Un Ni­çois à Mo­na­co sur un vé­lo bleu vo­lé :  mois avec sur­sis

Monaco-Matin - - Monaco - JEAN-MA­RIE FIO­RUC­CI

Cir­cu­ler en Prin­ci­pau­té avec un vé­lo bleu de la Mé­tro­pole Nice Côte d’Azur? Oui, pour­quoi pas. Mais ce­la se voit comme le nez au mi­lieu de la fi­gure. Il n’est donc pas éton­nant qu’une pa­trouille de sur­veillance de la Sû­re­té pu­blique ait eu en­vie de contrô­ler le cy­cliste qui, au de­meu­rant, avait un com­por­te­ment bi­zarre.

A h sur la voie ra­pide

D’ailleurs, l’in­ter­ro­ga­toire qui a sui­vi dans les lo­caux de la rue Suf­fren-Rey­mond per­met­tra d’en sa­voir beau­coup plus sur le genre d’in­di­vi­du qui te­nait le guidon ce 18 juillet der­nier, vers 0 h 40, à la sor­tie de la voie ra­pide. Ce Ni­çois de 26 ans, la­veur de voi­tures, vient de com­pa­raître de­vant le tri­bu­nal cor­rec­tion­nel de Mo­na­co pour re­cel de vol et ré­bel­lion sans arme. Il a éco­pé d’une peine de deux mois d’em­pri­son­ne­ment avec sur­sis. Quand le pré­sident Jé­rôme Fou­ge­ras-La­ver­gnolle in­ter­roge le pré­ve­nu, on sent que l’af­faire n’est pas La Ras­casse. très claire. « J’ai trou­vé ce vé­lo à la gare de Ri­quier, an­nonce-t-il dans un pre­mier temps. Je l’ai pris après avoir quit­té Mo­na­co, où je tra­vaille, pour re­joindre mon domicile ni­çois.

« Je consomme chaque fois que je fais la fête »

« Les fonc­tion­naires,

vous in­ter­pellent en pos­ses­sion de trois po­chons, soit , g de cocaïne. Aviez-vous be­soin de cette sub­stance et com­ment vous l’êtes-vous pro­cu­rée ? » « Je consomme de l’ex­trait de co­ca chaque fois que je fais Car à la fin de mon ser­vice, il n’y a plus de train pour al­ler jus­qu’à Nice.»

Coups de tête aux po­li­ciers

la fête de­puis l’âge de  ans. À Mo­na­co, c’était pour eu­pho­ri­ser la soi­rée. J’ai ache­té les sa­chets sur place pour  €. Je consomme très ra­re­ment et on peut dire que j’ai même ar­rê­té main­te­nant. »

« Mon­sieur es­saie de s’en sor­tir en lais­sant croire qu’il ar­rête de se dro­guer,

Or, il va jus­qu’à ré­cla­mer de la drogue au sein de l’éta­blis­se­ment. Il y a donc trouble de l’ordre pu­blic. Même s’il a re­con­nu les faits et qu’il as­sure avoir tout ar­rê­té, l’aver­tis­se­ment doit être so­len­nel : quinze jours d’em­pri­son­ne­ment as­sor­tis du sur­sis et  € d’amende. » Le ma­gis­trat, scep­tique, pour­suit : « Vous avez ré­sis­té aux agents et re­fu­sé de prendre l’as­cen­seur quand on vous a conduit à la Sû­re­té pu­blique. Vous vous êtes même dé­bat­tu quand on vous a pas­sé les me­nottes. Vous avez don­né des coups de têtes et re­pous­sé les po­li­ciers avec les bras. » L’in­té­res­sé ne nie pas les faits mais il les re­lie à une si­tua­tion hu­mi­liante. «Je me suis sen­ti mor­ti­fié, dé­con­cer­té. Quant au vé­lo, je l’ai res­ti­tué à la ville de Nice. » Outre une condam­na­tion à Aix-enP­ro­vence, le pro­cu­reur Alexia Brian­ti re­lè­ve­ra qu’après en­quête, «le vé­lo a été ar­ra­ché au dis­po­si­tif d’at­tache et le pré­ve­nu s’est dé­bar­ras­sé du pa­nier avant. On a éga­le­ment les té­moi­gnages des agents. Ils étaient plus de trois pour le maî­tri­ser tel­le­ment cet homme était violent. Il est d’ailleurs connu des ser­vices de po­lice fran­çais pour dé­té­rio­ra­tion, des­truc­tion et pour son iras­ci­bi­li­té. Dès lors, la peine doit être en rap­port avec la gra­vi­té de la mise en dan­ger des agents: dix à quinze jours de pri­son ferme. » Le tri­bu­nal mul­ti­plie­ra le quan­tum par quatre, mais avec le bé­né­fice du sur­sis.

(Pho­to Phi­lippe Bertini) (Pho­to Fran­çois Vi­gno­la)

Le vé­lo bleu a voya­gé de Nice à Mo­na­co. Son vo­leur a été condam­né...

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