Deux vi­sions face à face

Monaco-Matin - - Le Débat -

À quelques égards, les deux can­di­dats pro­posent des vi­sions dif­fé­rentes de la France. Ce dé­bat au­ra per­mis de cla­ri­fier cer­tains points. Re­vue de dé­tail.

L’EXER­CICE DU POU­VOIR

Fran­çois Fillon : « J’ai tra­vaillé une mé­thode, un pro­jet à me­ner avec quinze mi­nistres. »

Alain Jup­pé: « Je vou­drais d’abord être un Pré­sident qui pré­side, qui ras­semble les Fran­çais. »

Alain Jup­pé: « Au 15 août 2017, la ré­forme des re­traites au­ra été mise en place, même si le dé­ca­lage jus­qu’à 65 ans s’éche­lon­ne­ra. J’au­rai aus­si chan­gé le code du tra­vail. Et j’au­rai re­dé­fi­ni les règles du CDI. J’au­rai lan­cé un plan au­da­cieux pour l’ap­pren­tis­sage. »

Fran­çois Fillon: « Entre le 1er juillet et le 30 sep­tembre 2017, ré­for­mer le tra­vail. Per­mettre aux sa­la­riés de né­go­cier en en­tre­prise la du­rée et l’or­ga­ni­saiotn du temps de tra­vail. Nous au­rons al­lé­gé le code du tra­vail. Faire vo­ter une ré­forme des re­traites, jus­qu’à 65 ans, la créa­tion d’une al­lo­ca­tion so­ciale unique et la mise en place d’une grande fi­lière de for­ma­tion pro­fes­sion­nelle, la fu­sion de l’ap­pren­tis­sage et de l’al­ter­nance. On au­ra créé un dé­clic tech­nique et psy­cho­lo­gique. »

SO­CIÉ­TÉ

Fran­çois Fillon : « Je veux que les étran­gers s’in­tègrent, s’as­si­milent,

res­pectent l’hé­ri­tage cultu­rel qui est le nôtre.»

Alain Jup­pé : « L’iden­ti­té de la France est d’abord sa di­ver­si­té. C’est une force, à la condi­tion que ce­la n’abou­tisse pas au com­mu­nau­ta­risme. »

SÉ­CU­RI­TÉ

Fran­çois Fillon : « La ques­tion des ef­fec­tifs n’est pas la ques­tion prin­ci­pale. La po­lice a sur­tout be­soin de moyens ma­té­riels. »

Alain Jup­pé: « Il faut re­dé­ployer des ef­fec­tifs, dé­char­ger des po­li­ciers de tâches ad­mi­nis­tra­tives. »

LE TRA­VAIL

Fran­çois Fillon: « Croire que dur­cir les condi­tions de li­cen­cie­ment, c’est pro­té­ger le sa­la­rié, c’est exac­te­ment le contraire [...]. Il faut lais­ser les sa­la­riés né­go­cier le temps de tra­vail dans l’en­tre­prise. » En outre, « les fonctionnaires doivent faire un ef­fort, il y a un es­pace de né­go­cia­tion pos­sible » sur le temps de tra­vail. Alain Jup­pé: « On ins­cri­ra dans le CDI les mo­tifs pour les­quels le chef d’en­tre­prise peut se sé­pa­rer d’un sa­la­rié [...]. Il faut tra­vailler plus. Quand on tra­vaille moins, on pro­duit moins de ri­chesse, donc moins d’em­plois. Le temps de tra­vail doit être né­go­cié dans l’en­tre­prise. Dans le sys­tème de Fran­çois, il n’y a pas d’in­ci­ta­tion à tom­ber d’ac­cord [le pro­jet d’Alain Jup­pé au­to­rise, au bout de deux ans de né­go­cia­tions in­abou­ties, le chef d’en­tre­prise à se po­si­tion­ner, Ndlr]. »

DROIT DES FEMMES

Alain Jup­pé: « Je pense que l’IVG est un droit fon­da­men­tal. » Fran­çois Fillon : « Je ne tou­che­rai pas à la loi Veil. »

PO­LI­TIQUE ÉTRAN­GÈRE

Alain Jup­pé : « Je ne veux pas d’une France in­féo­dée à Wa­shing­ton ni à qui­conque [...]. Il faut sa­voir dire à la Rus­sie quelques vé­ri­tés, comme notre op­po­si­tion à l’an­nexion de la Cri­mée [...]. Sur la Sy­rie, la prio­ri­té est la lutte contre l’État is­la­mique, il faut par­ti­ci­per plei­ne­ment à la coa­li­tion, même si le re­tour de Ba­char al- As­sad au pou­voir ne ré­sou­dra rien. »

Fran­çois Fillon : « Ce qui compte, c’est que la France dé­fende ses in­té­rêts [...]. Je de­mande à m’as­seoir à une table avec la Rus­sie, pour re­tis­ser un lien qui amarre la Rus­sie à l’Eu­rope. Le vrai dan­ger pour l’Eu­rope, c’est le conti­nent asia­tique[...]. Sur la Sy­rie, je constate que la po­li­tique qui est me­née de­puis 4 ans est un échec, il faut trou­ver d’autres ma­nières d’agir et ra­me­ner les Russes dans la dis­cus­sion. »

(Pho­to MaxPPP/EPA)

Mal­gré un­mo­ment un peu plus ani­mé sur l’IVG, les deux fi­na­listes se sont glo­ba­le­ment mon­trés très cour­tois.

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