Loin des yeux près du coeur

Jean-Pierre Kief­fer est un homme qui fait beau­coup de route. Sou­vent, il avale les ki­lo­mètres entre le Haut-Rhin et le stade Louis-II. Pour sou­te­nir l’AS Mo­na­co, qu’il sup­porte de­puis 30 ans

Monaco-Matin - - L’info Du Jour - Textes : Ni­co­las HASSON-FAURE nhas­son@ni­ce­ma­tin.fr Pho­to : Jean-Fran­çois Ot­to­nel­lo

Jean-Pier­reKief­fer change sou­vent de voi­ture. La faute, en grande par­tie, à de nom­breux tra­jets entre Rix­heim, la ville du HautR­hin où il ha­bite, et Mo­na­co. Ce res­pon­sable de pro­jet in­for­ma­tique de 58 ans avale sou­vent les 700 bons ki­lo­mètres qui le sé­parent du sta­deLouis-II. Très sou­vent. Quelque 25 000 ki­lo­mètres par an, au ju­gé. Cette an­née, il est dé­jà ve­nu une di­zaine de fois, pour as­sis­ter aux matches de son équi­peà­do­mi­cile. En gé­né­ral, JeanPierre Kief­fer table sur « entre 15 et 18 matches par sai­son » . Il pré­cise tout de même que la mise en place d’un vol ea­syJet entre Mul­house et Nice lui a fa­ci­li­té la tâche, et per­mis à la voi­ture de souf­fler un peu. Mais il connaît tout de même bien la route. Hier en­core, quand on le re­trouve de­vant un stade Louis-II qui s’ap­prê­teà ac­cueillir Tot­ten­ham, il des­cend de voi­ture. Comme il le fait de­puis une tren­taine d’an­nées, et sa pre­mière ren­contre avec les Rouge et Blanc. « Ça de­vait être en 84 ou 85, rem­bo­bine-t-il de sa voix douce, sou­vent ac­com­pa­gnée de sou­rires. Je suis ve­nu voir jouer un co­pain de l’école qui jouait à l’AS Mo­na­co, Ber­nard Gen­ghi­ni. C’était au vieux stade Louis-II. Ça re­monte. Tout le cadre m’a plu. Et pas uni­que­ment l’équipe de foot­ball. Mo­na­co, c’est un lieu ma­gique. Nous, on­vient du Nord, on a un cli­mat qui est as­sez rude. On a une in­fluence ger­ma­no-suisse qui est as­sez dif­fé­rente de la men­ta­li­té du Sud» . C’est aus­si ça qui lui per­met de re­char­ger les bat­te­ries, mal­gré les ki­lo­mètres : « Quand j’ai eu une grosse se­maine au bou­lot, je viens pas­ser le week-end ici et je suis re­char­gé à bloc» . Jean-Pierre Kief­fer in­siste beau­coup, aus­si, sur l’ « am­biance convi­viale » qui va avec les­mat­chesà­do­mi­cile. « Je dis tou­jours que Mo­na­co, c’est un club de vil­lage en Ligue 1, glisse-t-il en­core. On a tous les avan­tages du pa­te­lin. Il y a la­proxi­mi­té. Au bout de deux trois sai­sons, on connaît tout le monde. Mais on a une grosse équipe qui joue la Ligue des Cham­pions » . Voi­là six ou sept ans, son autre pas­sion est ve­nue se mê­ler à celle du foot­ball : la pho­to. Il illustre des ar­ticles pu­bliés sur le site Pla­nète ASM. Et pu­blie, avec Nor­bert Si­ri, ré­dac­teur sur ce site, un li­vre­de­pho­tos sur la sai­son de l’ASMo­na­co. Les dé­pla­ce­ments lui servent aus­si à ça : faire des ren­contres. Avec le temps, des ami­tiés se sont nouées en Prin­ci­pau­té. D’autres en Al­sace, où il a été à l’ori­gine de la créa­tion d’un club de supporters de l’AS Mo­na­co. « On­par­tait à l’aven­ture, sans gros moyens, dit-il en­core avec un nou­veau sou­rire. On rem­plis­sait les voi­tures et on se fai­sait plai­sir » . Et il ne vient pas que pour le foot. Les va­cances en fa­mille se dé­roulent aus­si sou­vent au­tour de Mo­na­co. De­puis trente ans, là aus­si. « Mes en­fants ont ap­pris à na­ger au Lar­vot­to » , res­ti­tue Jean-Pierre Kief­fer. Il re­vien­dra, en­core, en fin de se­maine. Week-end char­gé en pers­pec­tive. Le sa­me­di, Mo­na­co re­çoit Mar- seille. Il en se­ra. Et le len­de­main, nou­veau match. Mais dans une dis­ci­pline dif­fé­rente. Jean-Pier­reKief­fer sou­tient une autre équipe : les vol­leyeuses du Ra­cing Club de Cannes qui jouent, ce di­manche, un der­by contreLe Can­net. Mais cette fois, il pren­dra l’avion.

Entre quinze et dix-huit matches par sai­son au Louis-II ” Je viens pas­ser le week-end ici et je suis re­char­gé àbloc ”

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