La ri­poste

Dis­cré­di­té par le Van Gogh Mu­seum lors de la di­vul­ga­tion de  des­sins qu’il a dé­cou­verts et at­tri­buésàVan Gogh, le pré­sident de l’Hô­tel des ventes de Mon­teCar­lo, Franck Baille, se­dit « se­rein» et an­non­ceune «une grosse dé­fla­gra­tion» .

Monaco-Matin - - La Une - PRO­POS RE­CUEILLIS PAR THO­MAS MI­CHEL tmi­chel@ni­ce­ma­tin.fr

Ils n’ap­portent pas la moindre vir­gule de preuve » . « Ils sont dans un her­mé­tisme ter­ri­fiant à ne pas adop­ter une po­si­tion scien­ti­fique. » Une di­zaine de jours après avoir di­vul­gué pu­bli­que­ment sa dé­cou­verte « his­to­rique » de 65 des­sins in­édits de Van Gogh, le pré­sident de l’Hô­tel des ventes de Monte-Car­lo, Franck Baille, n’a tou­jours pas com­pris la po­si­tion des ex­perts du Van Gogh Mu­seum qui, le jour de la con­fé­rence de presse à Pa­ris, avaient dé­ro­gé à leur clause de confi­den­tia­li­té en pu­bliant un com­mu­ni­qué de presse qua­li­fiant ces oeuvres « d’imi­ta­tions » (lire nos édi­tions des 16 et 17 no­vembre). De re­tour de New York, où il pré­sen­tait un fac-si­mi­lédes des­sins in­ti­tu­lé Le Brouillard d’Arles et si­gné de l’ex­perte de re­nom­mée mon­diale de Van Gogh, Bo­go­mi­la Welsh-Ov­sha­rov, Franck Baille af­firme avoir re­çu « des sou­tiens très si­gni­fi­ca­tifs » qui pour­raient chan­ger la donne à long terme. « Nous n’avons pas l’im­pres­sion d’être dos au mur. Sur­tout avec les sou­tiens de poids qui se ma­ni­festent et qu’on consta­te­ra. Il y au­ra de toute fa­çon en­core un temps mé­dia­tique et ça va al­ler vers une grosse dé­fla­gra­tion cette his­toire-là, parce qu’il y a une évi­dence qui est contra­riée par le pro­pos du Van Gogh Mu­seum mais qui ne ré­sis­te­ra pas à l’ana­lyse de gens sé­rieux. Évi­dem­ment on a pris un Scud, mais on a des ré­serves, de l’éner­gie et des convic­tions. »

Vous vous at­ten­diez à ceque le VanGogh Mu­seum entre dans une po­lé­mique. Avez-vous ac­cu­sé le coup? Fran­che­ment non. On connais­sait dé­jà leur po­si­tion avant de com­men­cer, ça n’a pas été une sur­prise. On est tel­le­ment sur de notre fait. C’est une convic­tion ba­sée sur des élé­ments scien­ti­fiques et l’his­toire de la fa­mille. Le re­flet qui en a été fait dans cer­taines presses n’était pas conforme du tout à l’es­prit qui ré­gnait entre nous. On est tou­jours res­té se­reins et dans une dy­na­mique d’équipe.

Comment la fa­mille pro­prié­taire a-t-elle ac­cueilli ces at­taques? Ils sont pa­reils qu’au pre­mier jour. Il y a une forme de trans­cen­dance dans cette his­toire-là qui nous touche tous. Ber­nard Comment, Bo­go­mi­la Welsh, je ne dis pas qu’on est mys­tiques mais on avance en fai­sant le job, en­pa­rant les coups. Les pro­prié­taires ne sont pas du tout au trente-sixième des­sous. Ils ont confiance, on avance en­semble de­puis le dé­part et on va conti­nuer.

