 RAL­LYE DU VAR, D’AU­JOURD’HUI À DI­MANCHE À SAINTE- MAXIME Comme on se re­trouve...

Le sport au­to, ça conserve ! En té­moigne la pré­sence des an­ciens « frères en­ne­mis », Fran­çois De­le­cour et Gilles Pa­niz­zi, au dé­part de la fi­nale va­roise du cham­pion­nat de France des ral­lyes Pa­niz­zi est sor­ti du tun­nel

Monaco-Matin - - Sports - GIL LÉON

DE eux coups de fil au­ront suf­fi pour re­mettre le feu aux poudres. « Les jeunes loups en­ga­gés en ca­té­go­rie R, je m’en tape, mon seul ob­jec­tif, c’est de fi­nir de­vant De­le­cour » , ba­lan­ced’em­blée Gilles Pa­niz­zi le re­ve­nant ( ans). « Fran­çois ne pi­lote pas une R ici parce qu’il me craint! Même si sa caisse est bour­rée de che­vaux, il va fal­loir qu’il sorte la cra­vache. Et qu’il sur­veille ses ré­tros! » La ré­ponse du ber­ger à la ber­gère? « Au siècle der­nier, notre co­ha­bi­ta­tion chez Peu­geot a par­fois fait des étin­celles » , lâche Fran­çois De­le­cour ( ans). « Rien d’ex­tra­or­di­naire entre deux équi­piers qui vi­saient haut à armes égales. En vé­ri­té, Gilles et moi, on s’est tou­jours ap­pré­cié. Je suis content de le voir re­dé­mar­rer main­te­nant à Sainte-Maxime. Sans doute n’at-il pas ou­blié ses chro­nos as­sez moyens dès qu’il pleu­vait lors de sa pré­cé­dente par­ti­ci­pa­tion au Ral­lye du Var (*). Bref, si le ciel laisse les vannes ou­vertes ce­week- Avec ses pein­tures de guerre « cer­ti­fiées conformes », on la croi­rait sor­tie d’un livre d’his­toire re­tra­çant les joutes aux som­mets des an­nées 90. « Si cette Ford Es­cort Cos­worth grou­peAn’a pas de pal­ma­rès, elle pos­sède de très bonnes pièces, par exemple des amor­tis­seurs trois voies der­nier cri » , pré­cise un Fran­çois De­le­cour ra­vi de re­faire un­bout de che­min au vo­lant d’un bo­lide de la marque à l’ovale bleu. « Après avoir ven­du l’Au­di Quat­tro avec la­quelle j’ai ga­gné pas mal de ral­lyes his­to­riques, mon ami maxi­mois Be­noît An­to­nel s’est at­te­lé à res­tau­rer cette voi­ture qui ra­vive de nom­breux sou­ve­nirs en moi. » Vain­queur de quatre courses au top ni­veau - dont le Ral­lye Monte-Car­lo 1994 - dans le ba­quet d’une Es­cort bleue et blanche, le vi­ce­cham­pion du monde 1993 vi­vant au Plan-de-la-Tour end, je ne mi­se­rai pas un ko­peck sur lui! » Muets de­puis des lustres, les ba­zoo­kas fument à nou­veau. Juste pour ri­go­ler, bien sûr. Voi­là qua­tor­zeans presque jour pour jour qu’on n’avait pas vu ‘‘Zé­bu­lon’’ et ‘‘Frei­ne­tard’’ - leurs fa­meux sur­noms sor­tis de l’ima­gi­na­tion de notre re­gret­té confrè­reMarc Ca­nonne - gra­vir un po­dium de dé­part au coude à coude. La der­nière fois, c’était outre-Manche : le Ral­lye de Grande-Bre­tagne . Pour la suite de leurs aven­tures, ren­dez-vous tout à l’heure entre La Môle, Col­lo­brières et Gri­maud, au bord des routes de l’étape ini­tiale de l’in­con­tour­nable fi­nale va­roise du cham­pion­nat de France. At­ten­tion, ça va bar­der! (*) À Sainte-Maxime, l’ul­time duel fra­tri­cide de la sai­son 1997 avait vu