En­tre­tien avec M. Bou­lak­na­dal, DG de l’Of­fice des Changes

La Nouvelle Tribune - - Finances -

La Nou­velle Tri­bune : La ré­forme de la flexi­bi­li­té des changes a été mise en oeuvre avec fa­ci­li­té, le di­rham côte chaque jour sur les pla­te­formes des salles de mar­ché comme si ce­la avait été tou­jours le cas, se­lon vous qu’est ce qui a ren­du pos­sible une telle flui­di­té ?

Le com­por­te­ment post ré­forme du di­rham face aux prin­ci­pales de­vises de nos échanges com­mer­ciaux vient confor­ter le dis­cours que les au­to­ri­tés n’ont ces­sé de vé­hi­cu­ler quant à la per­ti­nence du ti­ming de la ré­forme et quant à so­li­di­té des pré­re­quis pour réus­sir cette étape. Pour rap­pel, les trois pi­liers fon­da­men­taux qui per­mettent d’al­ler vers une flexi­bi­li­té de la mon­naie na­tio­nale ont été au ren­dez-vous, à sa­voir, la ré­si­lience du sys­tème ban­caire et son bon ni­veau de so­phis­ti­ca­tion qui per­mettent de faire face aux be­soins les plus com­plexes des opé­ra­teurs éco­no­miques, une ré­gle­men­ta­tion de changes flexible qui per­met d’adop­ter ra­pi­de­ment les textes ré­gle­men­taires né­ces­saires, et en­fin, un ni­veau de ré­serves de changes suf­fi­sam­ment confor­table, ce qui per­met d’ab­sor­ber les chocs nés de la di­ver­si­té des an­ti­ci­pa­tions des ac­teurs.

Sur un autre vo­let, des com­pagnes de sen­si­bi­li­sa­tion et de for­ma­tion ont été ef­fec­tuées par les équipes du mi­nis­tère des fi­nances, de Bank Aal-Ma­grib et de l’Of­fice des Changes pour mieux préparer les in­ter­ve­nants dans le mar­ché des changes a cette ré­forme stra­té­gique.

Ain­si, plu­sieurs réunions de sen­si­bi­li­sa­tion ont été te­nues avec le GPBM, la CGEM, les fé­dé­ra­tions pro­fes­sion­nelles, les en­tre­prises pu­bliques, les at­ta­chés com­mer­ciaux des am­bas­sades étran­gères, les mé­dias, l’ordre des ex­perts comp­tables, l’or­ga­ni­sa­tion des comp­tables agréés, les chambres de com­merce et d’in­dus­trie étran­gères, etc… L’ob­jec­tif fi­nal était d’as­so­cier tous les in­ter­ve­nants dans le mar­ché des changes afin d’in­sis­ter d’une part, sur l’im­por­tance de la ré­forme et ses ef­fets po­si­tifs sur l’éco­no­mie na­tio­nale et d’autre part, mon­trer qu’il s’agit d’une ré­forme sou­ve­raine, bien pré­pa­rée et sur­tout pro­gres­sive.

En­fin, il faut no­ter que le choix de la date de lan­ce­ment de la ré­forme n’était pas for­tuit, mais le ré­sul­tat d’un pro­ces­sus de ré­flexion, d’études, d’ana­lyses , de concer­ta­tions qui a conduit à conclure que le Ma­roc rem­plis­sait les pré­re­quis né­ces­saires pour la ré­forme de son ré­gime de change à sa­voir : dé­fi­cit bud­gé­taire mai­tri­sable, taux in­fla­tion mai­tri­sable, po­li­tique mo­né­taire ef­fi­cace, sys­tème fi­nan­cier et ban­caire so­lide, ni­veau de ré­serves de change suf­fi­sant, dé­fi­cit du compte cou­rant mai­tri­sable etc….

Toutes ces condi­tions et sur­tout l’im­pli­ca­tion de tous les in­ter­ve­nants ont per­mis un pas­sage fa­cile et souple et dans de bonnes condi­tions

Tech­ni­que­ment Bank Al-Magh­rib de­vait in­ter­ve­nir pour ar­ron­dir les angles en four­nis­sant des de­vises au be­soin et en en as­pi­rant dans le cas contraire, dans quelle me­sure est-ce que sa ré­serve de de­vises fluc­tue-t-elle avec le prix du di­rham?

Le point no­dal de la ré­forme re­la­tive à la flexi­bi­li­té du di­rham ré­side dans le chan­ge­ment dans le fonc­tion­ne­ment du mar­ché des changes. Con­crè­te­ment, le socle de la ré­forme est de per­mettre aux in­ter­ve­nants sur le mar­ché des changes de jouer le jeu. C’est-à-dire les achats et les ventes de de­vises s’ef­fec­tue­ront sur le mar­ché des changes entre les dif­fé­rentes banques de la place (salles de mar­chés). La banque cen­trale n’in­ter­vient plus comme au­pa­ra­vant en ré­pon­dant aux be­soins des banques, ex­pri­més en vo­lumes. Dé­sor­mais, les banques doivent aus­si s’ex­pri­mer en termes de prix lors des phases d’ad­ju­di­ca­tion or­ga­ni­sées par la banque cen­trale. De­puis le 15 jan­vier 2018, nous ob­ser­vons un com­por­tant nor­mal du di­rham face aux prin­ci­pales de­vises et ce pour deux rai­sons : La pre­mière est re­la­tive au ni­veau de li­qui­di­té des banques en billets de mon­naies étran­gères, ce qui a li­mi­té le re­cours de ces der­nières à la banque cen­trale. La deuxième est re­la­tive au bon com­por­te­ment des in­di­ca­teurs du com­merce ex­té­rieur qui ont en­re­gis­tré des pro­gres­sions po­si­tives qua­si gé­né­ra­li­sées.

Quel est le com­por­te­ment du di­rham par rap­port aux deux de­vises du pa­nier de ré­fé­rence, le dol­lar et l’eu­ro ? Quels sont les ni­veaux de va­ria­tion du di­rham par rap­port à ces deux mon­naies que l’on peut consi­dé­rer comme avoir été consom­més ?

Après une lé­gère hausse de 0,6% de­puis le dé­but de la ré­forme du ré­gime de change du 15 jan­vier 2018, le cours de change vi­re­ment moyen de l’EU­RO par

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