Mar­co Si­mone : le foot, l’ASM, Hen­ry et lui...

Monaco-Matin - - La Une -

pour­sui­vi cette idée. C’est re­pous­sé, pas seule­ment pour Mi­lan, mais pour l’In­ter, Naples, Rome, la Fio­ren­ti­na.

C’est bien qu’au Mi­lan, on fasse ap­pel aux an­ciens ?

Je crois que Mi­lan, comme tous les clubs, ont une his­toire écrite par des hommes. Et cer­tains joueurs ont tra­cé des lignes tel­le­ment pro­fondes, que c’est im­pen­sable qu’ils n’aient plus leur place. J’ai dit de­puis des an­nées que le Mi­lan sans Pao­lo Mal­di­ni, ce n’est pas le Mi­lan. Main­te­nant il est de re­tour. Ba­re­si n’est ja­mais sor­ti, c’est bien. Ils font res­sen­tir le par­fum de l’his­toire.

Un mot sur Gat­tu­so, qui a du mal, sur le banc ?

Gat­tu­so, c’est quel­qu’un que je connais très bien, au­tant comme joueur que comme ‘‘mis­ter’’. On a pas­sé en­semble nos di­plômes d’en­traî­neur. C’est tou­jours la lé­gende. C’est lui qui a pous­sé pour qu’on me donne l’équipe B. Je lui ai envoyé un mes­sage car il faut sou­li­gner qu’il est en train de faire un bon tra­vail. Mais quand tu perds un match comme le der­by (l’In­ter a bat­tu le Mi­lan - àlae) , tu es tout de suite mas­sa­cré...

On parle de vous, Mar­co, l’en­traî­neur. Si vous de­viez vous don­ner une ap­pré­cia­tion, pour votre par­cours de­puis six ans, ce se­rait ‘‘Bon’’, ‘‘Moyen’’ ou ‘‘Mau­vais’’ ?

(silence... puis il sou­rit) Pour ex­pli­quer mon par­cours, il faut ren­trer dans le conte­nu. Et pour ce­la, il va te fal­loir beau­coup de lignes à écrire !

Ce­la n’en­gage que nous, mais à Mo­na­co, il nous semble que vous ne mé­ri­tiez pas d’être re­mer­cié...

Comme tu dis, j’ai pris l’équipe qui était e de Ligue . Je crois pou­voir dire, le Mo­na­co le plus pauvre éco­no­mi­que­ment de l’his­toire (avant l’ar­ri­vée des Russes, Ndlr), avec  M€ de dettes et zé­ro eu­ros pour re­cru­ter. Après est ar­ri­vé M. Ry­bo­lov­lev, on a pu faire le mar­ché et on a eu des ré­sul­tats. Je res­pecte leur choix de ne pas m’avoir gar­dé en fin de sai­son, mais comme vous le dites, je pense avoir eu des ré­sul­tats.

Pour ré­su­mer Mar­co, vous êtes quand même res­té très peu dans chaque club, que ce soit Lau­sanne, Tours, La­val ou le Club Afri­cain (Tunisie). Vous avez fait de mau­vais choix ?

(ferme) Non. Pour ré­su­mer, j’ai été vi­ré une seule fois en pleine sai­son à La­val. Mo­na­co, c’était un choix des di­ri­geants que je res­pecte car après moi est ar­ri­vé un grand en­traî­neur (Ra­nie­ri, Ndlr). Tours, j’ai fi­ni la sai­son et c’est moi qui suis par­ti car c’était com­pli­qué avec le pré­sident Et­to­ri. A Lau­sanne, pa­reil. Et au Club Afri­cain, ils ne nous ont pas payé du­rant les cinq mois où on y était avec mon staff ! J’ai sai­si la Fi­fa pour qu’on me règle mes deux ans de contrat (. eu­ros, Ndlr). Je re­con­nais que c’était des contextes com­pli­qués à chaque fois. Mais quand tu prends une équipe avant-der­nière, on ne peut pas te de­man­der de ga­gner le cham­pion­nat !