la Peu­geot 306 Maxi of­fi­cielle de Fran­çois De­le­cour s’im­po­ser­de­vant­cel­le­deGillesPa­niz­zi, ce­der­nier étant­cou­ron­né cham­pion de France. s’offre ain­si une cu­rede jou­vence ce week-end. « Par rap­port aux voi­tures de la gé­né­ra­tion ac­tuelle, ces R5 un brin sous mo­to­ri­sées, l’avan­tage, évi­dem­ment, c’est le mo­teur 2 litres. Même si on a une bride de 34, nous aus­si. Bon, comme le ter­rain s’an­nonce pour­ri, je de­vrais pou­voir ti­rer mon épingle du jeu, à condi­tion que la fia­bi­li­té soit au ren­dez-vous. » Atout sup­plé­men­taire : le « quin­qua » tou­jours aus­si mo­ti­vé et af­fû­té par­ta­ge­ra l’ha­bi­tacle pour la pre­mière fois avec Ka­rine Ta­bone, une co­pi­lote poids plume. « Peut-être que nous for­mons l’équi­page le plus lé­ger car elle fait 45 ki­los et moi 67! » Son tun­nel n’était pas sans fin puis­qu’il vient d’en voir le bout. « J’ai re­trou­vé la flamme, l’en­vie » , clame Gilles Pa­niz­zi, la tête d’af­fiche in­at­ten­due. « Il y a huit ans, ce fut comme une over­dose. J’al­lais d’échec en échec. Ras le bol! Voi­là pour­quoi j’ai dé­cro­ché as­sez vite et fait autre chose, jus­qu’à me dés­in­té­res­ser com­plè­te­ment du sport au­to. Mais il faut croire que le feu de la pas­sion ne s’éteint ja­mais. L’op­por­tu­ni­té de dis­pu­ter le Tour de la Réunion 2016 à bord de cette 208 R5 s’est pré­sen­tée. Je ne re­grette pas de l’avoir sai­sie car j’ai pas­sé une su­per semaine là­bas (2e à l’ar­ri­vée, in­ter­ca­lé entre deux WRC, ndlr). Autre course, Fran­çois De­le­cour et la Ford Es­cort Cos­worth groupe A : re­tour vers le fu­tur ! même plai­sir lors du Ral­lye Le­gend, en Ita­lie, où je me suis ré­ga­lé au vo­lant d’une 306 Maxi. Alors, voi­là... » Le re­voi­là au dé­part du ‘‘Var’’, près de deux dé­cen­nies après sa der­nière ap­pa­ri­tion dans le mas­sif des Maures (en 1997). L’oc­ca­sion de pro­lon­ger le che­min avec la 208 R5 de l’écu­rie hé­raul­taise Onyx Ra­cing. « Rou­ler à nou­veau en com­pa­gnie de la fa­mille En­jol­ras, Mi­chel, alias le ‘‘sor­cier’’, et Pas­cal, son digne fils, c’est une belle his­toire » , pour­suit l’Azu­réen vain­queur puis­sance 7 en cham­pion­nat du monde. « Comme au­tre­fois, ils donnent le meilleur d’eux-mêmes. Quant à la voi­ture, par rap­port à la 207 S2000, sa de­van­cière que j’avais lon­gue­ment dé­ve­lop­pée, elle s’avère plus in­té­res­sante, plus amu­sante à ex­ploi­ter grâce au couple of­fert par le tur­bo. » Au sein d’une ca­té­go­rie R5 pleine à cra­quer (21 voi­tures en­ga­gées!), l’illustre doyen se­ra sou­mis à rude concur­rence. « Tant mieux, je vais pou­voir me si­tuer face aux ré­fé­rences ac­tuelles. Plus on est de fous, plus on se marre... » Pa­role de ‘‘Tar­mac Mas­ter’’ !

(Pho­to G. L.)

Dix- neuf ans après sa der­nière chasse au chro­no dans le mas­sif des Maures, Gilles Pa­niz­zi - co­pi­lo­té par Au­drey Or­phe­lin - re­met le con­tact au­jourd’hui à bord d’une Peu­geot  R.

(Pho­to Mi­chel Truc)

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