Coe­lio­sco­pie D : plus pré­cis, moins in­va­sif

Monaco-Matin - - Santé - AXELLE TRUQUET

« La coe­lio­sco­pie est une tech­nique chi­rur­gi­cale mi­ni in­va­sive qui évite d’ou­vrir le ventre. Elle per­met donc de di­mi­nuer la du­rée d’hos­pi­ta­li­sa­tion et de la conva­les­cence » , ré­sume le Pr Em­ma­nuel Bar­ran­ger, chef du pôle de chi­rur­gie on­co­lo­gique sé­no­lo­gique et gy­né­co­lo­gique du Centre An­toine-La­cas­sagne (CAL). Si elle est lar­ge­ment ré­pan­due, ces der­nières an­nées, des ap­pa­reils de coe­lio­sco­pie en 3D sont ap­pa­rus. Le CAL s’en est do­té d’un en juillet 2015, grâce en par­tie au fi­nan­ce­ment du conseil dé­par­te­men­tal dans le cadre d’un ap­pel à pro­jet. Avec près d’un an et de­mi de re­cul, le bi­lan est très sa­tis­fai­sant. « C’est un bon in­ter­mé­diaire entre la coe­lio- sco­pie 2D et le ro­bot chi­rur­gi­cal. La 3D donne une vi­sion plus confor­table pour le chi­rur­gien. Pour com­prendre, il faut ima­gi­ner que c’est comme si on était di­rec­te­ment dans le ventre du pa­tient, ré­vèle le Pr Bar­ran­ger. On opère donc mieux car on gagne en pré­ci­sion, la chi­rur­gie est moins longue, les com­pli­ca­tions moindres. » La tech­nique étant moins in­va­sive (plus be­soin d’ou­vrir, seules de pe­tites in­ci­sions sont pra­ti­quées), la conva­les­cence est plus ra­pide.

« Je ne pour­rais plus m’en pas­ser»

Sur le plan de l’in­ves­tis­se­ment fi­nan­cier, la coe­lio­sco­pie 3D est très net­te­ment avan­ta­geuse : elle coûte qua­si­ment dix fois moins cher qu’un ro­bot chi­rur­gi­cal dont l’in­ves­tis­se­ment de base se porte entre 1,5 et 2mil­lions d’eu­ros aux­quels s’ajoutent 120000 eu­ros de frais de main­te­nance an­nuels. Elle est donc un fac­teur po­si­tif dans la maî­trise des dé­penses. D’au­tant qu’en di­mi­nuant la du­rée d’hos­pi­ta­li­sa­tion, on ré­duit du même coup les frais et on libère des lits. La coe­lio­sco­pie 3D est uti­li­sée par le Pr Bar­ran­ger et son équipe pour la chi­rur­gie du ventre gy­né­co­lo­gique et can­cé­ro­lo­gique. « Je ne pour­rais plus m’en pas­ser » , sou­ligne le pra­ti­cien qui l’uti­lise dé­sor­mais pour opé­rer la moi­tié des 70 can­cers gy­né­co­lo­giques qu’il traite chaque an­née. Elle est éga­le­ment in­di­quée pour le pré­lè­ve­ment des muscles grands dor­saux des­ti­nés à la re­cons­truc­tion mam­maire (une al­ter­na­tive à la pose de pro­thèse après une abla­tion du sein consé­cu­tive à un can­cer). Le Pr Bar­ran­ger l’a dé­jà uti­li­sée dans une di­zaine de cas. Pour ces femmes, la coe­lio­sco­pie 3D leur a évi­té d’avoir une ci­ca­trice dans le dos. Ce­pen­dant, toutes les pa­tientes ne sont pas éli­gi­blesà­cette tech­nique (qui im­plique tou­te­fois une in­ter­ven­tion plus longue). S’il ne s’agit dans ce cas que d’une ques­tion es­thé­tique, elle est tou­te­fois pri­mor­diale dans le vé­cu des suites de la ma­la­die. Une ma­nière de ne pas ajou­ter des sé­quelles à la conva­les­cence.

(Pho­to AX. T.)

L’ap­pa­reil de coe­lio­sco­pie  D est un bon in­ter­mé­diaire entre le ro­bot et la coe­lio­sco­pie D, se­lon le Pr Bar­ran­ger.

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