Ça vaut pour Thier­ry Hen­ry.

Oui, s’il fi­nit e ou e, je pense que ce se­ra dé­jà très bien. Je crois qu’il a la connais­sance et les ca­pa­ci­tés pour réus­sir. Pas l’ha­bi­tude d’être en pre­mière ligne et c’est mon seul doute, mais il a les ca­pa­ci­tés de trans­mettre ses idées.

Vous avez été joueur et en­traî­neur : quel im­pact a l’en­traî­neur sur le match ?

Beau­coup. Fon­da­men­tal. Sur cer­tains joueurs, tu vas avoir % d’in­fluence, sur d’autres à peine %... Ça dé­pend des qua­li­tés de cha­cun, à cer­tains joueurs, tu n’as pas be­soin de dire beau­coup de choses. Be­ni­tez a été dé­ga­gé du Real Ma­drid parce qu’il di­sait à Ro­nal­do comment ti­rer les coup­francs... Donc, voi­là.

En­traî­ner ça s’ap­prend, ou ça vient na­tu­rel­le­ment quand on est joueur ?

Les deux. On passe les di­plômes bien sûr, mais il y a une qua­li­té que tu dois avoir, qui n’a rien à voir avec les di­plômes, c’est la cré­di­bi­li­té. C’est de là que dé­coulent tes rap­ports avec les joueurs. Au­jourd’hui, n’im­porte qui est ca­pable de jouer à trois, à quatre, les sy­tèmes de jeu on les connaît tous, les contre-sys­tèmes aus­si. C’est quoi la dif­fé­rence ? C’est la cré­di­bi­li­té que tu as, la confiance que tu donnes. Tout l’as­pect psy­cho­lo­gique, chose qui mal­heu­reu­se­ment, quand tu passes les di­plômes, n’est pas en­sei­gnée. Dom­mage !

Vous avez joué à Nice aus­si : un mot sur Ba­lo­tel­li ?

Beau­coup de qua­li­tés, grand ta­lent. Je ne peux pas dire for­cé­ment grand joueur, car un grand joueur doit avoir une qua­li­té fon­da­men­tale, la conti­nui­té.

La France, cham­pionne du monde, vous avez ai­mé ?

Di­sons que je n’ai pas for­cé­ment ap­pré­cié le jeu, mais j’ai ai­mé l’équipe et le choix des joueurs qu’il y avait dans l’équipe. L’équipe de France, c’était la plus forte au ni­veau in­di­vi­duel. Une équipe plus forte que le Bré­sil, que l’Ar­gen­tine.

Mbap­pé, c’est le meilleur ?

Mbap­pé, il mé­rite le Bal­lon d’Or sans pro­blème !

Un clin d’oeil pour fi­nir, la marque du gel pour les che­veux, c’est quoi ?

(il ri­gole) Je peux pas. Je ne peux pas parce que c’est moi qui dois le payer !

Et comment faites-vous pour don­ner cet as­pect, on va dire sa­vam­ment de­struc­tu­ré ?

Ah, ça, c’est de l’art ! Vous ne pou­vez pas de­man­der au sculp­teur Fon­ta­na comment lui ve­nait son ins­pi­ra­tion. Une chose est sûre, c’est ja­mais pa­reil !

‘‘ Quand tu prends une équipe avant-der­nière, on ne peut pas te de­mande de ga­gner le cham­pion­nat ! ’’ ‘‘ Sur cer­tains joueurs, l’en­traî­neur va avoir % d’in­fluence, sur d’autres, à peine % ... ”

(*) Les ré­serves des équipes de Se­rie A évo­luent dans un cham­pion­nat ré­ser­vé aux - 21 ans (Pri­ma­ve­ra). L’idée est de créer de vé­ri­tables équipes B, qui per­met­traient aux jeunes de se confron­ter à da­van­tage d’ad­ver­si­té.

Newspapers in French

Newspapers from Monaco

© PressReader. All rights reserved.