Pau­line: « J’ai un toit, on peut par­ta­ger »

Monaco-Matin - - Côte D’azur -

Elle a  ans. La beau­té, l’en­thou­siasme de la jeu­nesse. Et dit ne pas com­prendre le monde dans le­quel elle gran­dit, ou plu­tôt si : « Les in­té­rêts fi­nan­ciers des grandes na­tions nous poussent vers des si­tua­tions dra­ma­tiques comme celle- ci. » Pau­line Dies­nis est in­té­ri­maire dans l’hô­tel­le­rie, ti­tu­laire d’un BTS. La jeune femme a dé­ci­dé de faire de sa vie un en­ga­ge­ment. Alors, avec son père, elle a ou­vert aux mi­grants, gra­tui­te­ment évi­dem­ment, les portes du gîte fa­mi­lial «Le Ber­ghon», à Ber­ghe In­fé­rieur, au- des­sus de Fon­tan. « Sommes- nous, oui ou non, un pays d’ac­cueil, ce­lui des droits de l’homme ? », s’in­surge-telle, entre co­lère et tris­tesse. Elle dit n’être d’au­cun par­ti que ce­lui de l’hu­ma­ni­té. « Chaque fois que je vois des mi­grants sur la route, ce­la me donne en­vie de pleurer, alors j’agis.» A-t- elle peur de la justice ? Pas le genre. Ce bout de femme dé­ter­mi­né ne re­doute pas d’avouer ce qu’elle fait. « Cé­dric Her­rou n’est pas seul, nous sommes ex­trê­me­ment nom­breux avec lui. Moi je fais mon de­voir, sim­ple­ment, avec ce que j’ai dans le coeur. » Alors Pau­line soigne, ha­bille, ré­chauffe, ap­porte ce qu’elle es­time être sa part d’hu­ma­ni­té et pas de déso­béis­sance. « J’ai un toit, ar­gu­mente Pau­line. Eux, ils n’ont rien, ils sont per­sé­cu­tés dans leur pays. Ce­la me rend triste. On peut par­ta­ger ! »

Pau­line Dies­nis,  ans, de Ber­ghe In­fé­rieur, hé­berge des mi­grants.

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