Cys­tite: une en­vie­pres­sante qui vous gâche la vie Soins

Les in­fec­tions uri­naires concernent 50 fois plus les femmes que les hommes pour des rai­sons ana­to­miques. La moi­tié d’entre elles en au­ront au moins une au cours de leur vie

Monaco-Matin - - Santé - AXELLE TRUQUET atru­quet@ni­ce­ma­tin. fr

Hommes et femmes ne sont pas égaux face à la cys­tite. La sen­sa­tion d’avoir be­soin d’al­ler aux toi­lettes toutes les cinq mi­nutes, ac­com­pa­gnée de dou­leurs et d’une im­pres­sion de brû­lure à la mic­tion (lorsque l’on urine)– sans fièvre tou­te­fois – touche 50 fois plus les dames. Ques­tion d’ana­to­mie. Leur urètre est, en ef­fet, bien plus court (en­vi­ron4cm) que ce­lui de ces mes­sieurs (15 cm), fa­vo­ri­sant ain­si les in­fec­tions uri­naires. Les germes (très sou­vent les bac­té­ries in­tes­ti­nales type Esche­ri­chia co­li) par­viennent en ef­fet à re­mon­ter fa­ci­le­ment jusque dans la­ves­sie.

Des causes di­verses

« Il existe plu­sieurs types de cys­tites: celles dites “simples” (chez la femme non en­ceinte et non mé­no­pau­sée) et les “com­pli­quées” qui vont êtreac­com­pa­gnées de fac­teurs de gra­vi­té, de risques ou de com­pli­ca­tions, ré­sume le Dr Kha­lid Bou­zou­baa, uro­logue à l’hô­pi­tal in­ter­com­mu­nal de Fréjus-Saint-Ra­phaël. Ain­si, des dou­leurs lom­baires, de la fièvre, des fris­sons peuvent si­mu­ler une pyé­lo­né­phrite, une in­fec­tion du rein. Il faut aus­si prendre en compte le fait qu’il s’agit d’un pre­mier épi­sode, d’une re­chute ou d’une in­fec­tion ré­ci­di­vante. » Cer­taines cys­tites peuvent être la consé­quence d’ano­ma­lies de l’ap­pa­reil uri­naire; la ves­sie ne se vide pas to­ta­le­ment ce qui pro­voque l’in­fec­tion. Autre cause pos­sible, des pa­tho­lo­gies qui mo­di­fient le sta­tut im­mu­ni­taire. Ain­si, un dia­bé­ti­queest da­van­tage su­jet aux cys­tites, les germes étant « at­ti­rés » par le sucre. En­fin, sont poin­tés du doigt les fac­teurs hor­mo­naux. Ain­si « la femme mé­no­pau­sée est su­jette aux cys­tites, le dé­fi­cit en oes­tro­gènes et le vieillis­se­ment de la ves­sie fai­sant qu’elle se contracte moins bien » , pré­cise le Dr Bou­zou­baa. Les femmes en­ceintes cu­mulent, elles, mo­di­fi­ca­tion ana­to­mique (l’uté­rus de­vient vo­lu­mi­neux et il est plus dif­fi­ci­le­de­vi­der com­plè­te­ment la ves­sie) et hor­mo­nale (aug­men­ta­tion de la pro­ges­té­rone). Doivent-elles par­ti­cu­liè­re­ment se sur­veiller pour évi­ter de dé­ve­lop­per une in­fec­tion al­lant jus­qu’à la pyé- lo­né­phrite. Quand les cys­tites s’en­chaînent (in­fec­tions ré­ci­di­vantes), elles peuvent conduire le­mé­de­cin à « re­cher­cher la pré­sence éven­tuelle de cal­culs ou d’une tu­meur, en s’ap­puyant sur des exa­mens de type écho­gra­phie, cys­to­sco­pie et uros­can­ner. » Dans tous les cas, et quelle que soit la cause, l’af­fec­tion se gué­rit fa­ci­le­ment.

(Pho­to Mi­chaël Ale­si)

Les in­fec­tions uri­naires sont le deuxième mo­tif de consul­ta­tion et de pres­crip­tion d’an­ti­bio­tique.

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