Sa­lut Pas­cal ‘‘Al­bu’’ !

Monaco-Matin - - Sports - AN­THO­NY B.

Sur un court de tennis, Pas­cal Al­buixech était un chat qui jaillis­sait et bon­dis­sait à la vo­lée. En de­hors, il était ce­lui que tout le monde rê­vait d’avoir comme ami : gé­né­reux, drôle, fi­dèle, ras­sem­bleur, tour­né vers les autres, très « fa­mille », convi­vial, ou­vert, sen­sible, at­ta­chant, jo­vial. « Al­bu », comme on le sur­nom­mait, était un grand frère, un père spi­ri­tuel, un guide, un confi­dent, avec un coeur énorme. Par­fois, Pas­cal était in­fer­nal, in­te­nable, ner­veux, in­sai­sis­sable. C’était un per­son­nage in­con­tour­nable de la vie spor­tive et as­so­cia­tive azu­réenne, ca­pable de tu­toyer des maires et des mi­nistres, qui ne lais­sait per­sonne in­dif­fé­rent et qui ap­pe­lait tout le monde par son nom de fa­mille. Il comp­tait beau­coup et pre­nait une place folle. Sa dis­pa­ri­tion lais­se­ra un vide im­mense. Di­manche, il est dé­cé­dé bru­ta­le­ment à l’âge de 56 ans, chez lui, à Fré­jus. Il était bien trop jeune pour partir. Il avait en­core tel­le­ment de choses à nous ra­con­ter. Es­poir fran­çais dans les an­nées 70, il a gran­di aux cô­tés des plus grands, dont Yan­nick Noah, son co­pain d’en­fance, au tennis-études du Parc Im­pé­rial, à Nice, où il se ren­dait ré­gu­liè­re­ment et où tout le monde avait plai­sir à le re­voir, et pas seule­ment son frère, Pierre, ma­na­ger gé­né­ral du Nice LTC, lui aus­si grande fi­gu­rede la­balle jaune. De ces an­nées ni­çoises, Pas­cal, tou­jours abon­né à l’OGC Nice, avait conser­vé une im­mense ex­pé­rience qu’il a en­suite trans­mise à plu­sieurs gé­né­ra­tions de joueurs et joueuses à l’AMSL Fré­jus, au Tennis-club Gal­lie­ni, sa deuxième mai­son. Ce club, Pas­cal l’a fait gran­dir, par­ti­ci­pant de fac­to au rayon­ne­ment de la ville de Fré­jus. Au point d’or­ga­ni­ser, en juillet 1987et 1993, deux ren­contres de Coupe Da­vis aux Arènes. Ces mêmes Arènes dont il as­su­re­ra quelques an­nées plus tard la pro­gram­ma­tion des fes­ti­vi­tés, lors­qu’il ren­tre­ra en po­li­tique par ami­tié pour Elie Brun, l’an­cien maire de Fré­jus. Cette proxi­mi­té avec les élus lui a va­lu des ini­mi­tiés. MaisPas­cal, très mar­qué par des at­taques in­ces­santes, des ja- lou­sies, avait des convic­tions : l’hu­ma­nisme et la to­lé­rance. Ce­la dé­pas­sait lar­ge­ment le cadre des éti­quettes po­li­tiques. Pour lui, un joueur de tennis, sym­pa ou non, tri­cheur ou fair­play, était de la « fa­mille ». Idem­pour quel­qu’un de droite, de gauche ou du centre. Il ré­pé­tait sans cesse « J’ai pas rai­son, hein ? », comme pour se­dé­fendre des at­taques qu’il su­bis­sait et qui ont fi­ni d’épui­ser un­homme à la san­té fra­gile, au mo­ral fluc­tuant. Un homme qui dé­tes­tait une chose : la so­li­tude. A San­drine, sa com­pagne, à Pierre, son frère, à Jus­tine, sa fille, àMy­riam, la ma­man de sa fille, à Thomas, son beau-fils, à Yann, son ex-beau-frère, à Cé­ci­lia, à sa nièce, à So­phie, sa bel­le­soeur, à ses proches et à ses nom­breux amis, Nice-ma­tin adresse ses plus sin­cères condo­léances. Les ob­sèques de Pas­cal Al­buixech se­ront cé­lé­brées ven­dre­di 25 no­vembre 2016 à 10h, ca­thé­drale de Fré­jus (le corps se­ra en­suite trans­por­té à 15h30 au Cré­ma­to­rium de Nice).

Pas­cal Al­buixech ( jeune et fri­sé) et son frère Pierre : deux per­son­na­li­tés du tennis azu­réen.

(Pho­tos DR et JFO)

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