Ivre et bel­li­queux, il bru­ta­lise deux po­li­ciers: quatre mois avec sur­sis

Monaco-Matin - - Monaco - JEAN-MA­RIE FIORUCCI

C’est l’his­toire d’un Belge ivre et ex­ci­té, condam­né à quatre mois d’em­pri­son­ne­ment avec sur­sis par le tri­bu­nal cor­rec­tion­nel pour ré­bel­lion, ou­trages, vio­lences et voies de fait­contre deux po­li­ciers. Le 27 mai der­nier ce na­tif du Plat Pays, ré­si­dant à Men­ton, passe sa soi­rée à La Ras­casse. Au­fur et àme­su­reque les heures avancent, les coupes de cham­pagne s’ajoutent. Au dixième verre, ce­di­rec­teur de so­cié­té al­coo­li­sé met le feu aux poudres dans l’éta­blis­se­ment de la SBM. Il dé­clenche une grosse ba­garre à l’is­sue d’un com­por­te­ment in­adap­té en­vers une cliente: cet homme de vingt-neuf ans laisse tom­ber la cen­dre­de­sa­ci­ga­rette sur la poi­trine d’une jeune femme! Les agents, aler­tés, ar­rivent sur le port Her­cule pour re­met­trede l’ordre. Mais le tru­blion est d’une bru­ta­li­té ré­vol­tante. Les fonc­tion­naires ont un mal fou à le conduire à la Sû­re­té pu­blique. Dans le vé­hi­cule de po­lice l’in­di­vi­du donne des coups, me­nace. Dans les lo­caux, il re­fuse le dé­pis­tage de l’al­coo­lé­mie et se montre très vi­ru­lent: quatre po­li­ciers ar­ri­ve­ront à l’im­mo­bi­li­ser et le maî­tri­ser! « En­fin, note le pré­sident Sé­bas­tien Bian­che­ri, après plu­sieurs heures, à 8h33, on peut me­su­rer votre taux: 0,53 mg/l. À com­bien se mon­tait-il au mo­ment de votre ar­res­ta­tion? » Le pré­ve­nu n’a au­cu­ne­sou­ve­nance… « Je suis aba­sour­di par cette des­crip­tion de mon com­por­te­ment inexcusable pen­dant la garde à vue. J’avais consom­mé de l’al­cool toute la jour­née sur un­ba­teau… Je suis un bon père de fa­mille. Je ne peux rien dire d’autre… » Le ma­gis­trat sou­ligne une at­ti­tu­deé­di­fiante, « alors que vous êtes un­chef d’en­tre­prise res­pon­sable. En jan­vier, aux Sables-d’Olonne, votre com­por­te­ment était si­mi­laire… »

« Il est dé­so­lé et s’ex­cuse »

Pour les par­ties ci­viles, Me Her­vé Cam­pa­na dé­plore la perte de mé­moire: « C’est com­mode et ce­la coupe court à tout dé­bat. Mes clients ré­clament 800 eu­ros pour les coups et 500 eu­ros pour le pré­ju­dice mo­ral ». Après avoir si­tué les faits au Grand Prix de F1, le pro­cu­reur Cy­rielle Colle si­gnale: « Vous avez eu de la chance d’être pris quand d’autres avaient fait pire. Vous se­riez­dans le box. Pa­reille dé­lin­quance est in­ad­mis­sible. Heu­reu­se­ment que les di­zaines de mil­liers de per­sonnes sur le port ne se battent pas… Mon­sieur vien­dra en pri­son pen­dant ses va­cances afin de ne pas le pé­na­li­ser: de­quin­zeà­vingt jours ». La dé­fense voit rouge à l’an­nonce des ré­qui­si­tions, mais res­te­calme pourne pas en­ve­ni­mer le dé­bat… « Même si mon client ne se sou­vient de rien, rage Me Charles Lé­cuyer, il ne cherche pas à fuir ses res­pon­sa­bi­li­tés ni à s’en sor­tir mieux que d’autres. Il est dé­so­lé et s’ex­cuse. À la sor­tie de la garde à vue, il est al­lé dans un la­bo­ra­toire pour es­sayer de com­prendre s’il n’avait pas été dro­gué. Il ne s’ex­pli­que­pas comment il s’est­mis dans un tel pé­trin. Pré­fé­re­zun lourd sur­sis avec li­ber­té d’épreuve. Il s’en­ga­ge­ra… » Il sem­ble­rait que le tri­bu­nal lui ait fait confiance en pré­fé­rant une­pei­nea­vec sur­sis. Mais il de­vra payer 1050 eu­ros aux plai­gnants…

(Ph.P.C.)

L’abus de cham­pagne a fait dé­gou­piller ce « bon pè­rede fa­mille ».

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