Les femmes afri­caines au coeur d’un se­cond som­met à Mar­ra­kech

La Nouvelle Tribune - - Au fil de la semaine - Ta­zi Ai­cha

L’Afrique est un conti­nent qui foi­sonne de res­sources, qu’elles soient na­tu­relles ou cultu­relles, mais ses femmes de­meurent l’une de ses plus grandes ri­chesses. Le conti­nent afri­cain est un vi­vier de crois­sance et son ave­nir consti­tue l’un des en­jeux ma­jeurs de notre siècle, mais « il ne peut y avoir de dé­ve­lop­pe­ment de l’économie afri­caine sans le dé­ve­lop­pe­ment de la femme afri­caine », nous dé­clare Ah­med El Ya­cou­bi, Di­rec­teur Gé­né­ral de Société Gé­né­rale Ma­roc, l’un des par­te­naires de WIA ini­tia­tive.

Les femmes re­pré­sentent la moi­tié de la po­pu­la­tion afri­caine et pro­duisent 62% des biens éco­no­miques. Mal­gré un ac­cès à l’édu­ca­tion et au sa­la­riat en­core li­mi­té, 27% des femmes créent une en­tre­prise en Afrique, c’est l’un des taux les plus im­por­tants à l’échelle mon­diale.

C’est par l’économie que l’on peut in­fluen­cer la société, or, il a été éta­bli que lors­qu’une en­tre­prise pra­tique un re­cru­te­ment éga­li­taire hommes/femmes, celle-ci se porte mieux. A l’image de So­dexo, 430.000 sa­la­riés, qui « a vu son ren­de­ment aug­men­ter de 40% après avoir ap­pli­qué une politique d’éga­li­té des sexes », nous rap­porte Fa­tine Mou­line, Con­sul­tante et Ex­perte en di­ver­si­té de genre.

A rap­pe­ler que l’ob­jec­tif de WIA ini­tia­tive n’est pas de scan­der un hy­per fé­mi­nisme exa­cer­bé qui ten­drait à écar­ter les hommes ou prendre leur place, mais sim­ple­ment de dé­mon­trer que les femmes peuvent être tout aus­si qua­li­fiées, et que l’en­jeu doit se li­mi­ter aux seules com­pé­tences des uns et des autres, afin que les femmes puissent tra­vailler mais sur­tout vivre en har­mo­nie avec la gent mas­cu­line. « C’est vrai que lors­qu’il y a plus de femmes dans une en­tre­prise celle –ci se porte mieux (…), mais nous avons tout au­tant be­soin des hommes », nous confie Aude de Thuin, Fon­da­trice de Wo­man In Afri­ca. Sans bru­ta­li­té mais avec fer­me­té, les femmes afri­caines af­fichent dé­sor­mais leurs as­pi­ra­tions. Elles sont so­li­daires, dé­ter­mi­nées et veulent jouer un rôle ma­jeur dans la trans­for­ma­tion de ce conti­nent cen­tral et glo­bal, où se té­les­copent tous les dé­fis contem­po­rains. WIA est la pre­mière pla­te­forme in­ter­na­tio­nale de dé­ve­lop­pe­ment éco­no­mique et d’ac­com­pa­gne­ment dé­diée à ces femmes. Au tra­vers de 4 pi­liers (WIA Club, WIA En­tre­pre­neurs Club, WIA Ins­ti­tute et WIA Me­dia), l’ini­tia­tive sou­tient, ac­com­pagne et contri­bue à la pro­mo­tion d’une nou­velle gé­né­ra­tion de lea­ders fé­mi­nins. Le Som­met An­nuel Mon­dial WIA ini­tia­tive au­ra lieu les 27 et 28 sep­tembre 2018 à Mar­ra­kech avec plus de 68 pays ins­crits, et à peu près 400 par­ti­ci­pants at­ten­dus.

Deux thèmes ma­jeurs se­ront abor­dés cette an­née, la confiance et l’édu­ca­tion. La confiance dans l’Afrique et dans les femmes afri­caines, et l’édu­ca­tion car ce sont celles qui y ont le moins ac­cès. Dans son der­nier rap­port, l’ONG ONE in­dique que sur les 10 pays les moins bien no­tés en ma­tière d’ac­cès à l’édu­ca­tion des filles dans le monde, 9 sont afri­cains. Du­rant deux jours, le som­met pro­po­se­ra des mas­ters­class, des labs col­la­bo­ra­tifs… Les par­ti­ci­pants pour­ront se joindre à des échanges ins­pi­rants au cours de pro­grammes ori­gi­naux comme le « meet­with » ou en­core le « they make Afri­ca », et as­sis­te­ront à deux soi­rées WIA Hap­pe­ning, l’une dé­diée à la pré­sen­ta­tion de jeunes femmes en­tre­pre­neurs et l’autre consa­crée aux in­dus­tries cultu­rels.

Une ini­tia­tive in­no­vante qui met en lu­mière des femmes am­bi­tieuses, mais aus­si et sur­tout des hommes qui per­mettent à ces femmes de jouer plei­ne­ment leur rôle dans les ins­tances de dé­ci­sion.

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