Comment s’est pas­sée la pré­sen­ta­tionà New York? Je peux le dire, il y a dé­jà deux per­son­na­li­tés, qui pèsent tout au­tant que les “sa­vants de Hol­lande”, qui ont don­né leur cau­tion à Bo­go­mi­la (Welsh, ex­perte au­teure du livre) et qui ont dit qu’ils al­laient se battre avec elle, dont un an­cien di­rec­teur d’un très grand mu­sée de Hol­lande. Il y a éga­le­ment un grand conser­va­teur d’un mu­sée amé­ri­cain de l’im­pres­sion­nisme très connu. Des gens ont été convain­cus, comme le réa­li­sa­teur Ju­lian Sch­na­bel, et des mai­sons comme Abrams [édi­teur aux États- Unis, le Seuil en France, ndlr] sont à un­ni­veau tel que tout le monde était dans la convic­tion to­tale, les mé­dias amé­ri­cains aus­si. Ro­nald Pi­ck­vance [spé­cia­liste de Van Gogh as­so­cié à cette dé­cou­verte, ndlr] a don­né une in­ter­vie­wau New York Times et il a dit: “Du pre­mier au , il s’agit de des­sins au­then­tiques de Van Gogh. Point fi­nal, fin de l’his­toire.” (rires)

Avez-vous re­çu le sou­tien d’ins­ti­tu­tions fran­çaises, le mu­séed’Or­say ouautres? Non, mais de toute fa­çon per­sonne ne se mouille­ra. Quand ils font des ex­pos, par exemple Or­say ex­po­se­ra des Van Gogh en , ils n’ont pas in­té­rêt à se fâ­cher avec la Fon­da­tion Van Gogh.

Ber­nard Comment, édi­teur du livre, avait sug­gé­ré la te­nue d’un Ils n’ont pas ré­pon­du à ça. Ils se mettent dans une po­si­tionde re­fus to­tal sans avoir vu les des­sins, sans avoir étu­dié les pièces, sans voir réel­le­ment com­pris d’où et comment ça ve­nait. Mais en­core une fois nous ne sommes pas au temps de la po­lé­mi­que­mais du dé­bat. Tout va s’ou­vrir pe­tit à pe­tit et le livre va faire sa vie – c’est   à   ré­as­sorts par jour en France –. Le temps va jouer pour nous puisque le monde de l’art va se faire son idée.

Per­son­nel­le­ment comp­tez-vous res­ter dans l’om­breun temps? Oui mais on va voir ce qui sort, au fur età­me­sure on se­ra peut-être obli­gé de ré­pondre. Là, Bo­go­mi­la a fait une ré­ponse sur les quatre ou cinq points sou­le­vés par le Van Gogh Mu­seum(encre, pa­pier lo­ca­li­sa­tion…). Ça a été fait par com­mu­ni­qué de presse par le Seuil et j’ai de­man­dé une lettre de la fa­mille des­ti­née au Seuil pour cette fa­meuse page man­quante du car­net (lire ci-des­sous). Si le Seuil fait une ré­édi­tion­du livre, ils l’in­té­gre­ront.

Bo­go­mi­la Welsh dit avoir pré­sen­té­dix des­sins et pho­tos hau­te­dé­fi­ni­tion au mu­sée Van Gogh qui, lui, pré­tend avoir consul­té  pho­tos pour se faire un ju­ge­ment… C’est un men­songe! Ils n’ont ja­mais eu  pho­tos puisque moi­même je n’ai eu que  des­sins pen­dant très long­temps. D’abord , puis , puis  et les  ont été réu­nis après. Ils ra­content des sor­nettes. Ils n’en ont eu que dix en mains, et en­core, ce n’est pas un vé­ri­table exa­men!

Le monde de l’art va se faire une idée ”

(Pho­tos Pa­trice La­poi­rie)

Franck Baille per­siste et signe, Van Gogh a bien réa­li­sé ces des­sins se­lon lui. dé­bat pu­blic. Qu’en est-il?

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