Le fabuleux des­tin de Mme Tus­saud

Arte re­trace l’his­toire de la fon­da­trice d’un cé­lèbre mu­sée de cire dans un film in­édit par­ti­cu­liè­re­ment pre­nant

Monaco-Matin - - Détente - CÉ­LINE FONTANA

Arte dif­fuse « L’Éton­nante His­toire de Mme Tus­saud et de ses théâtres de cire ». Cette fem­meà­la for­te­per­son­na­li­té, née en 1761, a tra­ver­sé en ef­fet bien des épreuves avant de réus­sir à mettre en place ce qui de­vien­dra un des fleu­rons de l’in­dus­trie du di­ver­tis­se­ment. Las Ve­gas, New York, Wa­shing­ton, Ber­lin, Am­ster­dam, Vienne, Shan­ghai ou Syd­ney et bien­tôt Du­bai et New Del­hi : de­puis­la­créa­tion, en 1835, du mu­sée lon­do­nien ac­cueillant­des­per­son­na­li­tés de­cire, l’em­pi­rede Mme Tus­saud est tou­jours plus flo­ris­sant. Ilad’ailleurs été­ra­che­té en 2007 par Mer­lin En­ter­tain­ment, un des plus gros groupes de loi­sirs au monde der­rière Dis­ney, et a fait son en­trée en Bourse en 2013. À l’ori­gine de cette réus­site ? Ma­rie Gro­sholtz, épouse Tus­saud, des­cen­dante d’une fa­mille de bour­reaux et for­mée au­mo­de­la­ge­de­la ci­re­par­son oncle ana­to­miste. Tous deux ont le sens des af­faires et misent, très tôt, sur la fas­ci­na­tion qu’exercent les per­son­na­li­tés cé­lèbres sur le pu­blic. En1776, leur­pre­mier­ca­bi­net à Pa­ris – au Pa­lais-Royal – ac­cueille les « people » de l’époque, fa­mille royale en tête. Le se­cond, bou­le­vard du Temple, joue la carte du mor­bide avec les grands cri­mi­nels… Eté­vo­lue for­top­por­tu­né­ment en re­pré­sen­tant en­suite les hor­reurs­de­la Ré­vo­lu­tion : têtes dé­ca­pi­tées… Après1800, l’éco­no­miees­ten ré­ces­sion, et ces sa­lons ne font plus recette. Mal ma­riée – son époux a di­la­pi­dé l’hé­ri- ta­ge­de­so­noncle–, Mme Tus­saud re­part de zé­ro et tente l’aven­ture en An­gle­terre, avec un de ses fils, aux cô­tés d’un fo­rain qui lui vante les mé­rites de la toute nou­velle « lan­ter­ne­ma­gique », an­cêtre du ci­né­ma. L’homme est un es­croc. Nou­velle dé­cep­tion. Mme Tus­saud re­vient à ses fi­gures de cire, Na­po­léon en tête, qu’elle ex­pose, de foire en foire dans tout le pays, avant de s’éta­blir, la pros­pé­ri­té re­trou­vée, à Londres, à Ba­ker Street. En1837, la reine Vic­to­ria, bien évi­dem­ment re­pré­sen­tée au mu­sée, offre à l’ar­tiste et fem­med’af­faires la plus belle pu­bli­ci­té qui soit en ve­nant vi­si­ter les lieux et sa­luer son oeuvre. Mme Tus­saud, qui, avide de re­con­nais­sance, au­rait­dans­sesMé­moi­re­sem­bel­li­ses­re­la­tion­sa­ve­cla­cour à Ver­sailles, a sans doute ain­si pu se conso­ler !

De­puis la créa­tion du mu­sée lon­do­nien ac­cueillant des per­son­na­li­tés de cire, en 1835, l’em­pire deM­meTus­saud est tou­jours plus flo­ris­sant.

Newspapers in French

Newspapers from Monaco

© PressReader. All rights reserved.