Nos lec­teurs ont la pa­role

Tous les mois, Nice-Ma­tin vous pro­pose de par­ti­ci­per à un dé­bat sur un thème d’ac­tua­li­té. Le su­jet du jour: Êtes-vous sa­tis­faits par les me­sures de sé­cu­ri­té mises en place dans les écoles?

Monaco-Matin - - Nice-matin C’est Vous - SÉ­VE­RINE, VAR

Trois mois après le dé­but de la ren­trée, les nou­velles me­sures de sé­cu­ri­té sus­citent en­core le dé­bat. Cette ren­trée 2016 a en ef­fet été hors normes. Pour les pa­rents, qui ne peuvent en prin­cipe plus ren­trer dans l’en­ceinte des écoles, et n’au­ront plus ac­cès aux ac­ti­vi­tés ex­tra­s­co­laires - comme les fêtes de fin d’an­née -, mais aus­si pour les en­fants, sou­mis à des exer­cices de sé­cu­ri­té mar­quants.

Les me­sures mises en place vous pa­raissent- elles suf­fi­santes, ou au contraire pen­sez- vous qu’on en fait trop?

Vi­vez-vous ces me­sures comme des contraintes ex­ces­sives ? Au­cune sur­veillance: c’est une vraie honte!

Per­son­nel­le­ment, je n’ai ja­mais vu de po­li­ciers de­vant l’école de ma fille. Il n’y a au­cune sur­veillance, au­cune ca­mé­ra et un amas de pa­rents ag­glu­ti­nés de­vant le por­tail au cas où leurs en­fants se­raient per­dus… Ajou­tez à ce­la des voi­tures ga­rées en double file sur une seule voie. Une honte ! CA­MILLE, VAR

Trop de me­sures de sé­cu­ri­té : c’est ab­surde!

Mes deux fils de 20 mois et 4 ans, vont à la crèche et à l’école ma­ter­nelle à Le­vens. De­puis le plan vi­gi­pi­rate on a tou­jours le droit d’en­trer à la crèche, ce que j’ap­prouve beau­coup, mais on ne peut plus en­trer à l’école pen­dant les ho­raires sco­laires. Je re­grette la décision de l’État de fer­mer les éta­blis­se­ments sco­laires aux pa­rents. C’est ab­surde. Heu­reu­se­ment la mai­rie a dé­ci­dé de lais­ser en­trer les pa­rents pour le pér­sis­co­laire et pour les fêtes. Ce sont des dé­ci­sions cou­ra­geuses qui amé­liorent beau­coup notre quo­ti­dien. Pour moi, il y a trop de me­sures de sé­cu­ri­té. Si des ter­ro­ristes veulent at­ta­quer nos écoles - ils y ar­ri­ve­ront. Eux, ils sont prêts à perdre leurs vies, donc rien ne les ar­rê­te­ra. Il ne faut pas sa­cri­fier notre li­ber­té pour un sen­ti­ment de sé­cu­ri­té qui est trom­peur. Nous avons beau­coup à perdre à nous en­fer­mer. Les en­droits com­muns, les lieux par­ta­gés avec les fa­milles et les en­sei­gnants sont pré­cieux. Je vou­drais que mes en­fants aillent dans une école ou­verte, sans bar­rière, avec un sen­ti­ment de lé­gè­re­té et nor­ma­li­té. Il fau­drait par­ler des choses qui sont vrai­ment im­por­tantes au quo­ti­dien - la taille des classes, des ré­créa­tions plus na­tu­relles et vertes, la bonne nour­ri­ture à la can­tine et au goû­ter, le sport et la mu­sique à l’école. Il y a plein de choses po­si­tives à dis­cu­ter ! AN­NI­KA JOERES

