Co­go­lin : les pro­cu­ra­tions du maire FNé­taient en toc

Monaco-Matin - - Grand Sud | Carnet - CH. C.

Le souf­flet de la crise mu­ni­ci­pale ne re­tombe pas à Co­go­lin dans le Var. Le der­nier épi­sode en date – outre la­mise à l’écart­du­maî­tre­de­cé­ré­mo­nies pa­trio­tiques de la ville– concerne les pro­cu­ra­tions pré­sen­tées par la ma­jo­ri­té lors du con­seil mu­ni­ci­pal du 24 no­vembre. Trois élus de la ma­jo­ri­té étaient ab­sents, dont les deux nou­veaux conseillers mu­ni­ci­paux qui rem­placent les co­lis­tiers du maire FN ayant dé­mis­sion­né ré­cem­ment: Da­nielle Pa­ris, JeanJacques Ga­bert et Sa­rahBa­gur. Pour leur con­seil mu­ni­ci­pal d’in­tro­ni­sa­tion, les deux nou­veaux élus, Gaë­tan Mul­ler et Ma­nuel Re­quin, ont donc lais­sé leur siège vide. Ce qu’ils ont ré­gle­men­tai­re­ment tout à fait le droit de faire. Le maire Marc-Etienne Lan­sade a ex­pli­qué en dé­but­de­séance qu’ils avaient pris­soin­de­don­ner pro­cu­ra­tion. Gae­tan Mul­ler avait ain­si don­né pro­cu­ra­tion au maire etMa­nuelRe­quin avait don­né pro­cu­ra­tion au pre­mier ad­joint, Eric Mas­son. Au coursde la­séan­ce­du­con­seil mu­ni­ci­pal, le lea­der de l’op­po­si­tion, Mi­chel Dal­la­ri, s’est néan­moins dé­cla­ré éton­né par cette double ab­sence pour une pre­mière séance qui est gé­né­ra­le­ment un­mo­ment très­so­len­nel. « Je suis sur­pris » , s’est ex­cla­mé M. Dal­la­ri en in­ter­ro­geant le maire. « Et bien soyez sur­pris » , ré­tor­qua sé­che­ment Marc-Etienne Lan­sade, cou­pant court à toute dis­cus­sion.

Pra­tique in­ter­dite

L’af­faire au­rait pu en res­ter là si au len­de­main du con­seil, l’élu d’op­po­si­tion Pas­cal Cor­dé, chif­fon­né par les ab­sences des nou­veaux élus, n’avait dé­ci­dé d’al­ler en mai­rie de­man­derà­voir de plus près les pro­cu­ra­tions. Il en est res­sor­ti in­ter­lo­qué, en re­le­vant no­tam­ment que plu­sieurs types d’écri­tures fi­gu­raient sur cha­cune des trois pro­cu­ra­tions, et sur­tout que la date de la si­gna­ture ne fi­gu- rait pas sur le do­cu­ment. Ren­sei­gne­ment pris au­près de la Pré­fec­ture, la seule ab­sence de date de la si­gna­tu­re­si­gni­fieque la pro­cu­ra­tion n’est pas va­lable, qu’elle n’a au­cune va­leur et qu’elle n’au­rait donc pas dû être­pro­duite lors du con­seil mu­ni­ci­pal. Cette ano­ma­lie­me­tau­jour une pra­tique mieux ex­pli­quée par An­tho­ny Gi­raud, qui fut élu sur la liste du mai­rea­vant de s’en dis­so­cier : « Dès notre élec­tion, le chef de ca­bi­net de M. Lan­sade, Maxime Cel­lier, avait de­man­dé à tous les élus de si­gner des pro­cu­ra­tions en blanc, avec juste le­no­met la si­gna­ture. J’avais dit qu’il n’en était pas ques­tion mais beau­coup l’avaient fait ». Ou­trel’as­pect éthique, les consé­quences de cette pré­sen­ta­tionde pro­cu­ra­tions non va­lables peuvent être très im­por­tantes, àcom­men­cer­par l’an­nu­la­tion des votes et donc des dé­li­bé­ra­tions va­li­dées avec ce pro­cé­dé. On le sau­ra très vite puisque l’élu Pas­cal Cor­déaé­crit aus­si­tô­tauP­ré­fet pour lui de­man­der de se pen­cher sur ces ano­ma­lies.

(Re­pro DR)

C’est par ce do­cu­ment com­por­tant trois écri­tures dif­fé­rentes et sans date de si­gna­ture que le nou­veau conseiller mu­ni­ci­pal Gaë­tan Mul­ler a été re­pré­sen­té par le maire FN lors de la der­nière séance du con­seil mu­ni­ci­pal.

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