Ni­ceA­cro­po­lis: un­pas­sant at­ta­qué par un chien

C’est en vou­lant don­ner une pièce à un SDF que Fré­dé­ric s’est fait mordre par son ber­ger belge. Ré­sul­tat: un jean dé­chi­ré, une belle es­ta­fi­lade sur la cuisse et le bras dans le plâtre…

Monaco-Matin - - Côte D’azur - VÉ­RO­NIQUE MARS vmars@ ni­ce­ma­tin. fr

Fré­dé­ric, Ni­çois de 52 ans, fait par­tie de ces per­sonnes gé­né­reuses. Celles qui s’émeuvent des condi­tions de vie dif­fi­ciles de SDF ren­con­trés au coin des rues et ouvrent leur porte- mon­naie pour amé­lio­rer leur quo­ti­dien. Cette fois, la gé­né­ro­si­té de Fré­dé­ric s’est sol­dée par un jean dé­chi­ré, une belle es­ta­fi­lade sur la cuisse et le bras gauche dans le plâtre ! Cette mésa­ven­ture s’est jouée près du pa­lais Acro­po­lis à Nice où, en se pro­me­nant, cet in­for­ma­ti­cien à l’aé­ro­port aper­çoit dans le ren­fon­ce­ment d’un im­meuble du bou­le­vard Ris­so, un SDF. « Il était as­sis par terre, au mi­lieu de ses af­faires, le re­gard per­du, alors que tom­bait une pluie fine. C’était si triste… »

Il tombe pour échap­per aux crocs

Fré­dé­ric s’ap­proche, la main ten­due, pour lui don­ner une pièce de 2 eu­ros. « C’est alors qu’a sur­gi brus­que­ment son chien, une sorte de ber­ger belge que je n’avais pas vu, ra­conte-t-il en­core sous le choc. Il s’est je­té sur moi, la gueule ou­verte et m’a hap­pé la cuisse. Heu­reu­se­ment que je por­tais un jean épais. J’ai « J’ai eu la chance de por­ter un jean épais » , conclut Fré­dé­ric qui a pris en photo son pan­ta­lon en lam­beaux et l’es­ta­fi­lade lais­sée par les crocs du chien.

vrai­ment cru que ma der­nière heure était ar ri­vée. » Dans un mou­ve­ment de dé­fense, Fré­dé­ric re­cule pour échap­per aux crocs, heurte la bor­dure d’une grosse jar­di­nière et tombe

au sol, tan­dis que le chien re­tourne vers son maître. Aler­tée par des té­moins, la po­lice mu­ni­ci­pale in­ter­vient, ap­pelle les sa­peurs­pom­piers qui prennent en charge Fré­dé­ric pour le conduire aux ur­gences de

l’hô­pi­tal Pas­teur. « Dans ma chute, je me suis frac­tu­ré le ra­dius, avec le bras gauche plâ­tré du bi­ceps au poi­gnet, pen­dant un mois. Une chance : je suis droi­tier ! Au ni­veau de la mor­sure, je m’en sors avec un jean dé­chi­ré, une bles­sure su­per­fi­cielle sur la cuisse, et un vac­cin contre le té­ta­nos. »

« Pas te­nu par son maître »

Fré­dé­ric, qui a dé­po­sé une main cou­rante au­près de la po­lice na­tio­nale, s’in­ter­roge en­core sur cette agres­sion ca­nine. « Est- ce mon bras ten­du pour dé­po­ser une pièce qui a pous­sé ce chien à at­ta­quer? L’a- t- il pris comme un geste me­na­çant à l’égard de son maître? Étant un homme, plu­tôt so­lide, j’ai en­cais­sé l’as­saut. Mais que se se­rait-il pas­sé si ça avait été un en­fant ? » Et de pré­ci­ser que si ce ber­ger belge por­tait un col­lier et une laisse, « il n’était pas te­nu par son maître qui n’a rien fait pour le re­te­nir. » Quant au chien, il a été conduit à Che­nil ser­vice, four­rière dé­par­te­men­tale si­tuée au mont Chauve, pour être pla­cé en ob­ser­va­tion comme le veut la pro­cé­dure (lire ci-contre). Fré­dé­ric se re­met de ses émo­tions sans re­non­cer, pour au­tant, à tendre la main aux SDF : « En tout cas à ceux qui n’ont pas de chien ! »

(D.R.)

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