Des com­pli­ca­tions graves

Monaco-Matin - - Santé -

« Long­temps les troubles du com­por- te­ment ali­men­taire ont été pris en charge uni­que­ment sur le plan psy­chia­trique. Mais on s’est ren­du compte que l’as­pect so­ma­ti­que­de­vait par­ti­cu­liè­re­ment at­ti­rer l’at­ten­tion. La di­men­sion­psy­chi­que­cause, enef­fet, une­dé­gra­da­tion so­ma­tique, qui va im­pac­ter àson tour la di­men­sion psy­chique…» C’est un cercle in­fer­nal. ré­sume le Dr Gil­bert Zea­nan­din, gas­tro-en­té­ro­logue. Ces troubles en­gendrent des pro­blèmes de san­té im­por­tants, dont cer­tains sont mal connus. Dans le cadre de l’ano­rexie res­tric­tive (la per­sonne se nour­rit de moins en moins), le risque évi­den­test la­dé­nu­tri­tion. « La­perte de poid­scor­res­pond à une perte de masse grasse, de masse maigre et de mas­se­cel­lu­laire. Tous les or­ganes du corps en pâ­tissent. Une ré­duc­tion de 40 - 50 % de la masse cel­lu­laire va faire cou­rir un risque lé­tal » . Autres com­pli­ca­tions : l’af­fai­blis­se­ment­du­sys­tème im­mu­ni­tai­reet­du ca­pi­tal os­seux. Dès l’âge de 20 ans, de jeunes ma­lades peuevnt ain­si souf­frird’os­téo­po­ro­se­sé­vère. Dans ce cas, «la­marge de ré­cu­pé­ra­tion est li­mi­tée d’où la né­ces­si­té de prise en charge pré­coce du TCA » . La bou­li­mie pose, elle aus­si, de gra

ves pro­blèmes de san­té. « Le pre­mier risque est le sui­ci­de­car la culpa­bi­li­té est telle que cer­tains pa­tients ne voient d’is­sue que dans la mort. Le deuxiè­meest lié aux­ma­noeuvres pur­ga­toires [vo­mis­se­ments, prise de laxa­tifs, de­diu­ré­tiques… ndlr]: elles créent un manque de po­tas­sium qui va se ré­per­cu­ter sur les cel­lules car­diaques. Avec un risque de crise car­diaque, mê­me­pour les pa­tients jeunes » , mar­tè­le­le­gas­tro-en­té­ro­logue. La dif- fi­cul­té, ici, est que ces ma­lades ne pré­sentent pas for­cé­ment de mai­greur ex­trême, ils pas­sent­donc­fa­ci­le­ment « in­aper­çus ». Les­com­pul­sions ali­men­taires ethy­per­pha­gies (le fait de man­ger sans plai­sir­de­grandes quan­ti­tés­de­nour­ri­tures en de­hors des­re­pas, et­sans ma­noeuvres de purges) sont aus­si des TCA. Elles concernent 30à40% des obèses. « Au­jourd’hui, la mé­con­nais­sance de tels troubles peut en­traî­ne­run­sous-dé­pis­tage pou­vant mettre en échec la chi­rur­gie ba­ria­trique. » Le spé­cia­liste conclut sur une note en­cou­ra­geante : « La­prise en charge, même des an­nées après le dé­but du TCA, donne des ré­sul­tats, àcon­di­tion de faire preuve de pa­tience. » La dé­marche doit donc s’en­ga­ger le plus ra­pi­de­ment pos­sible, avec des pro­fes­sion­nels de san­té en les­quels le ma­lade a confiance .

Newspapers in French

Newspapers from Monaco

© PressReader. All rights reserved.