Fillon pleins gaz dans les Alpes-Ma­ri­times

Dé­jà en tête au pre­mier tour dans le dé­par­te­ment, Fran­çois Fillon y a net­te­ment confor­té son score, fai­sant à l’évi­dence une très belle mois­son chez les an­ciens élec­teurs sar­ko­zystes

Monaco-Matin - - Primaire De La Droite Et Du Centre - THIERRY PRUDHON

C’est qua­si­ment un score à la Fi­del Cas­tro, à faire pâ­lir Ni­co­las Sar­ko­zy, l’an­cien chou­chou des Azu­réens, qu’a en­re­gis­tré hier Fran­çois Fillon­dans les Alpes-Ma­ri­times. Cel­les­ci ont très vite tour­né la page sar­ko­zyste pour se trou­ver un nou­veau cham­pion, of­frant à 77,46 % leurs suf­frages à Fran­çois Fillon. Ce der­nier avait ob­te­nu au pre­mier tour 40,79% des voix, de­vant Ni­co­las Sar­ko­zy (34,08 %). C’est lim­pide, l’élec­to­rat sar­ko­zyste s’est in­té­gra­le­ment re­por­té sur le nou­veau porte-dra­peau des Ré­pu­bli­cains. Alain Jup­pé, lui, n’au­ra grap­pillé que des miettes pour amé­lio­rer son score de trois points à peine, à 22,54 %.

Ral­lie­ment mas­sif

Cette vic­toire écra­sante est ho­mo­gène par­tout dans les Alpes-Ma­ri­times, où l’on a un soup­çon moins vo­té qu’au pre­mier tour (110781 élec­teurs contre 111568 di­manche der­nier). Ce raz-de­ma­rée est évi­dem­ment tout sauf une sur­prise dans ce dé­par­te­ment très­droi­tier où le pro­jet de Fran­çois Fillon est ac­cueilli avec une bien­veillance gour­mande par un élec­to­rat en­quête d’au­to­ri­té. Dès di­manche der­nier, tout ce que le dé­par­te­ment comp­tait d’élus sar­ko­zystes avait très vite re­bas­cu­lé vers Fran­çois Fillon, d’Eric Ciot­ti au cen­triste Ru­dy Salles, en pas­sant par Ch­ris­tian Es­tro­si, avec un peu moins d’em­pres­se­ment pour le pré­sident de la Ré­gion. Du cô­té d’An­tibes et de Jean Leo­net­ti, le plus fi­dè­leet très es­seu­lé sou­tien d’Alain Jup­pé­par­mi les grands élus départementaux, on avait semble-t-il dé­jà plié les gaules. Bien conscient que la chance de Jup­pé était pas­sée et son ef­fon­dre­ment ac­té, la dy­na­mique fillo­niste ap­pa­rais­sant iné­luc­table à une se­maine d’in­ter­valle. Une chose est sûre, l’avè­ne­ment na­tio­nal de Fran­çois Fillon ne pa­raît pas de na­ture à mettre à mal l’uni­té desRé­pu­bli­cains dans le dé­par­te­ment. Dès hier soir et avant­même l’heu­rede cou­cher les en­fants, les mes­sages de sou­tien à l’an­cien Pre­mier mi­nistre sont tom­bés comme s’il en pleu­vait (lire ci-des­sous). L’af­fai­re­se­ré­vé­le­ra peut-être un poil plus co­ton du cô­té des centristes, qui se sont épar­pillés à l’oc­ca­sion de cette élec­tion. Der­rière leur pré­sident na­tio­nal Laurent Hé­nart et leur res­pon­sable dé­par­te­men­tal Her­vé Cael, les mi­li­tants du Par­ti ra­di­cal se sont fran­che­ment en­ga- gés der­rière Alain Jup­pé. Ceux du Nou­veau Centre, le par­ti du dé­pu­té Ru­dy Salles, le pa­tron azu­réen de l’UDI, ont à l’in­verse pour nom­bred’en­treeux sou­te­nu Ni­co­las Sar­ko­zy, avant de se ral­lier à Fran­çois Fillon. Au sein de l’UDI, les ra­bi­bo­chages, na­tio­naux­comme lo­caux, pour­raient donc don­ner lieu à quelques échanges agi­tés. Ce­qu’il en sor­ti­ra ne se­ra évi­dem­ment pas neutre pour la dy­na­mique de cam­pagne de Fran­çois Fillon.

Le centre ré­con­ci­lié ?

Dès hier soir, la ré­con­ci­lia­tion sem­blait tou­te­fois dé­jà en marche. Laurent Hé­nart et Her­vé Cael, tout en ap­pe­lant à la­dé­fense de leurs va­leurs - le­prin­cipe in­tan­gible de laï­ci­té, une ambition pour l’École de la Ré­pu­blique, la sau­ve­garde du mo­dèle fran­çais de santé -, ont fé­li­ci­té Fran­çois Fillon pour sa vic­toire « qui le met en si­tua­tion d’être le can­di­dat de l’op­po­si­tion ré­pu­bli­caine pour 2017 et de ras­sem­bler lar­ge­ment au­tour de la droite et du centre, la seule voie pos­sible pour l’al­ter­nance en 2017 » . Un­pre­mier in­dice sé­rieux du pro­bable sou­tien de l’UDI à Fran­çois Fillon.

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