Cagnes-sur-Mer : un jeune in­car­cé­ré pour as­sas­si­nat

Cé­dric K., 19 ans, un gar­çon dé­crit comme très in­tro­ver­ti, est soup­çon­né d’avoir tué ven­dre­di à Cagnes-sur-Mer l’un de ses meilleurs amis pour un mo­bile en­core flou. Il a été écroué hier

Monaco-Matin - - Côte D’azur - CH­RIS­TOPHE PER­RIN chper­rin@ni­ce­ma­tin.fr

Cé­dric K., 19 ans, a-t-il pré­mé­di­té le meurtre de Be­noît Ber­mond, 19 ans, l’un de ses amis, quand il s’est ren­du chez lui, ave­nue de Ver­dun à Cagnes-surMer, jeu­di à6 heures du ma­tin? À l’is­sue de 48 heures de garde à vue, les en­quê­teurs de la bri­gade cri­mi­nelle de la po­lice ju­di­ciaire de Nice n’écar­taient pas à cette hy­po­thèse. Le par­quet de Grasse l’a confor­tée hier. « Il est par­ti de chez lui avec, dans son sac, deux cou­teaux et un Ta­ser », a pré­ci­sé hier soir le pro­cu­reur de la Ré­pu­blique Georges Gu­tier­rez. « Il semble éga­le­ment qu’il ait pris soin de choi­sir son iti­né­raire pour évi­ter les ca­mé­ras de vi­déo­sur­veillance. C’est pour­quoi nous avons re­te­nu à ce stade la pré­mé­di­ta­tion et qu’il a été mis en exa­men du chef d’as­sas­si­nat. »

Mains en sang

Le jeune homme dé­crit comme « un peu per­du », « mal dans sa peau », « très in­tro­ver­ti », a poi­gnar­dé à soixante re­prises sa vic­time. Le mal­heu­reux a été dé­cou­vert dans la ma­ti­née par son grand-père. Alors que les po­li­ciers pro­cé­daient à de mi­nu­tieuses consta­ta­tions dans l’ap­par­te­ment et qu’une en­quête de voi­si­nage était en cours, Cé­dric K. est re­ve­nu sur les lieux de son for­fait. Il a été in­ter­pel­lé. Ses mains avaient at­ti­ré l’at­ten­tion des po­li­ciers. Elles étaient en sang. Dif­fi­cile pour l’ins­tant de com­prendre l’achar­ne­ment du jeune homme. Ce­lui-ci af­firme être ve­nu de­man­der des ex­pli­ca­tions à Be­noît Ber­mond sur la dé­gra­da­tion de leur ami­tié. Une re­la­tion dans la­quelle l’au­teur avait, semble-t-il, dé­ve­lop­pé un sen­ti­ment d’in­fé­rio­ri­té. Seule une ex­per­tise psy­chia­trique per­met­tra d’éva­luer la santé men­tale de l’au­teur et de com­prendre ce dé­chaî­ne­ment de vio­lence. L’ex­per­ti­se­dé­ter­mi­ne­ra le de­gré de res­pon­sa­bi­li­té du meur­trier qui peut bé­né­fi­cier d’une at­té­nua­tion de sa res­pon­sa­bi­li­té, tant sa per­son­na­li­té pa­raît fra­gile, voire d’une abo­li­tion de son dis­cer­ne­ment. Dans ce se­cond cas de fi­gure, il se­ra dé­cla­ré ir­res­pon­sable sur le plan pé­nal et re­lè­ve­ra de soins psy­chia­triques.

Bac ra­té

Sans em­ploi, Cé­dric K. avait ra­té son bac en juin, épi­logue d’une sco­la­ri­té chao­tique. De­puis, il sem­blait cher­cher sa voie et évo­luait au sein d’un mi­lieu fa­mi­lial qua­li­fié de « mo­deste » et « très fra­gile ». Cé­dric K. a af­fir­mé tout au long de sa garde à vue que son crime n’était pas pré­pa­ré, qu’il avait l’ha­bi­tude de se pro­me­ner avec un cou­teau en poche. Il a été dé­fé­ré hier après-mi­di au par­quet de Grasse. Pré­sen­té à un juge d’ins­truc­tion, il a été mis en exa­men pour as­sas­si­nat avant d’être écroué. L’avo­cat com­mis d’of­fice qui l’a as­sis­té au palais de justice, hier, ne sou­haite pas conti­nuer de le dé­fendre. Il de­vrait pas­ser ra­pi­de­ment le re­lais à un pé­na­liste. Hier, de­vant la porte du mo­deste lo­ge­ment où vi­vaient Be­noît Ber­mond et sa mère, des fleurs ont été dé­po­sées. Sur les ré­seaux so­ciaux, Cé­line Ber­mond, ef­fon­drée par la­perte de son fils unique, a pré­ci­sé qu’elle ne sou­hai­tait pas l’or­ga­ni­sa­tion d’une marche blanche.

(Photo Eric Ot­ti­no)

La po­lice scien­ti­fique a pro­cé­dé à de mi­nu­tieuses consta­ta­tions dans l’ap­par­te­ment ca­gnois où a eu lieu le meurtre.

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