Re­gret­té Co­luche

Monaco-Matin - - Détente -

Dom­mage que Co­luche soit mort et que, de son vi­vant, il ait adop­té une te­nue aus­si som­maire pour faire de la politique. Car, en dé­pit d’une plume qu’après un ex­cellent usage hu­mo­ris­tique, il avait in­sé­ré ailleurs que dans un en­crier et mal­gré les trois dé­cen­nies mou­ve­men­tées qui se sont écou­lées de­puis, il de­meure de tous les tri­buns ce­lui qui a lais­sé le sou­ve­nir le plus vi­vace. Ses for­mules qui ont pris moins de rides que les po­li­ti­ciens ac­tuels. Son bi­lan est à nul autre pa­reil puis­qu’il s’éta­blit à deux mil­liards de re­pas ser­vis à ceux qui ont faim. Dom­mage aus­si que les pres­sions des pro­fes­sion­nels du suf­frage uni­ver­sel pre­nant peur de­vant une vague de po­pu­la­ri­té qu’on n’ap­pe­lait pas en­core po­pu­lisme aient abou­ti au re­trait du co­mique qu’à l’époque le Fran­çais pla­çait au pal­ma­rès du rire avant Georges Mar­chais. C’est sans doute la di­rec­tion à prendre: un pro­gramme vrai­ment social qui, au re­tour des Res­tos du Coeur, as­su­re­rait moins la lutte contre le ré­chauf­fe­ment qu’il ne don­ne­rait du chauf­fage à ceux qui ont froid. S’il ré­in­té­grait notre val­lée de larmes, il au­rait beau­coup de chances d’être élu et, une fois fran­chi le cap dé­ci­sif, au­cune loi ne s’op­po­se­rait à ce qu’il par­ti­cipe à la pas­sa­tion des pou­voirs, à ce qu’il re­çoive des chefs d’Etat étran­gers et à ce qu’il passe les troupes en re­vue le  Juillet, vê­tu d’une sa­lo­pette qui ne

cho­que­rait plus per­sonne.

Newspapers in French

Newspapers from Monaco

© PressReader. All rights reserved.