As­sa-Zag acueille la 6ème étape de la Ca­ra­vane Agri­cole Phos­bou­craa 2018

La Nouvelle Tribune - - Au fil de la semaine - Has­san Zaa­tit

Aquelque 100 km de Guel­mim, Bab As­sah­ra, dans la di­rec­tion de Ta­ta, se trouve la pro­vince d’As­sa, une zone ma­jo­ri­tai­re­ment ru­rale de la ré­gion Guel­mimOued Noun. As­sa est connue pour sa my­thique Ksar de pierres sombres sur­plom­bant la pal­me­raie, fon­dée au XIIIème siècle par Si­di Yaz­za Ou Id­ha. Cette pro­vince com­prend éga­le­ment la grande sta­tion de re­cherche pré­sa­ha­rienne d’Aoui­net-Tor­koz, fon­dée par Jean-Ber­trand Pa­nouse. On y trouve aus­si le Mous­sem de la Zaouia d’As­sa, avec ses 366 ma­ra­bouts der­rière le Ksar, qui marque la par­tie sou­fie de la ré­gion. Si­tué à 80km d’As­sa, Zag est un pe­tit pa­te­lin ty­pique du Sa­ha­ra ma­ro­cain avec un cli­mat dé­ser­tique et aride, qui a connu dans ses en­vi­rons, la dé­cou­verte en 2000 d’une mé­téo­rite.

As­sa-Zag, comme on l’ap­pelle, est aus­si connue pour être le fief de l’éle­vage ca­me­lin. 70% des po­pu­la­tions lo­cales vivent de ce sec­teur, qui re­pré­sente ef­fec­ti­ve­ment leur source prin­ci­pale de re­ve­nus. Ici et comme dans toutes les zones sa­ha­riennes et pré­sa­ha­riennes, le dro­ma­daire consti­tue une par­tie in­té­grante de la vie des Sah­raouis. Sans le cha­meau, la vie ici n’a au­cun sens. Et dans l’en­semble, il s’agit là et pour toutes les ré­gions du Sud ma­ro­cain, d’une com­po­sante fon­da­men­tale du patrimoine cultu­rel et so­cio-éco­no­mique.

A As­sa-Zag, comme dans toutes les ré­gions voi­sines, les pro­duc­tions ti­rées du dro­ma­daire sont très va­riées : lait, viande, laine ou ani­mal de bât. Les races exis­tantes au Ma­roc, qua­li­fiées de type « Sah­raoui », sont la race « Guerz­ni » de pe­tite taille et de faible pro­duc­tion lai­tière, la race « Mar­mou­ri » de taille moyenne avec une bonne pro­duc­tion lai­tière, et la race « Khoua­ri ».

Jeu­di 5 avril, la Ca­ra­vane Agri­cole Phos­bou­craa a fait es­cale, pour sa sixième étape, à As­sa-Zag. Ob­jec­tif : ac­com­pa­gner 350 pe­tits éle­veurs et agri­cul­teurs de la pro­vince d’As­sa-Zag et de la ré­gion Guel­mim Oued-Noun, et les sen­si­bi­li­ser et les for­mer aux meilleures pra­tiques en ma­tière d’éle­vage, d’ali­men­ta­tion et de san­té ca­me­line, ain­si que de va­lo­ri­sa­tion des pro­duits is­sus de cette fi­lière.

Cô­té nou­veau­tés pour cette 6ème étape, le programme a été étof­fé par l’or­ga­ni­sa­tion de mas­ter­classes les 3 et 4 avril, au pro­fit de 60 éle­veurs sur des thèmes en re­la­tion avec l’amé­lio­ra­tion de la pro­duc­ti­vi­té, et la va­lo­ri­sa­tion des pro­duits comme moyen d’aug­men­ter les re­ve­nus des pro­duc­teurs. Ces ses­sions de for­ma­tion spé­ci­fiques ont été ani­mées par des ex­perts ma­ro­cains, mais aus­si des spé­cia­listes étran­gers pré­sen­tant l’ex­pé­rience de leurs pays res­pec­tifs en ma­tière de dé­ve­lop­pe­ment de la chaîne de va­leur ca­me­line.

Aus­si, cette étape est mar­quée par l’or­ga­ni­sa­tion d’un concours de sé­lec­tion de dro­ma­daires per­for­mants, avec des prix al­loués aux meilleurs « re­pro­duc­teurs », « cha­melles lai­tières », « cha­me­lons » et « trou­peaux ». Par la même oc­ca­sion, les éle­veurs ont eu l’op­por­tu­ni­té d’ap­pro­fon­dir leurs connais­sances sur la « Cam­pagne San­té Ca­me­line », ac­tuel­le­ment me­née par la Fon­da­tion Phos­bou­craa, l’ONSSA et les As­so­cia­tions des Ele­veurs de Dro­ma­daire, au ni­veau de la ré­gion Guel­mimOued Noun. Pour rap­pel, la « Ca­ra­vane Agri­cole Phos­bou­craa » est une manifestation axée sur l’ac­com­pa­gne­ment, la sen­si­bi­li­sa­tion et la for­ma­tion des pe­tits éle­veurs-agri­cul­teurs de l’éle­vage ca­me­lin dans les Ré­gions du Sud du Ma­roc. Cette ac­tion de proxi­mi­té met l’ac­cent sur le sec­teur de l’éle­vage ca­me­lin avec les vo­lets en in­sis­tant sur la conduite des éle­vages, l’ali­men­ta­tion, la san­té ani­male, et la va­lo­ri­sa­tion des pro­duits is­sus de la fi­lière ca­me­line. De­puis le lan­ce­ment de la « Ca­ra­vane Agri­cole Phos­bou­craa » en 2015, cet évè­ne­ment a per­mis d’ac­com­pa­gner plus de 1.666 éle­veurs lors des 5 étapes de la Ca­ra­vane, in­cluant Laâyoune, Da­kh­la, Guel­mim, Es Sma­ra et Bir­gan­douz.

Mais au­près des éle­veurs et des Sah­raouis, le cha­meau est plus qu’un ani­mal. C’est une culture. Car, contrai­re­ment à beau­coup d’ani­maux, le dro­ma­daire se dis­tingue par une na­ture sen­sible, mal­gré son ga­ba­rit… Et son éle­vage né­ces­site avant tout émo­tion et amour, dit-on dans le dé­sert. D’ailleurs et de­puis des lustres, l’ani­mal a tou­jours été le fi­dèle com­pa­gnon de l’homme et son ser­vi­teur tout ter­rain dans les condi­tions cli­ma­tiques les plus dures.

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