Un nou­veau Bas­ta­reaud

Monaco-Matin - - Sports - PAUL MASSABO

Mé­ta­mor­pho­sé. Si c’est tou­jours le même joueur, Mathieu Bas­ta­reaud ne semble plus être le même homme. Le trois-quarts centre du RCT qui, bou­le­ver­sant, avait confié être « au bout du rou­leau », un soir de dé­faite au stade Jean-Bouin face à ses an­ciens par­te­naires du Stade Fran­çais, il y a trois ans, a re­trou­vé tout à la fois une pleine forme, un large sou­rire et un réel plai­sir.

On vous sent en pleine forme phy­si­que­ment et mo­ra­le­ment... C’est vrai que tout va bien. On dé­bute une aven­ture nou­velle. On se tire la bourre. On veut ga­gner des titres. On a connu des an­nées ex­cep­tion­nelles mais cha­cun a com­pris que tout ça était der­rière nous. On doit ré­écrire une histoire. On a tou­jours en­vie de tout ga­gner. On n’en est pas là. Ça fait deux ans qu’on va en fi­nale sans rien ga­gner. Le RCT a ac­quis l’ADN de la gagne. Peut-être qu’on n’a pas réus­si à le culti­ver. Si on n’est plus beau­coup à avoir vé­cu ces an­nées d’ex­cep­tion, le groupe re­cons­ti­tué veut faire mieux. Vous avez été nom­mé ca­pi­taine. Ça change quoi pour vous ? Hu­mai­ne­ment, ça me fait gran­dir, même si ça consomme beau­coup d’éner­gie. Avec l’âge (il vient d’avoir  ans), je sais prendre du re­cul. Et je fais aus­si at­ten­tion de ne pas me perdre. Je suis d’abord un joueur avant d’être ca­pi­taine. Il faut trou­ver le juste mi­lieu. Je ne parle que si je le juge né­ces­saire, d’au­tant que je peux m’em­por­ter. Je dois sa­voir res­ter me­su­ré. Et je n’ai pas toutes les res­pon­sa­bi­li­tés sur le dos. Vous êtes connu et re­con­nu. La po­pu­la­ri­té de « gros nou­nours » est-elle dif­fi­cile à vivre ? Gros nou­nours ? Je trouve ça plu­tôt mi­gnon. Quant à la ques­tion sur ma po­pu­la­ri­té, j’es­saie de ne pas y faire trop at­ten­tion. Ça fait dix ans que je suis pro, je suis une per­sonne pu­blique, il faut sa­voir l’ac­cep­ter et vivre avec. Même si j’aime bien la tran­quilli­té, les sel­fies ,les au­to­graphes, ça fait aus­si par­tie du job. Après je dis­so­cie très bien le cadre fa­mi­lial et pro­fes­sion­nel. Ce­la ne me concerne pas. Ce sont les af­faires entre le pré­sident de la FFR et le sé­lec­tion­neur. Ça fait deux ans que je ne suis plus ap­pe­lé. Alors je suis as­sez dé­ta­ché, même si ce n’est pas pour au­tant que je m’en fous. La tour­née, bien sûr que j’ai­me­rais la faire. Mais je ne re­ven­dique rien. Des choix vont être faits, je les ac­cep­te­rai. Le maillot de l’équipe de France, il se mé­rite. Point fi­nal.

Est-ce à dire que cette sai­son se­ra la bonne ? Ber­nard La­porte plaide pour votre re­tour en équipe de France... (Pho­to Pa­trick Blan­chard)

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