Beau livre : Pierres de pou­voir et de sé­duc­tion

L'Officiel Maroc - - CONTENTS - Par her­vé dewintre

Dans son der­nier ou­vrage en­tiè­re­ment consa­cré au joaillier Bul­ga­ri, Vincent Mey­lan dresse d’émou­vants por­traits de femmes. Un livre où l’amour des gemmes et le goût de l’his­toire s’en­tre­mêlent.

Vincent Mey­lan est bien plus qu’un jour­na­liste : c’est un en­quê­teur pas­sion­né, un ro­man­cier et un his­to­rien. Pu­blié aux édi­tions Té­lé­maque, le livre Bul­ga­ri, les tré­sors de Rome est le qua­trième ou­vrage de l’au­teur en­tiè­re­ment consa­cré à une grande mai­son de joaille­rie eu­ro­péenne, une sa­ga dé­bu­tée en 2009 avec Archives se­crètes de Bou­che­ron. L’au­teur maî­trise l’exer­cice à la per­fec­tion et l’ou­vrage n’est pas une bio­gra­phie du fon­da­teur de Bul­ga­ri, ni de ses des­cen­dants, c’est une ga­le­rie de por­traits d’au­tant plus sa­vou­reuse qu’elle mêle avec al­lé­gresse la grande et la pe­tite his­toire. Une création lit­té­raire vé­ri­table, à mi- che­min entre le re­cueil de nou­velles et la co­mé­die à l’ita­lienne. Les per­son­nages sont sa­vou­reux : Do­ro­thy Di Fras­so campe une pas­sio­na­ria mon­daine dé­ter­mi­née à tuer Mus­so­li­ni à grands coups de mous­taches de tigres pi­lées ; Vic­to­ria Eu­gé­nie d’Espagne in­carne une reine dé­ci­dée à re­prendre le contrôle de sa vie amou­reuse ; In­grid Berg­man su­bit la fé­ro­ci­té des cri­tiques amé­ri­caines qui désap­prouvent sa liai­son avec Ro­ber­to Rossellini, Liz Tay­lor et An­na Ma­gna­ni sont égales à elles-mêmes : vol­ca­niques. Vincent Mey­lan a com­pris que la gloire d’un joaillier se si­tue aus­si bien dans l’in­ven­taire de ses créa­tions que dans l’étude de ses car­nets de com­mandes. Une fois le livre ter­mi­né, une évi­dence s’im­pose : les clientes de Bul­ga­ri ne choi­sis­saient pas le joaillier ro­main par ha­sard, toutes res­sen­taient avec une vive in­ten­si­té le plai­sir de vivre et la joie d’exis­ter. En dé­pit par­fois du ju­ge­ment sé­vère de leurs contem­po­rains, elles étaient des femmes libres.

In­grid Berg­man en 1963, lors du tour­nage de “La Ran­cune” de Bern­hard Wi­cki. Les bi­joux qu’elle porte dans le fi lm sont de Bul­ga­ri. “bul­ga­ri, les tré­sors de rome”, de vincent mey­lan, (éd. an­tique col­lec­tor’s club), 1 010 dh sur li­vre­moi.ma.

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