L’as­su­rance en Afrique, s’adap­ter pour se dé­ve­lop­per

La Nouvelle Tribune - - Finances - Se­lim Be­nab­del­kha­lek

L’Afrique, no­tam­ment sub­sa­ha­rienne, est au coeur des in­té­rêts des dé­ci­deurs de nombre de sec­teurs d’ac­ti­vi­té, son po­ten­tiel de dé­ve­lop­pe­ment et ses be­soins, no­tam­ment en in­fra­struc­tures, pré­sen­tant de très fortes op­por­tu­ni­tés de crois­sance. Le sec­teur de l’as­su­rance ne fait pas ex­cep­tion à cette règle, car sa très faible pé­né­tra­tion ac­tuelle est sy­no­nyme de nou­veaux mar­chés à conqué­rir pour les com­pa­gnies, no­tam­ment celles ma­ro­caines, qui am­bi­tionne de ti­rer pro­fit de la po­li­tique de rap­pro­che­ment avec le reste du conti­nent ini­tiée par le Roi Mo­ham­med VI, pour tou­cher une clien­tèle jus­que­là lar­ge­ment igno­rée par les grands groupes mon­diaux.

A chaque mar­ché ses par­ti­cu­la­ri­tés

Les ex­perts de tous les sec­teurs éco­no­miques le ré­pètent, il ne faut pas es­sayer de co­pier les mo­dèles des pays dé­ve­lop­pés, no­tam­ment eu­ro­péens, et es­pé­rer les re­pro­duire tels quels sur le mar­ché afri­cain. S’adap­ter au contexte de chaque mar­ché est es­sen­tiel à la réus­site d’un in­ves­tis­se­ment, quel qu’il soit. Cette adap­ta­tion est d’au­tant plus im­por­tante dans un mar­ché en pleine mu­ta­tion grâce au di­gi­tal, et si les ac­teurs ac­tuels n’ar­rivent pas à mettre à pro­fit cette nou­velle donne, ils sont ap­pe­lés à être rem­pla­cés par de nou­veaux ar­ri­vants au cours des an­nées à ve­nir. “Si nous conti­nuons à faire de l’as­su­rance sans chan­ger, dans dix ans nous n’exis­te­rons plus”, a ain­si ex­pli­qué M. Ba­chir Bad­dou, Di­rec­teur Gé­né­ral de la FMSAR, à l’oc­ca­sion d’un pa­nel du 5ème Ren­dez-vous de Ca­sa­blan­ca de l’As­su­rance, in­ti­tu­lé “L’Afrique, un fort po­ten­tiel pour l’in­no­va­tion ?”.

Par­mi les in­ter­ve­nants de ce pa­nel, l’exemple de Ra­nia Bel­ka­hia, CEO d’Afri­mar­ket, est par­ti­cu­liè­re­ment re­pré­sen­ta­tif de cette pro­blé­ma­tique. Si le concept de vente en ligne est loin d’être ori­gi­nal, cette en­tre­pre­neuse fran­co-ma­ro­caine a réus­si là où beau­coup d’autres ont échoué, parce qu’elle a su adap­ter sa so­cié­té aux be­soins ex­pri­més par les po­pu­la­tions lo­cales, que ce soit au ni­veau du choix des pro­duits que de la ta­ri­fi­ca­tion. M. Bru­no Gi­noux De­fer­mon, Di­rec­teur Tech­no­centre Pays chez Orange Middle East & Afri­ca, ap­puie cette idée, ex­pli­quant par exemple que le choix de l’opé­ra­teur de mettre en avant le pré­payé est is­su des be­soins ex­pri­més par la clien­tèle de ces pays, et que les ta­rifs pra­ti­qués sont en phase avec les moyens de cette clien­tèle, donc net­te­ment in­fé­rieurs à ceux pra­ti­qués en France.

Le di­gi­tal au coeur du dé­ve­lop­pe­ment afri­cain

Se­lon Mme Sa­loua Kar­kriBel­ke­ziz, Pré­si­dente de l’APEBI, la contribution d’in­ter­net au PIB afri­cain, si elle était de 18 mil­liards de dol­lars en 2013, pour­rait at­teindre 300 mil­liards en 2025. Ce­la per­met­trait au PIB du conti­nent de gagner entre 8 et 10% de crois­sance ! De plus, la tran­si­tion dé­mo­gra­phique que vit le conti­nent est très pro­met­teuse pour le dé­ve­lop­pe­ment de ce sec­teur. Le conti­nent re­pré­sen­te­ra 40% de la crois­sance de la po­pu­la­tion mon­diale d’ici une ving­taine d’an­nées, ce qui si­gni­fie qu’une grande par­tie des Afri­cains se­ront jeunes, donc qu’ils pour­ront mieux s’adap­ter et ti­rer pro­fit de l’es­sor des nou­velles tech­no­lo­gies. Comme ces der­nières sont ap­pe­lées à bou­le­ver­ser le mar­ché de l’as­su­rance (voir ar­ticle sur la blo­ck­chain), elles de­vront être mises à pro­fit pour tou­cher une nou­velle clien­tèle, sou­vent iso­lée et dis­po­sant de peu de moyens, à tra­vers des so­lu­tions peu oné­reuse, ra­pides à mettre en place, et of­frant la ré­ac­ti­vi­té cor­res­pon­dant à ses at­tentes et be­soins. Le di­gi­tal fait fi­gure de solution in­con­tour­nable pour ré­soudre cette équa­tion.

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