Qui?

Monaco-Matin - - France -

Le compte à re­bours est en­ga­gé, iné­luc­table, qui dé­si­gne­ra di­manche soir le vain­queur de la pri­maire de la droite et du centre. Les pa­ris sont ou­verts. Avec un fa­vo­ri: Fran­çois Fillon, por­té par une puis­sante dy­na­mique de pre­mier tour, don­né aus­si ga­gnant par les son­dages dans le dé­bat qui l’a op­po­sé jeu­di soiràA­lain Jup­pé. Mais la pa­role est à pré­sent aux élec­teurs qui se sont dé­pla­cés en masse la se­maine der­nière et se­ront, sans doute, en­co­re­nom­breux dans les bu­reaux de vote ce di­manche. La très forte au­dience de la confron­ta­tion té­lé­vi­suelle des deux hommes té­moigne de l’en­goue­ment des Fran­çais toutes sen­si­bi­li­tés confon­dues pour cette pri­maire, nou­veau­té dé­mo­cra­tique pour la droite. Cet in­té­rêt est, d’abord, la preuve d’une at­tente: les élec­teurs croient en­core que la politique peut ap­por­ter des ré­ponses à leurs ques­tions et à leurs dif­fi­cul­tés. Le peuple s’est em­pa­ré d’un­pou­voir de dé­si­gna­tion jus­qu’alors confis­qué par les grands par­tis. Ce pro­ces­sus est ir­ré­ver­sible. Agauche, d’ailleurs, même le Pré­sident sor­tant ne pour­ra en faire l’éco­no­mie s’il se re­pré­sente. Cet em­bal­le­ment dé­montre éga­le­ment que les Fran­çais ont com­pris que l’homme qui se­rait élu­de­main avait de grandes chances de s’ins­tal­ler à l’Ély­sée en . La route est, certes, en­core longue. Les sur­prises peuvent être nom­breuses. Reste que le can­di­dat dé­si­gné se­ra un ac­teur es­sen­tiel du scru­tin du prin­temps pro­chain. La droite a dé­jà fait un choix ma­jeur en éli­mi­nant sè­che­ment son an­cien cham­pion Ni­co­las Sar­ko­zy, sans doute parce qu’elle dou­tait de ses chances de l’em­por­ter en­mai. La droite veut l’al­ter­nance et n’en­tend cou­rir au­cun risque. Qui lui ga­ran­tit le­mieux la vic­toire? Le face-à-face té­lé­vi­sé Jup­pé-Fillon a par­fois don­né l’im­pres­sion d’un co­pié-col­lé, tant les deux hommes se sont re­trou­vés d’ac­cord sur bon nombre de su­jets. De fait, en éco­no­mie, ils par­tagent la même phi­lo­so­phie. Seule l’in­ten­si­té de leurs pro­grammes, dit- on, les dif­fé­ren­cie. C’est vrai mais, d’une cer­tai­ne­ma­nière, Alain Jup­pé s’ins­crit dans la conti­nui­té des mé­thodes pas­sées en­plai­dant pour la me­sure, tant il re­doute que le tis­su so­cial ne se dé­chire. Il pousse les feux, certes, sur la voie li­bé­rale, mais il a peur de l’in­cen­die. Bref, une mé­de­cine douce. Fran­çois Fillon, mal­gré ses airs d’en­fant sage, va beau­coup plus loin et pro­pose, dans un vrai lan­gage de vé­ri­té, un trai­te­ment de choc ja­mais pres­crit jusque-là au pays. De la chi­rur­gie lourde. L’un reste fi­dèle à la di­plo­ma­tie fran­çaise, l’autre en­tend la bous­cu­ler. L’un croit à la di­ver­si­té, l’autre à une né­ces­saire in­té­gra­tion, voire as­si­mi­la­tion. Mal­gré la cour­toi­sie de leurs échanges jeu­di, après une se­maine de rudes es­car­mouches, ils in­carnent donc des pro­jets très dif­fé­rents. De­main, pour les élec­teurs qui se ren­dront aux urnes, le choix se si­tue entre l’au­dace pru­dente de Jup­pé et la rup­ture au­da­cieuse de Fillon.

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