Ro­sa­cée: quand le rouge monte (trop) aux joues

Cette af­fec­tion chro­nique de la peau ne pré­sente pas de dan­ger pour la san­té. En re­vanche, elle peut se ré­vé­ler très gê­nante pour ceux qui en souffrent. Des trai­te­ments existent

Monaco-Matin - - Santé - AXELLE TRUQUET atru­quet@ni­ce­ma­tin.fr

Des joues un peu rouges au nez clai­re­ment bour­sou­flé, la ro­sa­cée peut prendre des as­pects bien dif­fé­rentsd’un in­di­vi­du à l’autre. Cette af­fec­tion chro­nique de la peau touche 2 à 3 % de la po­pu­la­tion, prin­ci­pa­le­ment entre 30 et 70 ans. Elle se ca­rac­té­rise par des rou­geurs sur le vi­sage (joues, nez, front, men­ton), avec par­fois la pré­sence de pe­tits vais­seaux di­la­tés et de bou­tons. La ro­sa­cée n’est pas une fa­ta­li­té; des trai­te­ments existent, ef­fi­caces, même s’ils sont en­ga­gés plu­sieurs an­nées après le dé­clen­che­ment de la ma­la­die. D’où l’in­té­rêt de consul­ter un der­ma­to­logue.

Plu­sieurs types

« Le spectre cli­nique est as­sez large. On peut clas­si­fier la ro­sa­cée en quatre types » , dé­crypte le Dr Flo­rence Le Duff, der­ma­to­logue au CHU de Nice et mé­de­cin dé­lé­gué du Centre de re­cherche cli­nique. « La­moins­mar­quée (type 1) est ca­rac­té­ri­sée no­tam­ment par des rou­geurs et des flushes c’est-à-dire des ac­cès de rou­geurs ap­pe­lés bouf­fés va­so­mo­trices. S’ajoutent dans le cas de la ro­sa­cée pa­pu­lo­pus­tu­leuse (type 2), des bou­tons éven­tuel­le­ment rem­plis de pus. Dans la ro­sa­cée ocu­laire (type 4), ce sont les yeux qui sont tou­chés. Ir­ri­tés, rouges, secs, ils sont sen­sibles à la lu­mière.» La ro­sa­cée phy­ma­teuse (type 3) se­rait, elle, la plus im­pres­sion­nante: les glandes sé­ba­cées du nez prennent du vo­lume don­nant l’im­pres­siond’unap­pen­dice na­sal très pro­émi­nent et gra­nu­leux (le rhi­no­phy­ma). Pour­tant, « les pa­tients qui y sont su­jets, sur­tout les hommes d’un cer­tain âge, ne consultent pas tou­jours, pen­sant qu’on ne peut rien y faire, re­grette le Dr Le Duff. Or, le trai­te­ment chi­rur­gi­cal au la­ser est ef­fi­cace. La der-

ma­bra­sion per­met de di­mi­nuer l’épais­seur de la peau. »

Du diag­nos­tic aux trai­te­ments

« Lorsque l’on re­çoit un pa­tient, on éta­blit d’abord un diag­nos­tic cli­nique grâce à l’exa­men de la peau et à un in­ter­ro­ga­toire sur les an­té­cé­dents, l’âge de sur­ve­nue des troubles, la pré­sence de flushes, etc., re­lève la der­ma­to­logue. Le trai­te­ment va en­suite dé­pendre du type d’at­teinte. On peut com­men­cer par ap­pli­quer des règles hy­gié­no-dié­té­tiques comme le fait d’évi­ter les pro­duits ex­fo­liants sur le vi­sage ou tout ce qui est co­mé­do­gène (qui pro­voque des bou­tons, Ndlr), les va­ria­tions de tem­pé­ra­ture ou en­core la nour­ri­ture épi­cée. Au ni­veau es­thé­tique, on peut uti­li­ser des crèmes hy­dra­tantes lé­gè­re­ment tein­tées.» Plu­sieurs types de trai- te­ments d’ap­pli­ca­tion lo­cale, an­tiin­flam­ma­toires, an­ti­pa­ra­si­taires voire an­ti­bio­tiques existent. « Pour les formes plus clas­siques de ro­sa­cée, des trai­te­ments an­ti­pa­ra­si­taires sont pos­sibles. Car c’est par­fois un pa­ra­site qui vient ac­cen­tuer les rou­geurs: le de­mo­dex fol­li­cu­lo­rum. Les pré­pa­ra­tions à base de soufre ont, quant à elles, l’avan­tage d’être an­ti-in­flam­ma­toire et d’agir sur le de­mo­dex. » Et, lorsque les rou­geurs per­sistent, le la­ser peut être un atout en ré­dui­sant la taille des vais­seaux san­guins et donc l’in­ten­si­té des flushes.

Des re­cherches en cours à Nice

Le Centre de re­cherche cli­nique du CHU de Nice mène une étude sur la ra­dio­fré­quence com­bi­née à la lu­mière pul­sée. « Pour l’heure,

elle donne de bons ré­sul­tats dans les cas de ro­sa­cée mo­dé­rée » , an­nonce le Dr Le Duff. Si cette af­fec­tion reste sup­por­table en termes de dou­leurs, son im­pact sur la vie so­ciale est le plus com­plexe à gé­rer. Et c’est d’ailleurs sou­vent ce qui conduit les pa­tients à consul­ter. Une sage décision.

Lorsque les rou­geurs per­sistent, le la­ser peut être un atout en ré­dui­sant la taille des vais­seaux san­guins.

(Pho­tos DR)

La ro­sa­cée (ici de type ) pro­voque des rou­geurs et/ou de pe­tits bou­tons ca­rac­té­ris­tiques. Des trai­te­ments sont pos­sibles pour la gom­mer.

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