Mau­det risque de perdre une pré­si­dence suisse

La Confé­rence des chefs can­to­naux de Jus­tice et Po­lice au­di­tion­ne­ra son pré­sident la se­maine pro­chaine

24 Heures - - Suisse - Ar­thur Gros­jean

Sur le site In­ter­net de la Confé­rence des di­rec­trices et di­rec­teurs des Dé­par­te­ments can­to­naux de jus­tice et po­lice (CCDJP), tout semble bai­gner dans le bon­heur. Le conseiller d’État Pierre Mau­det y ap­pa­raît sou­riant en de­van­ture. Un com­mu­ni­qué rap­pelle qu’il est le pré­sident de la Confé­rence de­puis avril 2018. Pour­tant, dans les cou­lisses, le cli­mat est net­te­ment plus ten­du.

Suite à la mise en cause du mi­nistre ge­ne­vois, il a été dé­ci­dé de l’au­di­tion­ner. Ce se­ra la se­maine pro­chaine lors de la réunion de la Confé­rence les 20 et 21 sep­tembre, à Zoug. Un e-mail a été en­voyé pour de­man­der aux membres de s’abs­te­nir de tout com­men­taire sur la ques­tion avant la séance. Et quand on té­lé­phone au se­cré­ta­riat gé­né­ral de l’as­so­cia­tion, on nous ré­pond gen­ti­ment mais fer­me­ment: «Pas de com­men­taire.»

En at­ten­dant, Pierre Mau­det va dé­jà perdre la pré­si­dence la­tine de la Confé­rence. Mais son vice-pré­sident, le mi­nistre neu­châ­te­lois Alain Ri­baux, ex­plique qu’il ne faut pas y voir la moindre sanc­tion. «Vu son élec­tion à la pré­si­dence suisse au prin­temps, il avait été dé­ci­dé de le rem­pla­cer à la pré­si­dence la­tine. C’est la Vau­doise Béa­trice Mé­traux qui ac­cé­de­ra à cette fonc­tion.»

La pré­si­dence de la Confé­rence suisse est une autre paire de manches. Car les évé­ne­ments se sont pré­ci­pi­tés ces der­niers jours. Pierre Mau­det a per­du la pré­si­dence du Con­seil d’État ge­ne­vois, et a été pri­vé, entre autres, de la Po­lice. Peut-il dès lors ma­té­riel­le­ment conser­ver la pré­si­dence de la Confé­rence suisse alors qu’il n’a plus de po­li­ciers sous ses ordres? Nous avons po­sé la ques­tion au prin­ci­pal in­té­res­sé. Pierre Mau­det se re­fuse à tout com­men­taire et nous ren­voie au se­cré­taire gé­né­ral de la Confé­rence. Le conseiller d’État ge­ne­vois Mau­ro Pog­gia, qui a hé­ri­té de la Po­lice, ne tourne pas au­tour du pot. «La ques­tion de sa­voir si M. Mau­det doit tou­jours re­pré­sen­ter Ge­nève à cette Confé­rence a été dis­cu­tée mais sa po­si­tion n’a pas été contes­tée tant qu’il s’oc­cupe de la dé­ten­tion et des ren­vois, su­jets trai­tés par cette Confé­rence.»

Mau­ro Pog­gia ajoute ce­pen­dant que cette dé­ci­sion est «tou­jours sous ré­serve d’une vo­lon­té dif­fé­rente qui se­rait ex­pri­mée par les membres de la Confé­rence suisse». Il rap­pelle aus­si que «la pré­si­dence de la CCDJP ne re­lève pas du Can­ton mais d’un vote de ses membres». Cette pré­si­dence suisse de­vrait être dif­fi­cile à conser­ver pour Pierre Mau­det. La presse alé­ma­nique, de gauche ou de droite, tire à bou­lets rouges sur le mi­nistre ge­ne­vois. Elle ne com­prend pas pour­quoi il ne dé­mis­sionne pas de son poste après ses men­songes. Il est dou­teux que la CCDJP prenne le risque de main­te­nir à sa tête un mi­nistre qui a re­con­nu avoir men­ti et qui fait l’ob­jet d’une en­quête ju­di­ciaire. On a vu jeu­di que le PLR Suisse, par la voix de sa pré­si­dente, Pe­tra Gös­si, pousse aus­si Pierre Mau­det vers la sor­tie.

Pierre Mau­det est pré­sident de la CCDJP de­puis avril 2018.

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