Des dé­lin­quants sexuels pour em­bal­ler les sex-toys

Un nou­vel ate­lier de pro­duc­tion sème l’émoi à la mai­son d’ar­rêt de Grasse: les dé­te­nus em­ballent des go­de­mi­chés pour le compte de la so­cié­té Ea­sy Love. Une ac­ti­vi­té lan­cée en dé­but de semaine

Monaco-Matin - - Côte D’azur - MA­RIANNE LE MONZE ml­monze@ni­ce­ma­tin.fr

Non, le sex- toy n’est pas une nou­velle ac­ti­vi­té de loi­sirs pro­po­sée aux dé­te­nus de la mai­son d’ar­rêt de Grasse. Mais, oui, « les go­de­mi­chés de toutes tailles » y ont fait leur en­trée par la grande porte de­puis le dé­but de la semaine et sèment l’émoi dans les cou­loirs. De­puis lun­di, des dé­te­nus ont un nou­veau tra­vail: em­bal­ler des sex- toys pour la so­cié­té Ea­sy Love. En l’oc­cur­rence des go­de­mi­chés.

« Oh my god! »

Une nou­velle ac­ti­vi­té de pro­duc­tion qui n’est pas du goût du syn­di­cat lo­cal pé­ni­ten­tiaire Force Ou­vrière de la­mai­son d’ar­rêt de Grasse. D’au­tant qu’elle est pro­po­sée en sec­teur des dé­te­nus iso­lés. Au­tre­ment dit, des dé­lin­quants sexuels, entre autres. « Oh my god! » , écrit le se­cré­taire lo­cal FO Her­vé Se­gaud, non sans hu­mour, mais un brin scan­da­li­sé et pas du tout amu­sé, dans un tract en date d’hier : « confier ce type de tra­vail à des per­sonnes dé­te­nues est as­sez sur­pre­nant, mais ce qui choque par­ti­cu­liè­re­ment les per­son­nels au­jourd’hui, c’est que les dé­te­nus qui sont af­fec- tés sur cet ate­lier sont es­sen­tiel­le­ment des pré­ve­nus ou condam­nés dans le cadre d’af­faires de moeurs. » Les contrats pas­sés avec des conces­sion­naires ex­té­rieurs n’ont rien de nou­veau. Les dé­te­nus de la mai­son d’ar­rêt peuvent par exemple tra­vailler pour les par­fu­meurs. Ces contrats sont ac­cep­tés et va­li­dés par le di­rec­teur, af­firme Her­vé Se­gaud qui se sou­vient: « Il y a quelques an­nées, l’ex-pa­tron avait d’ailleurs re­fu­sé un contrat si­mi­laire pour la même so­cié­té pour des rai­sons évi­dentes de mo­rale et d’éthique. » Il s’agis­sait alors d’em­bal­ler du gel lu­bri­fiant, pré­cise le syn­di­ca­liste.

Ob­jets de dé­plai­sir

Ob­jets de plai­sir qui sus­citent for­te­ment le… dé­plai­sir au sein des per­son­nels. « Hier, sur les cinq dé­te­nus af­fec­tés à ce tra­vail, 4 sont in­car­cé­rés pour af­faires de moeurs. Vous ima­gi­nez les vic­times de ces hommes si elles ap­prennent à quoi on les oc­cupe! » Pour le syn­di­ca­liste, qui dé­nonce un manque de res­pect et de dé­cence en­vers les vic­times, « il est de la res­pon­sa­bi­li­té de la mai­son d’ar­rêt d’être vi­gi­lante sur les dé­te­nus pla­cés dans ces ate­liers. » « Ça com­mence à faire un tol­lé » , constate avec sa­tis­fac­tion Her­vé Se­gaud qui a fait pas­ser son tract à la di­rec­tion lo­cale, ain­si qu’à la Di­rec­tion in­ter­ré­gio­nale des ser­vices pé­ni­ten­tiaires PA­CA-Corse. Il es­père que l’ate­lier se­ra ar­rê­té très vite, tout en avouant son « scep­ti­cisme quant à l’im­pact de cette ac­ti­vi­té sur des dé­te­nus au­teurs d’in­frac­tions à ca­rac­tère sexuel. » Hier soir, la di­rec­tion de l’ad­mi­nis­tra­tion pé­ni­ten­tiaire ne sou­hai­tait pas com­men­ter.

Newspapers in French

Newspapers from Monaco

© PressReader. All rights reserved.