« La plus élé­men­taire des hu­ma­ni­tés »

Monaco-Matin - - Côte D’azur - E. G.

Outre quelques élus lo­caux, éco­lo­gistes et Front de gauche, l’an­cienne mi­nistre Cé­cile Du­flot avait fait le dé­pla­ce­ment. « Parce qu’en tant que par­le­men­taire et en tant que Fran­çaise » , elle ne peut pas « ac­cep­ter » qu’on s’en prenne à ceux qui par hu­ma­ni­té ne « font que le tra­vail que de­vraient faire l’État » et « l’aide à l’en­fance des Alpes-Ma­ri­times ».

Quel est, pour vous, l’en­jeu de ce pro­cès? L’en­jeu c’est que soit re­con­nu que Pierre-Alain Man­no­ni et Cé­dric Her­rou doivent être re­mer­ciés et en au­cun cas condam­nés pour ce qu’ils ont fait. Parce que c’est la plus élé­men­taire des hu­ma­ni­tés. Ils aident des gens fra­giles, des mi­neurs sou­vent, af­fa­més, fri­go­ri­fiés, per­dus. Et il faut dire à quel point il est scandaleux qu’ils se re­trouvent au tri­bu­nal.

Ils en­courent néan­moins cinq ans de pri­son. C’est la loi? Nor­ma­le­ment l’abro­ga­tion du dé­lit de so­li­da­ri­té ne de­vrait pas per­mettre à Pierre-Alain Man­no­ni et Cé­dric Her­rou de se re­trou­ver ici. Ils le font de ma­nière bé­né­vole, gé­né­reuse, sans en re­ti­rer au­cun avan­tage et nor­ma­le­ment ils sont pro­té­gés par la loi. Il est donc pour moi in­ac­cep­table qu’ils soient là au tri­bu­nal.

Pour­quoi alors? Je crois qu’on es­saye d’im­pres­sion­ner ceux qui veulent ai­der. Je crois qu’il y a une par­ti­cu­la­ri­té qui est en train de s’ins­tal­ler et qui, moi, me choque beau­coup, c’est qu’on es­saie de faire peur à ceux qui aident alors que l’État de­vrait faire son tra­vail à leur place.

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