A la­mode li­bé­rale

Monaco-Matin - - Détente Médias - Le billet de Phi­lippe Bou­vard

Il fau­dra bien qu’on nous ex­plique pour­quoi les can­di­dats à la fonc­tion de chef d’État ne jurent que par le li­bé­ra­lisme alors que, pré­ci­sé­ment, le li­bé­ra­lisme se dé­fi­nit par une in­ter­ven­tion mi­ni­male de l’État. Une doc­trine dont, une fois le prin­cipe po­sé et ad­mis, on ne de­vait plus en­tendre par­ler. On se gar­de­ra de confondre l’in­fir­mière li­bé­rale et le pré­sident li­bé­ral. Car on exige de la pre­mière  mois d’ex­pé­rience pro­fes­sion­nelle, alors que le se­cond ne connaît rien à son nou­veau mé­tier de­puis qu’on a ces­sé de ré­élire les sor­tants. Si l’on ajoute que l’in­fir­mière li­bé­rale est te­nue au se­cret pro­fes­sion­nel alors que le pré­sident peut ra­con­ter n’im­porte quoi dans un bou­quin, on com­prend que ce­lui qu’on ap­pelle au che­vet de tout un pays se­rait in­ca­pable de soi­gner une seule grand-mère. Bien que le li­bé­ral se vante d’avoir re­çu une édu­ca­tion propre à for­mer le coeur au­tant que l’es­prit, on re­cense dans les pro­fes­sions li­bé­rales les huis­siers de jus­tice, les ad­mi­nis­tra­teurs et man­da­taires ju­di­ciaires et les com­mis­saires aux comptes, dont la sen­si­bi­li­té aux mal­heurs et à l’ad­ver­si­té est bien connue. Tan­tôt ani­mé par une ai­mable to­lé­rance, tan­tôt im­pré­gné de ri­gueur ca­pi­ta­liste se­lon qu’il ac­corde ou non des dé­lais pour rem­bour­ser une dette ou pour ac­quit­ter un cré­dit, le li­bé­ra­lisme est sy­no­nyme de li­ber­té. Au

moins tant qu’on ne l’im­pose pas.

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