À Ro­que­brune, du ja­mais vu en « cin­quante ans »

La tem­pête Adrian a char­rié d’im­por­tantes quan­ti­tés de ga­lets sur l’ave­nue Ro­bert-Schu­mann, en bord de mer. Des scènes très sur­pre­nantes pour les ri­ve­rains de ce quar­tier sur­tout ré­si­den­tiel

Monaco-Matin - - De Monaco À Menton -

L’ave­nue Ro­bert-Schu­mann de Ro­que­bru­neCap-Mar­tin a chan­gé de vi­sage. Un ta­pis de ga­lets re­couvre la route du bord de mer. Ici, la tem­pête Adrian a char­rié des di­zaines et des di­zaines de pe­tits ro­chers jus­qu’au bi­tume. Un peu avant mi­di, hier, Va­lé­rie Riou, la gérante du Pa­ra­dis de la Glace, contemple l’ar­tère cou­verte de pierres qui sé­pare son com­merce de la plage. Pour elle, au­cun dé­gât à dé­plo­rer, « par chance ». Mais la scène sur­prend beau­coup. « On a tou­jours vu quelques pe­tits ga­lets, dit-elle. Mais ja­mais comme ça. Les gens n’en re­viennent pas ».

« C’est vrai­ment al­lé cres­cen­do »

Un in­di­ca­teur ne trompe pas : contre le grillage qui sé­pare la plage du trot­toir, les pierres s’en­tassent sur une bonne tren­taine de cen­ti­mètres de haut. De l’autre cô­té, le bord de mer est mé­con­nais­sable. Les ga­lets re­couvrent une bonne par­tie d’une douche, dont seule la par­tie haute dé­passe. Et comme ailleurs, l’eau a en­glou­ti une bonne par­tie de la plage. Dans la nuit de lun­di à mar­di, elle a même tra­ver­sé les deux-voies de la route dé­par­te­men­tale. « C’est la pre­mière fois en cin­quante ans que les vagues ar­rivent jus­qu’à notre trot­toir », cer­ti­fie Mi­reille, la concierge de la ré­si­dence Eden. Elle se tient au pied du grand im­meuble po­sé face à la mer, et dis­cute avec Sé­ve­rine, une autre ri­ve­raine. Toutes deux re­tracent la soi­rée du coup de mer, dans la nuit de lun­di à mar­di. «À 21 heures, ça a com­men­cé à ta­per fort » ,dé­marre Mi­reille. Sé­ve­rine com­plète : « Plus c’est ve­nu, plus ça mon­tait. C’est vrai­ment al­lé cres­cen­do ». Jus­qu’à ra­va­ger la ter­rasse de l’un des éta­blis­se­ments du quar­tier. De la ter­rasse du res­tau­rant Co­co­dy Sun, il ne reste qu’un amas de planches bleues qui s’en­che­vêtre sur la plage. À cô­té, la mer vient tou­jours se fra­cas­ser contre le ri­vage. « Fab’ » s’ap­prête à al­ler à l’eau. Il compte bien sor­tir sa planche de paddle surf, et pa­gayer de­bout, au mi­lieu des vagues. Plu­sieurs glis­seurs l’ont dé­jà imi­té, et évo­luent au mi­lieu des creux de peut-être un mètre cin­quante, au ju­gé. Ha­bi­tant du quar­tier, vi­si­ble­ment bon connais­seur des élé­ments et de la mer, il jauge l’in­ten­si­té du phé­no­mène mé­téo. Se­lon lui, la tem­pête se classe dans la «four­chette haute » de ces évé­ne­ments. Il contemple la mer der­rière ses lu­nettes de so­leil, et conclut : « Il faut se mé­fier, la Mé­di­ter­ra­née est traître ».

Les agents du Con­seil dé­par­te­men­tal à pied d’oeuvre, hier, pour dé­blayer la route, ren­due à la cir­cu­la­tion dans la jour­née.

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