ARAVCS, les agences de voyages op­ti­mistes

La Nouvelle Tribune - - Au fil de la semaine - Imane JIR­RA­RI

L’As­so­cia­tion ré­gio­nale des agences de voyages de Ca­sa­blan­ca-Set­tat (ARAVCS) a or­ga­ni­sé, mer­cre­di 6 juin, un point de presse pour dé­voi­ler les ré­sul­tats de son ba­ro­mètre de conjonc­ture de la pro­fes­sion, au titre du 1er se­mestre 2018. Une ving­taine d’agences ba­sées dans la ré­gion ont ré­pon­du au ques­tion­naire, qui per­met de son­der l’ac­ti­vi­té tou­ris­tique. En dé­but de confé­rence, M. Oth­man Che­rif Ala­mi, pré­sident de l’ARAVCS, a an­non­cé que « le man­dat du bu­reau de l’as­so­cia­tion et du pré­sident pren­dra fin juin 2018. Il y au­ra une as­sem­blée gé­né­rale élec­tive qui est dé­jà ar­rê­té par notre con­seil d’ad­mi­nis­tra­tion pour sep­tembre pro­chain afin d’élire les membres du CA, ain­si que son pré­sident».

Une concur­rence dure dans le sec­teur

70% de l’échan­tillon af­firment l’exis­tence d’une concur­rence dure, tan­dis que 30% la voient moyenne, a in­di­qué le pa­tron de l’ARAVCS.

«Cette concur­rence dure trouve rai­son dans la force des pla­te­formes étran­gères qui, au lieu de pro­mou­voir le Ma­roc au­près de la clien­tèle eu­ro­péenne (800 mil­lions de consom­ma­teurs), ont at­ta­qué la clien­tèle ma­ro­caine avec une stra­té­gie lourde qui nous a mis en pé­ril», a ex­pli­qué M. Ala­mi.

«Quand une pla­te­forme sort ses prix en di­rhams, je crois que c’est pour les Ma­ro­cains. Quand une pla­te­forme ac­cepte n’im­porte quelle carte de cré­dit comme ga­ran­tie, je pense que c’est pour fa­ci­li­ter la com­mer­cia­li­sa­tion. Quand une pla­te­forme a plus de 2500 in­gé­nieurs, dont au moins une cin­quan­taine des­ti­née uni­que­ment à des pays comme le Ma­roc et ceux de l’Afrique, on ne peut que s’at­tendre à une concur­rence dure».

Cette concur­rence n’a pas en­tra­vé l’évo­lu­tion de leur chiffre d’af­faires du­rant les trois der­nières an­nées (20162017-2018) : 60% des agences de voyages ques­tion­nées re­con­naissent la crois­sance de leur CA, tan­dis que 30% d’entre elles le jugent stable et seule­ment 10% le voient en ré­gres­sion.

Pour ce qui est des pré­vi­sions pour les trois pro­chaines an­nées, l’op­ti­misme est lar­ge­ment pré­sent. 60% des agences pré­voient une crois­sance, tan­dis que 37% es­timent une sta­bi­li­té, et 13% une di­mi­nu­tion.

S’agis­sant du seg­ment des plaintes, le res­pon­sable a mis l’ac­cent sur l’ab­sence de ré­ponse de la part des mi­nis­tères du Tou­risme et de la Jus­tice, et aux plaintes et écrits dé­po­sés au tri­bu­nal en vue d’une so­lu­tion. «Nous avons es­ti­mé à plus de 350 MDH chaque an­née le vo­lume d’af­faires qui nous a échap­pé. C’est quand même grave !», s’est em­por­té le pré­sident.

Tou­risme ma­ro­cain : quatre seg­ments phare

Se­lon M. Che­rif Ala­mi, les agences de voyage de Ca­sa­blan­ca-Set­tat se par­tagent en 4 seg­ments. Le pre­mier est ce­lui des DMC (Des­ti­na­tion ma­na­ge­ment com­pa­ny) ou agences ré­cep­tives qui sou­tiennent la des­ti­na­tion tou­ris­tique ma­ro­caine avec des vi­sites per­ma­nentes, le dé­ploie­ment de di­rec­teurs com­mer­ciaux ex­perts, et des agences fortes ayant une tren­taine d’an­nées d’ex­pé­rience et d’ex­per­tise.

Les agences de tou­risme de Ca­sa­blan­ca in­ves­tissent gros afin d’of­frir à tra­vers leurs pla­te­formes B2B la to­ta­li­té des ac­ti­vi­tés tou­ris­tiques du royaume.

