LIGUE  ( JOUR­NÉE) / MO­NA­CO - MAR­SEILLE AU­JOURD’HUI À H

Proche de la porte en juin, Leo­nar­do Jar­dim est (re)de­ve­nu l’homme le plus im­por­tant de l’ASM

Monaco-Matin - - Sports - MA­THIEU FAURE

Las­cène peut fai­re­sou­ri­re­mais elle dé­peint bien le per­son­nage. Au­soir de la large vic­toire contre Nan­cy au Louis-II (6-0), Leo­nar­do Jar­dim s’em­pres­se­de­se­pré­sen­ter face à la­presse. Au coeur d’une cer­taine pa­ra­noïa qu’il aime en­tre­te­nir, le coach por­tu­gais est per­sua­dé de lire des sou­rires sur le vi­sa­ge­de­cer­tains jour­na­listes les soirs de dé­faite. Alors là, nan­ti d’une nou­velle dé­mons­tra­tionde force de son équipe, il se pres­se­pour al­ler à la ren­contre de son au­di­toire. Au mo­ment de pé­né­trer dans la­sal­le­de­presse, per­sonne face à lui, ou­presque. La­ma­jo­ri­té des confrères est en zone mixte ou en­core en tri­bu­neen­train de cla­ver les pa­piers. Tant pis. Ilya­six­mois pour­tant, Leo­nar­do Jar­dim fuyait la presse. Au­soir de la 38e jour­née, mal­gré une troi­sième place va­li­dée, l’état-ma­jor de l’ASM vou­lait se don­ner du temps pour évo­quer l’ave­nir de l’en­traî­neur por­tu­gais. La­ré­flexio­na­mû­ri, tou­taé­té en­vi­sa­gé, y com­pris un ren­voi de l’an­cien­duS­por­tingCPet de son staff. Pour ce faire, il fal­lait si­gner un gros chèque et trou­ver un suc­ces­seur idoine. Fi­na­le­ment, tout le mon­deaes­ti­mé­qu’il était pré­fé­rable de conti­nuer la col­la­bo­ra­tion­tout en re­dé­fi­nis­sant les mis­sionsde cha­cun. Ain­si, Luis Cam­pos et Claude Ma­ke­lele sont par­tis( Le pre­mier échan­geait énor­mé­ment avec Jar­dim mais ja­mais avec le se­cond ; le se­cond se de­man­dait quel était son rôle, coin­cé, entre les deux Por­tu­gais. Ce trio n’a ja­mais fonc­tion­né. Du­rant l’été, Jar­dim a re­trou­vé le ter­rain, son­do­maine de­com­pé­tence. An­to­nio Cor­don, dé­bau­ché à Villar­real, a en­fi­lé le cos­tume de di­rec­teur spor­tif avec doig­té, dis­cré­tion et com­pé­tence. Re­voi­là Leo­nar­do Jar­dim seul maître à bord. Quatre mois plus e tard, l’ASM est qua­li­fiée en hui­tièmes de fi­nale de Ligue des Cham­pions et deuxième de Ligue 1 avec une at­taque qui fait pleu­voir les buts com­me­ja­mais. Mieux, on prend du plai­sir à chaque match de Mo­na­co. Un re­vi­re­ment dû à l’été ? Pour Jar­dim, non : « Mo­na­co n’a pas chan­gé, c’est im­por­tant que vous com­pre­niez ça, dé­taille l’en­traî­neur. On a tou­jours joué sans un grand at­ta­quant, ca­pable de mar­quer 20 ou 25 buts par sai­son. Les sai­sons pas­sées on a tou­jours eu des joueurs qui mar­quaient huit, neuf ou dix buts, mais ja­mais plus : Le­mar, Sil­va, Fa­bin­ho, Mar­tial... On a tou­jours fonc­tion­né comme ça. Cette an­née, c’est pa­reil, tout le monde peut mar­quer des buts. La dif­fé­rence c’est qu’on a plus d’at­ta­quants : Fal­cao, Ger­main, Car­rillo, et les autres aus­si. C’est ça qui fait toute la dif­fé­rence. On a plus de qua­li­té of­fen­sive. Quand j’en­tend­sdi­re­qu’il y a plein­de­bu­teurs dif­fé­rentsàMo­na­co comme si c’était une chose nou­velle, non, c’était dé­jà comme ça, il y a deux ans ou la sai­son pas­sée.» Si Mo­na­con’a pas chan­gé, le coach, lui, a fait de la mu­ta­tion ac­cé­lé­rée. « On est face à un en­traî­neur qui a une ca­pa­ci­té d’adap­ta­tionà­son grou­peex­cep­tion­nelle, étaye Ha­bib Beye, consul­tant pour Ca­nal Plus et an­cien la­té­ral de l’OM. Sur Ben­ja­min Men­dy, par exemple, en échec à l’OM l’an der­nier, Jar­dim a réus­si a lui re­don­ner le vo­lume de jeu qu’il avait sous Biel­sa » . Des pa­ris réus­sis qui ont eu des ré­per­cus­sions­sur la per­son­na­li­té­du coach. Oui, Jar­dim s’est­dé­ri­dé. Un­peu. Ré­cem­ment, il a ou­vert son propre comp­teT­wit­ter où il fait prin­ci­pa­le­ment de la­com­mu­ni­ca­tion, signe d’un­homme qui ne se cache plus. En in­terne, l’en­traî­neur­por­tu­gais, plu­tôt ré­ti­cent à lais­ser­par­ler ses joueurs dans les mé­dias, laisse une plus grande la­ti­tude aux équi­pes­du­club pour met­treen avant l’es­couade spor­tive. C’est tou­jours plus fa­cile d’ou­vrir les portes quand tout va bien, c’est vrai. Mais en apai­sant le cli­mat in­terne au coeur de l’été, la di­rec­tion­mo­né­gas­quea­sur­tout per­misà­son en­traî­neur­de­ne­plus être pol­lué par des que­relles de clo­chers. Ain­si, Jar­dim se re­trou­veà­faire uni­que­ment ce qu’il aime : gé­rer son groupe. Au­jourd’hui, Leo­nar­do Jar­dim est à la tête d’une équipe qui en­fi­leles buts cha­que­se­maine et qui vient de ter­mi­ner pre­mière de sa poule en Ligue desC­ham­pions en étant, au dé­part, pla­cée dans le cha­peau quatre. Même s’il ne le di­ra ja­mais, Jar­dim est fier de ce re­tour­ne­ment­de­si­tua­tion car il est un peu ran­cu­nier. Tout du moins, il n’ou­blie rien. Il a sa fier­té. Ce n’est pas un ha­sard si l’en­traî­neurde l’AS Mo­na­co garde dans son por­table des SMS de Geof­frey Kon­dog­bia da­tant de son dé­part­pour l’In­ter Mi­lan le re­mer­ciant de lui avoir fait fran­chir un pa­lier. Des tex­tos qu’il res­sort quand­vous lui­de­man­dez si ses an­ciens joueurs ont pris du plai­sir sous ses ordres, lui qui, l’an der­nier, était pré­sen­té comme un coach au jeu so­po­ri­fique. Mais ça, c’était l’an der­nier. 1. Luis Cam­pos était di­rec­teur spor­tif puis conseiller spé­cial, Claude Ma­ke­lele, quant à lui, di­rec­teur spor­tif.

Ilaune ca­pa­ci­té d’adap­ta­tion à son groupe ex­cep­tion­nelle ”

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