L’IRM fait so­nen­trée dans le bloc opé­ra­toire

L’IRM per­opé­ra­toire per­met une abla­tion la plus ra­di­cale pos­sible des tu­meurs du cer­veau. Une vente aux en­chères est or­ga­ni­sée pour réa­li­ser ce pro­jet

Monaco-Matin - - Monde - NAN­CY CATTAN ncat­tan@ni­ce­ma­tin.fr

De­main peut-être, grâce à la mo­bi­li­sa­tion d’ar­tistes, de col­lec­tion­neurs et le sou­tien de la Fon­da­tion Maeght, le ser­vice de neu­ro­chi­rur­gie du CHU de Nice se­ra le deuxième en France (après Lille) à avoir ac­cès à l’IRM per­opé­ra­toire. Une vé­ri­table ré­vo­lu­tion tech­no­lo­gique qui re­le­vait de la science-fic­tion, il y a seule­ment quelques an­nées. « Ce dis­po­si­tif offre la pos­si­bi­li­té de réa­li­ser des cli­chés d’IRM (ima­ge­rie par ré­so­nance ma­gné­tique) dans un bloc opé­ra­toire pen­dant une in­ter­ven­tion (per­opé­ra­toire, ndlr) , pour gui­der en temps réel le geste chi­rur­gi­cal. Et c’est par­ti­cu­liè­re­ment im­por­tant lorsque l’on re­tire une tu­meur cé­ré­brale » , ré­sume le Pr De­nys Fontaine, neu­ro­chi­rur­gien au CHU de Nice. Car, dans cer­tains cas, et aus­si aguer­ri soit-il, un spé­cia­liste ne peut af­fir­mer, sur la base de ce qu’il ob­serve à l’oeil nu, qu’il a bien re­ti­ré la tu­meur dans sa to­ta­li­té. Une si­tua­tion qui se pré­sente no­tam­ment lorsque l’as­pect de la tu­meur se confond avec ce­lui du cer­veau nor­mal et fonc­tion­nel. C’est le cas des gliomes, les tu­meurs cé­ré­brales les plus fré­quen- tes chez l’en­fant et l’adulte. « Grâce à l’IRM per­opé­ra­toire, on peut vé­ri­fier que l’on a bien réa­li­sé la ré­sec­tion la plus com­plète pos­sible de la tu­meur, ga­ran­tie d’un meilleur pro­nos­tic pour le ma­lade, puis­qu’elle li­mite le risque de ré­ci­dives. » Se­lon le spé­cia­liste, cette tech­no­lo­gie per­met aus­si d’amé­lio­rer le trai­te­ment des adé­nomes hy­po­phy­saires – des tu­meurs cé­ré­brales bé­nignes –, opé­rées par voie en- do­na­sale. « Là en­core, on peut vé­ri­fier l’ab­sence de re­li­quat. » Sous l’im­pul­sion du Pr Phi­lippe Pa­quis, chef du ser­vice de neu­ro­chi­rur­gie, le nou­vel hô­pi­tal Pas­teur 2 a été conçu pour per­mettre l’uti­li­sa­tion de cette tech­no­lo­gie, puis­qu’ « un simple sas sé­pare les blocs de neu­ro­chi­rur­gie de l’IRM à proxi­mi­té de la salle. Dès que c’est né­ces­saire, le sas peut être ou­vert et l’IRM peut alors ser­vir en per­opé­ra- toire. » Mais, pour être fonc­tion­nel, ce dis­po­si­tif re­quiert un équi­pe­ment bio­mé­di­cal com­plé­men­taire, in­dis­pen­sable à la procédure de trans­fert du pa­tient entre la salle opé­ra­toire et l’IRM. Un équi­pe­ment qui n’a pu être ac­quis, du fait des grosses dif­fi­cul­tés fi­nan­cières tra­ver­sées par le CHU de Nice, me­na­çant l’abou­tis­se­ment de ce pro­jet ma­jeur pour les pa­tients. C’est là que le Dr Fran­çois Fau­chon, ra­dio­thé­ra­peute, col­lec­tion­neur et pré­sident de l’as­so­cia­tion de re­cherche sur le can­cer ADERTU, a choi­si d’in­ter­ve­nir en or­ga­ni­sant une vente aux en­chères le 17 dé­cembre ( 1). Ob­jec­tif : réunir les 100000 eu­ros qui per­met­tront à ce pro­jet, vec­teur de tant de pro­messes, de ne pas être aban­don­né.

1. Le 17 dé­cembre à la Fon­da­tion Maeght à Saint-Paul-de-Vence, de 19 heures à 21 heures. En vente, des oeuvres de Ben, Ar­man, Louis Cane, Ro­nan Bar­rot, Sam Sza­fran... Ca­ta­logue en ligne sur: www.drouo­tes­ti­ma­tions.com Ins­crip­tion obli­ga­toire pour as­sis­ter à la vente sur place. Con­tacts : 06.61.99.73.17. et 06.43.35.25.33.

(DR)

Lorsque le chi­rur­gien, en cours d’in­ter­ven­tion, sou­haite contrô­ler si la tu­meur a été re­ti­rée en to­ta­li­té, il trans­fère le pa­tient dans la salle d’IRM ad­ja­cente pour réa­li­ser de nou­velles images qui lui per­met­tront de com­plé­ter éven­tuel­le­ment la ré­sec­tion.

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