Le deuxième seg­ment concerne le mar­ché des MICE (Mee­tings in­cen­tives congress events). Se­lon l’étude, les agences de voyage de Ca­sa­blan­ca ont réa­li­sé de bonnes opé­ra­tions dans la co­or­di­na­tion, l’or­ga­ni­sa­tion et le co-pi­lo­tage, no­tam­ment avec la Cop22.

«De plus en plus de team buil­ding font le dé­part de Ca­sa­blan­ca vers tout le Ma­roc afin de mo­ti­ver les em­ployés des en­tre­prises, mais éga­le­ment à des­ti­na­tion de l’étran­ger, no­tam­ment en Turquie, An­gle­terre, France et Chine», a fait sa­voir Che­rif Ala­mi.

Le troi­sième seg­ment est ce­lui des voyages à la carte/voyages or­ga­ni­sés. L’as­so­cia­tion loue dans ce vo­let l’ef­fort de l’Etat qui pré­voit 4000 eu­ros par per­sonne et par an, en plus de 1000 eu­ros pour ache­ter des pro­duits sur in­ter­net. Le pré­sident n’a pas man­qué de mettre le doigt sur la pos­si­bi­li­té de pou­voir ache­ter les pres­ta­tions en di­rhams au­près des agences de voyages. Le der­nier seg­ment en­globe les voyages de la Om­ra, qui de­meurent un seg­ment très im­por­tant, même s’il a su­bi à une chute de plus de 35% en 2018 en rai­son de la TVA et la taxe spé­ciale im­po­sées par l’Ara­bie saou­dite, s’est dé­so­lé le pré­sident de l’ARAVCS. « Mal­heu­reu­se­ment, l’ap­pli­ca­tion de la TVA à 5% en Ara­bie saou­dite et sur­tout l’ap­pli­ca­tion de la taxe spé­ciale à rai­son de 3500 di­rhams à par­tir du deuxième voyage pour la Om­ra a per­tur­bé com­plè­te­ment le tis­su éco­no­mique des ré­pé­ti­teurs qui pro­fi­taient au moins une fois tous les deux ans de ce voyage ». Ce qui a don­né des baisses de -35% jus­qu’à -50 % dans cer­taines ca­té­go­ries de ce seg­ment.

Une si­tua­tion qui a lour­de­ment im­pac­té les agences de voyages, sur­tout celles opé­rant spé­cia­le­ment dans ce seg­ment. « Nous es­pé­rons que l’Ara­bie saou­dite com­pren­dra que cette taxe – mon­diale certes – est in­juste», a si­gna­lé l’in­ter­lo­cu­teur.

Respect de la ré­gle­men­ta­tion

Sur ce vo­let, le pré­sident a fait sa­voir que « Toute agence de voyage doit être or­ga­ni­sée se­lon un cahier des charges et une loi, avec une li­cence et un agré­ment. Avec la di­rec­tion ré­gio­nale du mi­nis­tère du Tou­risme pour le Grand Ca­sa­blan­ca-Set­tat, nous or­ga­ni­sons des vi­sites au­près des agences de voyages pour s’en­qué­rir du respect des règles». Et d’ajou­ter : «Plus de 35 agences de voyages étaient fer­mées de­puis de nom­breux mois et ce, pour dif­fé­rentes rai­sons (li­qui­da­tion, aban­don…). Nous avions ré­di­gé un PV avec le di­rec­teur ré­gio­nal du mi­nis­tère du Tou­risme, pour que le mi­nistre de tu­telle leur re­tire leurs li­cences… et je vous avoue que jus­qu’à ce jour, je n’ai pas d’in­for­ma­tion pré­cise à ce su­jet».

«Nous avons iden­ti­fié une agence à Mar­ra­kech qui n’au­rait pas res­pec­té son en­ga­ge­ment de réa­li­sa­tion d’un voyage Om­ra pour plus de 60 per­sonnes, mais en gé­né­ral, on va dire que sur les 250 000 pas­sa­gers que l’en­semble des agences de voyages servent chaque an­née, à l’ex­té­rieur comme à l’in­té­rieur du Ma­roc, seule­ment une tren­taine de ré­cla­ma­tions nous par­viennent. Nous pou­vons dire que nous sommes bien pla­cés par rap­port aux stan­dards in­ter­na­tio­naux, ain­si que dans le bas­sin mé­di­ter­ra­néen», s’est fé­li­ci­té Che­rif Ala­mi. À l’oc­ca­sion du mon­dial 2018, le pré­sident a in­di­qué que les ti­ckets ont été ache­tés à 60% par des clients in­di­vi­duels, et 40% par des en­tre­prises.

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