Stop au ta­bac :  eu­ros éco­no­mi­sés en une an­née

No­vembre a été dé­cla­ré « Moi(s) sans Ta­bac ». Près de 160000 Fran­çais ont dé­ci­dé de re­le­ver le dé­fi d’ar­rê­ter la clope. Si le bé­né­fice fi­nan­cier est in­dé­niable, ce­lui sur la san­té l’est en­core plus

Monaco-Matin - - Santé - AXELLE TRUQUET atru­quet@ni­ce­ma­tin.fr

In­farc­tus, can­cer du pou­mon, in­suf­fi­sance res­pi­ra­toire. Voi­là le cor­tège des prin­ci­pales (parce qu’elles sont en réa­li­té lé­gion) ma­la­dies in­duites par le ta­bac. Et chaque an­née, la ci­ga­rette tue 78000 fu­meurs en France. C’est un peu comme si un Airbus A320 se cra­shait chaque jour. Par com­pa­rai­son, on re­cense dans le même temps en moyenne 3000 morts sur la route. Au­tant dire que la clope est un en­ne­mi re­dou­table. Mais l’is­sue mor­telle n’est pas iné­luc­table. Il est tou­jours temps d’ar­rê­ter. Mieux vaut tard que ja­mais, l’adage n’a ja­mais trou­vé aus­si bien lieu de s’ap­pli­quer. No­vembre a été dé­cla­ré Moi(s) sans ta­bac par le Mi­nis­tère de la San­té. Plus de 160000 fu­meurs se sont lan­cé le dé­fi d’ar­rê­ter. Pour ce­la, ils sont ai­dés. Au­jourd’hui, les sub­sti­tuts ni­co­ti­niques sont rem­bour­sés à hau­teur de 150 eu­ros par an­née ci­vile et par bé­né­fi­ciaire. « La ci­ga­rette est une ad­dic­tion. Ce sont les ef­fets cé­ré­braux de la ni­co­tine qui créent cette dé­pen­dance. Mais ce qui est dan­ge­reux dans le ta­bac, ce sont sur­tout les pro­duits de la com­bus­tion, sou­ligne le Pr Charles-Hu­go Mar­quette, chef du ser­vice de pneu­mo­lo­gie du CHU de Nice. Donc il ne faut pas hé­si­ter à s’ai­der de sub­sti­tuts ni­co­ti­niques pour ar­rê­ter. D’au­tant qu’ils peuvent être pres­crits par tous les ac­teurs de san­té, qu’ils soient mé­de­cin, den­tiste, ki­né, sage-femme, etc. » Le pro­fes­sion­nel constate que « l’une des prin­ci­pales causes d’échec est le sous-do­sage en ni­co­tine. Pour l’évi­ter, on peut as­so­cier dif­fé­rents pro­duits : patchs, gommes et ci­ga­rette élec­tro­nique. Il faut sa­tu­rer les ré­cep­teurs cé­ré­braux en ni­co­tine pour évi­ter l’en­vie de re­plon­ger. » D’au­tant que les ef­fets dé­lé­tères du ta­bac ne condamnent pas que le fu­meur. L’en­tou­rage aus­si est concer­né. Lors­qu’une per­sonne fu­me­dan­sune pièce en pré­sence d’en­fants, eux aus­si pré­sen­te­ront des traces de ni­co­tine et sur­tout de mo­noxyde de car­bone dans l’or­ga­nisme. Or cet élé­ment n’est pas pro­duit par l’in­ha­la­tion des va­peurs d’eau­dé­ga­gées par la ci­ga­rette élec­tro­nique. « Elle double les chances de par­ve­nir au se­vrage, constate le Pr Mar­quette. Par ailleurs, il n’a pas été dé­mon­tré qu’elle fa­vo­rise l’en­trée dans le ta­ba­gisme chez les jeunes. » Le pneu­mo­logue, lors­qu’il suit des pa­tients qui tentent d’ar­rê­ter la ci­ga­rette, sou­vent parce que leur corps est à bout, in­siste sur deux sti­mu­la­tions po­si­tives. « La pre­mière est liée à la qua­li­té de vie. En ar­rê­tant, on re­trouve l’odo­rat et le goût les ali­ments. La se­conde se rap­porte à une ques­tion fi­nan­cière. Il faut, chaque jour, mettre dans un grand pot trans­pa­rent, la somme que l’on au­rait dé­pen­sé chez le bu­ra­liste. À la fin du mois, on le ren­verse et on compte, en fa­mille par exemple, tout ce que l’on n’a pas dé­pen­sé en ta­bac. On re­nou­velle l’opé­ra­tion au bout de trois mois. Les pa­tients sont sur­pris de consta­ter la quan­ti­té d’ar­gent qui par­tait en fu­mée. » Ain­si, un fu­meur moyen (un pa­quet par jour) en stop­pant net la ci­ga­rette éco­no­mi­se­rait près de 2500 eu­ros en une an­née. De quoi s’of­frir un beau voyage pour fê­ter ça !

« L’une des causes d’échec est le sous-do­sage en ni­co­tine » Pr Charles-Hu­go Mar­quette Chef du ser­vice de pneu­mo­lo­gie au CHU de Nice

(Pho­to Luc Bou­tria)

Un fu­meur moyen peut éco­no­mi­ser    eu­ros en trois mois juste en ar­rê­tant la ci­ga­rette. Des ef­fets po­si­tifs sur le porte-mon­naie et sur­tout sur la san­té.

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