Nom­bril

Monaco-Matin - - Côte D’azur - de Thier­ry Prud­hon

Ce dont je vais m’aga­cer ici est bien dé­ri­soire au re­gard des sou­bre­sauts du monde. J’y vois néan­moins le signe d’un entre-soi pa­ri­sien qui, qua­rante ans bien­tôt après la dé­cen­tra­li­sa­tion, a dé­ci­dé­ment la vie dure. Voi­ci mon me­nu tra­cas. Il y a huit jours, au soir de la vic­toire de Nice sur Mo­na­co, re­gar­dant le jour­nal de  h sur France , je m’at­ten­dais, la page spor­tive ve­nue, à y dé­gus­ter le car­ton ni­çois. D’un point de vue pu­re­ment spor­tif s’en­tend, il s’agis­sait d’une in­fo non né­gli­geable. Mais non, on m’in­fli­gea les buts pa­ri­siens de la veille, qui avaient dé­jà sa­tu­ré les écrans  heures du­rant. Quelques mi­nutes plus tard, sur la même chaîne, sui­vait une mi­ni-émis­sion spor­tive. Cette fois, me dis-je, c’est la bonne. Mais non, rien, que dalle, na­da, ni les buts ni même le score du match. Le vide des mots cou­plé au néant des images. Un si­lence as­sour­dis­sant. Ni­çois « d’im­por­ta­tion », je n’ai ja­mais été un grand fan du M’en ba­ti sieu nis­sart. A cet ins­tant pour­tant, j’ai mieux com­pris pour­quoi cer­tains sont si en­clins à se sen­tir à part quand, vu de là-haut, la Côte se ré­duit à un ap­pen­dice à bron­zette. Nice ne pos­sède certes pas le mo­no­pole de ce dé­dain, du moins de ce dés­in­té­rêt ré­cur­rent pour la pro­vince. Ce pe­tit rien foot­bal­lis­tique, après tel­le­ment d’autres, le confirme ce­pen­dant : Pa­ris reste le nom­bril de notre beau pays.

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