent d’éta­blir l’exis­tence « de pos­sibles in­frac­tions » de cor­rup­tion et de tra­fic d’in­fluence à Mo­na­co et en Bel­gique. Le 21 oc­tobre, Jacques Do­ré­mieux se rend à Bruxelles. Il dé­nonce ces faits à la justice belge. Une en­quête est ou­verte, des in­ves­ti­ga­tions lan­cées. Huit per­qui­si­tions sont réa­li­sées hier, dont une dans un ca­bi­net d’avo­cats. Et neuf per­sonnes étaient re­te­nues dans les condi­tions de la garde à vue, hier soir. Hier tou­jours, les fonc­tion­naires mo­né­gasques en­chaînent per­qui­si­tions et gardes à vue, en col­la­bo­ra­tion avec les ser­vices fran­çais, en France. Même si le dossier dé­marre à peine, il au­ra, vrai­sem­bla­ble­ment, beau­coup d’échos. « C’est une affaire qui au­ra aus­si des ré­per­cus­sions en in­terne, avance Ri­chard Ma­ran­go­ni. Puis­qu’elle en­traî­ne­ra sans au­cun doute en­suite une ré­or­ga­ni­sa­tion des ser­vices concer­nés pour que de telles pra­tiques ne puissent plus se re­pro­duire » .

(Photo Jean-Fran­çois Ot­to­nel­lo)

Ri­chard Ma­ran­go­ni, le di­rec­teur de la Sûreté pu­blique, et Jacques Do­ré­mieux, le pro­cu­reur gé­né­ral, hier soir lors d’une confé­rence de presse.

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