Prêt à payer plus d’im­pôts pour as­su­rer la sé­cu­ri­té de­vant les écoles

De­puis la ren­trée, après les va­cances de la tous­saint, il n’y a plus au­cun po­li­cier mu­ni­ci­pal de­vant l’école de mes filles. À la ren­trée de sep­tembre, il y en avait trois. Dé­sor­mais, il y a sim­ple­ment une per­sonne avec un bras­sard sé­cu­ri­té qui ne peut être ar­mé. Je tra­verse Nice pour al­ler tra­vailler et j’ai consta­té la­même chose de­vant d’autres éta­blis­se­ments. À quoi donc a ser­vi de dé­ployer tant de forces de l’ordre pen­dant six ou sept se­maines et les en­le­ver d’un coup? At­tend-on qu’il se passe quel- que chose de grave de­vant une de nos écoles pour à nou­veau re­dé­ployer la po­lice ? On va nous dire que c’est une ques­tion d’ar­gent, ne som­mes­nous pas prêts à payer plus d’im­pôt pour as­su­rer notre sé­cu­ri­té? Moi, je le suis. HER­VÉ DU­BOIS, NICE

Pas as­sez de me­sures

Pour l’école ma­ter­nelle, à part le fait que nous n’ayons plus le droit de ren­trer dans l’école, et que des bar­rières soient ins­tal­lées et la pré­sence de deux mu­ni­ci­paux, je ne suis pas trop sa­tis­faite. Sur­tout que main­te­nant, il y a un at­trou­pe­ment de pa­rents de­vant les por­tails. C’est tout juste si les en­fants peuvent se fau­fi­ler pour re­joindre les pa­rents (il y a même eu une en­fant qui s’est bles­sée)…

L’école est de­ve­nue un lieu d’in­sé­cu­ri­té

Je suis une ma­man de col­lé­gienne de 5ème. Ma fille est dans un éta­blis­se­ment pri­vé sous contrat, son frère ( 20 ans) a sui­vi le même cur­sus car en ma­ter­nelle (il y a donc 14 ans de ce­la), il s’est re- trou­vé avec un grave ac­ci­dent den­taire pro­vo­qué par un ga­min in­gé­rable… Alors ce que je pense, c’est que ce­la fait 15 ans que je vis l’in­sé­cu­ri­té à l’école, et que les me­sures qui sont prises sont tou­jours dis­pro­por­tion­nées et dé­ca­lées face à la réa­li­té des faits que l’on vit quo­ti­dien­ne­ment. Oui des me­sures ont été mises en place pour faire face à l’ur­gence, mais il est bien trop tard… Que peuvent faire un mal­heu­reux vi­gile et une jeune femme au gi­let fluo en cas d’at­taque? Des plaques qui cachent la vue? Oui mais dé­ri­soire…Les me­sures chocs an­non­cées par M. Cio­ti et M. Es­tro­si ont -elles été mises en place? Nous n’en sa­vons rien… Nous sa­vions bien que nous ne ver­rions pas long­temps la po­lice aux portes de nos éta­blis­se­ments. Par exemple, le ma­tin je passe de­vant trois éta­blis­se­ments, je n’y ai ja­mais vu de po­lice. Ou vrai­ment épi­so­di­que­ment, ni plus ni moins que d’ha­bi­tude. Par contre, cer­taines zones de Nice sont de­puis bien long­temps « bien gar­dées, armes au poing »... On ne laisse pas ren­trer les pa­rents ? Double peine pour les pe­tits, alors que le loup, lui, s’est dé­jà in­tro­duit dans la ber­ge­rie, de­puis bien long­temps. Il n’y a qu’à voir les in­fos, nous avons tou­jours un temps de re­tard. Alors on jette un peu de poudre aux yeux, his­toire de ber­cer et d’en­dor­mir l’opi­nion pu­blique. L’école était un lieu pro­té­gé et pro­tec­teur, elle de­ve­nue un lieu d’in­sé­cu­ri­té où tous les jours, nous ame­nons nos en­fants la « boule au ventre », en es­pé­rant que tout se passe bien… Un grand mer­ci à toutes nos têtes pen­santes et une men­tion par­ti­cu­lière à notre chère Mi­nistre de l’Édu­ca­tion Na­tio­nale ! CA­THE­RINE

Tou­jours pas de po­lice

Il n’y a ab­so­lu­ment au­cune sé­cu­ri­té, mis à part deux bar­rières de l’an­cien temps, qui tombent avec une ra­fale de vent. Pas plus tard qu’hier, un homme in­con­nu est en­tré dans la cour. La di­rec­trice l’a vu après et a de­man­dé à l’ani­ma­teur d’al­ler l’in­ter­cep­ter ! Il n’y a tou­jours pas de po­lice mise en place ! SAN­DY, VAR

(Pho­to doc Nice-Ma­tin)

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