Cy­ber-me­nace : la bonne pa­rade

Pi­ra­tages de don­nées, lo­gi­ciels-ran­çon­neurs, at­taques in­dus­trielles, ter­ro­risme... La cy­ber­cri­mi­na­li­té monte en puis­sance. A l’image des As­sises de la sé­cu­ri­té, qui réunissent près de 3 000 in­ter­ve­nants

Monaco-Matin - - La Une -

Les es As­sises de la sé­cu­ri­té se tiennent de­puis hier à Mo­na­co. L’oc­ca­sion de sen­si­bi­li­ser les Mo­né­gasques, par­ti­cu­liers et en­tre­prises, aux me­naces que fait pe­ser la cy­ber­cri­mi­na­li­té en pro­di­guant des conseils d’hygiène di­gi­tale.

Cha­cun de nous est une cible po­ten­tielle. » Par­ti­cu­liers, en­tre­prises ou Etats : la cy­ber­cri­mi­na­li­té est l’af­faire de tous. Voi­là l’ap­pel lan­cé de­puis Mo­na­co, hier, par Guillaume Pou­pard, di­rec­teur gé­né­ral de l’Agence na­tio­nale de la sé­cu­ri­té des sys­tèmes d’in­for­ma­tion (ANSSI). Une mise en garde face à cette forme de dé­lin­quance qui prouve quels ra­vages elle peut cau­ser : pi­ra­té, le groupe Saint-Gobain es­time ain­si son pré­ju­dice pour l’an­née 2017 à 250 mil­lions d’eu­ros ! Ce mer­cre­di, Guillaume Pou­pard inau­gu­rait au Gri­mal­di Fo­rum la 17e édi­tion des As­sises de la sé­cu­ri­té. Un ras­sem­ble­ment de­ve­nu, au fil du temps, le deuxième plus grand ren­dez-vous in­ter­na­tio­nal des ac­teurs de la cy­ber­sé­cu­ri­té. « Au dé­but, nous étions 144 ; à pré­sent, près de 3 000 ! » , s’ex­clame Gé­rard Rio, fondateur de ces as­sises, face à un am­phi­théâtre plein comme un oeuf. Un signe qui ne trompe pas : si ces as­sises ont gran­di, c’est bien parce que la cy­ber­cri­mi­na­li­té, elle aus­si, ne cesse de ga­gner du ter­rain.

L’at­taque mon­diale au ran­çon-lo­gi­ciel

Pi­ra­tage de don­nées in­for­ma­tiques, lo­gi­ciels-ran­çon, at­taques in­dus­trielles voire ter­ro­ristes... Voi­là le type de scé­na­rios fi­gu­rant au me­nu des échanges, jus­qu’à de­main, entre les ac­teurs de la cy­ber­sé­cu­ri­té. Avec un nom en­core dans tous les es­prits : Wan­naC­ry. Ce ran­som­ware (lo­gi­ciel de ran­çon) était le che­val de Troie de l’at­taque mon­diale de mai der­nier, qui a conta­mi­né plus de 300 000 or­di­na­teurs à tra­vers 150 pays. A chaque fois, une ran­çon était exi­gée pour ré­cu­pé­rer ses don­nées in­for­ma­tiques. Le cas Wan­naC­ry illustre bien cette me­nace pro­téi­forme. « Une me­nace gran­dis­sante, avec la­quelle il est fa­cile de se faire peur », es­time Guillaume Pou­pard. Sans ver­ser dans le scé­na­rio du pire, le di­rec­teur de l’ANSSI in­siste sur la né­ces­si­té de ré­gle­men­ter les nou­veaux usages, « afin d’an­ti­ci­per les at­taques et, ain­si, qu’il y ait moins de vic­times » .Une ré­gle­men­ta­tion qui passe par la co­opé­ra­tion fran­co-al­le­mande, et au-de­là, au ni­veau eu­ro­péen.

Un nou­veau site de mise en ré­seau

C’est pré­ci­sé­ment une di­rec­tive de l’Union que trans­pose la France ce mois-ci : NIS, pour Net­work and in­for­ma­tion se­cu­ri­ty (« sé­cu­ri­té des ré­seaux et des in­for­ma­tions »). Une avan­cée ma­jeure dans la lutte contre les cy­ber­cri­mi­nels. Elle im­pose aux Etats-membres d’iden­ti­fier et pro­té­ger les in­fra­struc­tures dites « cri­tiques ». En France, l’ANSSI en a re­cen­sé plus d’un millier. Voi­là à l’échelle des Etats. Quid des en­tre­prises et par­ti­cu­liers, alors ? A comp­ter du 17 oc­tobre, les vic­times d’at­taques pour­ront se re­por­ter sur une pla­te­forme na­tio­nale de mise en ré­seau, jus­qu’alors ex­pé­ri­men­tée dans les Hauts-de-France : cy­ber­mal­veillance.gouv.fr Avant d’en ar­ri­ver là, Guillaume Pou­pard en ap­pelle aux bonnes pra­tiques en ligne : mots de passe dis­tincts entre mes­sa­ge­ries et achats en ligne, an­ti­vi­rus, lo­gi­ciels mis à jour... De son cô­té, Serge Telle, mi­nistre d’État de Mo­na­co, rap­pelle « la né­ces­si­té de sen­si­bi­li­ser les uti­li­sa­teurs » à l’heure de cette « troi­sième ré­vo­lu­tion in­dus­trielle ».

Af­fluence, hier, au pre­mier jour des es As­sises de la sé­cu­ri­té. Près de   in­ter­ve­nants y échangent trois jours du­rant.

Newspapers in French

Newspapers from Monaco

© PressReader. All rights reserved.