Nou­velles guerres, nou­velles di­plo­ma­ties

La Nouvelle Tribune - - Au fil de la semaine - Atef Taieb

La nou­velle re­con­fi­gu­ra­tion géo­po­li­tique a gé­né­ré de nou­velles formes de guerre. Pou­vons-nous par­ler de nou­velles di­plo­ma­ties pa­ral­lè­le­ment aux nou­veaux conflits ?

Les vraies guerres entre États n’existent plus. Il n’existe que des conflits ar­més dans des coins pré­cis de la pla­nète. Une dé­crue nette de la vio­lence au monde par le pas­sage du nombre de conflits de 52 en 1990 à 32 en 2014.

Les services se­crets (CIA, FSB (ex-KGB) ou autres), jouis­sant d’un ar­se­nal in­dé­niable de moyens ma­té­riels et fi­nan­ciers, com­man­ditent au long de l’his­toire des guerres dE l’ombre. L’espionnage éco­no­mique, via les nou­veaux champs de ba­taille ma­té­ria­li­sés dans l’In­ter­net, est une forme de guerres éco­no­miques pures. Lors­qu’un État se bat contre un groupe d’hommes avec moyens dis­pro­por­tion­nés, lors­qu’on as­siste à la dé­faite des vain­queurs, il s’agit de guerres asy­mé­triques. Le cas du ter­ro­risme en est l’exemple le plus par­lant. Dif­fi­cile à mai­tri­ser, ces guerres né­ces­si­te­ront plus de stra­té­gies. L’his­toire contem­po­raine a connu des guerres par per­sonnes, grou­pe­ments ou États in­ter­po­sées. Le cas de la guerre en Li­bye que les États-Unis ont sous-trai­tée à la France et la Grande Bre­tagne. Les an­nales de la guerre se rap­pel­le­ront aus­si du cas de la Rus­sie en Sy­rie.

Des in­té­rêts éco­no­miques gou­vernent le monde. On cherche à sé­cu­ri­ser les ap­pro­vi­sion­ne­ments en Pé­trole au Moyen Orient. Les USA ré­duisent leur rôle au MoyenO­rient au pro­fit du Pa­ci­fique pour mai­tri­ser la Chine. La Tur­quie, l’Ara­bie Saou­dite et l’Iran dé­fendent un lea­der­ship à base re­li­gieux. Le conflit is­raé­lo-pa­les­ti­nien est aux abon­nés ab­sents faute de vrais lea­ders dé­si­rant la paix. Ob­te­nir des in­té­rêts par les armes dans une guerre et en évi­ter par la di­plo­ma­tie. Cette der­nière reste le pen­dant des pro­blèmes guer­riers. Pen­dant long­temps, l’am­bas­sa­deur ain­si que les services di­plo­ma­tiques ont in­car­né in­carnent le seul ac­teur de la di­plo­ma­tie de l’État. Mais de nou­velles formes d’échanges di­rects entre chefs d’état et mi­nistres ont vu le jour.

Les Sué­dois ont été les pre­miers, via un nombre im­por­tant de mul­ti­na­tio­nales, à adop­ter une di­plo­ma­tie de proxi­mi­té qui se fo­ca­li­sait plus sur les in­té­rêts éco­no­miques re­cher­chés. Pour ce faire, le lob­bying a sup­plan­té et com­plé­té l’ac­tion di­plo­ma­tique clas­sique. La di­plo­ma­tie, comme le­vier de l’économie, a fa­ci­li­té et dé­fen­du les in­ves­tis­se­ments di­rects, des in­ves­tis­se­ments croi­sés, ou les in­té­rêts entre États.

Les ré­seaux so­ciaux, ou­til de re­grou­pe­ment ra­pide et spon­ta­né, per­mettent, à l’image au­tre­fois du mi­cro­phone, d’am­pli­fier le mes­sage et de don­ner des voix à ceux qui ne l’avaient pas.

Pour le cas du Ma­roc, la di­plo­ma­tie, quoi­qu’elle as­sure une belle cou­ver­ture mon­diale, reste par­fois ju­vé­nile, par­fois peu ré­ac­tive, et sans lob­bying per­ma­nent. Elle manque d’up to date et peut souf­frir, dans cer­tains cas, d’un ex­cès de confiance.

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