Le peuple pied-noir en quê­tede re­con­nais­sance

Avec le poids de cinq mil­lions de per­sonnes dans le monde, les pieds-noirs veulent exis­ter de ma­nière pé­renne et aus­si faire en­tendre une voix « d’amour »

Monaco-Matin - - Côte D’azur -

Ils ont dé­jà un dra­peau. « Ma­jo­ri­tai­re­ment blanc qui af­fiche la neu­tra­li­té, la paix! », sou­li­gneMe Pierre Cour­bis, se­cré­taire gé­né­ral du mou­ve­ment « pied­noir 2e gé­né­ra­tion » . Ven­dre­di en fin d’après-mi­diàNice, ce trium­vi­rat avait in­ves­ti un sa­lon d’un hô­tel de Nice. Non pas pour faire gou­ver­ne­ment, mais pour re­ven­di­quer l’exis­tence du peuple pied­noir dans toutes ses com­po­santes et dans sa dia­spo­ra, soit5mil­lions­dans le monde, 3,5 mil­lions en France se­lon leurs es­ti­ma­tions. « Ce peuple est une réa­li­té, il existe de­puis 1830! », a sou­li­gné Ch­ris­tian Schem­bré. Le pré­sident du par­ti pied­noir a ex­po­sé le but pour­sui­vi, 54 ans après le ra­pa­trie­ment, « l’exil » se­lon ses termes: « Il s’agit de don­ner une pé­ren­ni­té à ce peuple qui a son his­toire, de lui per­mettre d’ac­cé­der à l’im­mor­ta­li­té ».

Une re­con­nais­sance par l’ONU pos­sible

Car les trois hommes ont en­ta­mé ce tra­vail sur­tout pour les gé­né­ra­tions fu­tures « afin qu’ils puissent se re­ven­di­quer des des­cen­dants et être fiers de leurs ra­cines » . Dans le concert des na­tions, la dé­no­mi­na- tion de peuple est nor­mée. « Nous ré­pon­dons aux cri­tères de l’ONU, avoir une évi­dente iden­ti­té et être en re­la­tion avec un ter­ri­toire, l’Afrique du Nord », a sou­li­gné Me Pierre Cour­bis. La re­con­nais­sance onu­sienne, qu’ils sou­haitent ob­te­nir, per­met­trait d’ac­cé­der à une po­si­tion d’ob­ser­va­teur au sein des ins­tances in­ter­na­tio­nales. « Nous pour­rions alors faire en­tendre notre voix », a in­di­qué Me Cour­bis. « Nous se­rions en­fin dé­bâillon­nés », a ren­ché­ri en­suite Jacques Villard, co­fon­da­teur du Cercle al­gé­ria­niste. Par le biais de l’ONU, les trois pro­mo­teurs de ce pro­jet vou­draient que le peuple pied-noir ait aus­si une exis­tence, une voix au­près de la France « qui nous a écar­tés » et des pays du bas­sin mé­di­ter­ra­néens. « Nous pour­rions ai­der, par exemple, sur la ques­tion des mi­grants, car nous avons connu leur sort. » Cette fu­ture mis­sion, ils l’en­vi­sagent avec sa­gesse « Nous sommes des po­li­tiques certes, mais pas des po­li­ti­ciens, des nos­tal­giques, nous re­cher­chons l’har­mo­nie, les re­la­tions fra­ter­nelles » . Ven­dre­di soiràNice, après Mar­seille, Tou­lon et avant une tournée hexa­go­nale, les trois hommes ont cher­chéà­mo­bi­li­ser « leur » peuple.

(Photo Cy­ril Do­der­gny)

Ch­ris­tian Schem­bré, pré­sident du par­ti pied- noir, Me Pierre Cour­bis, se­cré­taire gé­né­ral du mou­ve­ment « pied-noir  gé­né­ra­tion» et Jacques Villard, co­fon­da­teur du Cercle al­gé­ria­niste veulent ob­te­nir la re­con­nais­sance du peuple pied-noir.

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