Contre Sion, le LS peut mar­qu

De­puis 2003 et leur re­nais­sance, ja­mais les Vau­dois n’ont réus­si à éli­mi­ner une équipe de Su­per League à la Pon­taise en Coupe de Suisse

24 Heures - - Sports - An­dré Bo­schet­ti

Sans at­teindre les som­mets émo­tion­nels que vé­hi­cule le FC Sion, le Lau­sanne-Sport vit lui aus­si une belle idylle avec la Coupe de Suisse. Avec neuf tro­phées à son pal­ma­rès, il fi­gure au 5e rang dans la hié­rar­chie hel­vé­tique, juste der­rière GC (19), Sion (13), Bâle (12) et Zu­rich (10).

Mais ce glo­rieux pas­sé ne concerne que le siècle der­nier, puisque l’ul­time suc­cès en date re­monte à 1999 et une vic­toire contre Zu­rich. Une époque où un «s» ve­nait en­core s’ajou­ter à Sport. De­puis la faillite, puis la re­nais­sance du club en 2003, seule une fi­nale – per­due 6-0 contre le grand FC Bâle en 2010 – est ve­nue égayer des par­cours sou­vent ano­nymes et par­fois dé­sas­treux.

Comme cette sai­son, la der­nière épo­pée lau­san­noise s’était dé­rou­lée alors que le LS mi­li­tait en Chal­lenge League. Un exer­cice au cours du­quel les am­bi­tions étaient mo­destes et où, d’ailleurs, l’équipe en­traî­née par John Dra­ga­ni ne brillait pas par­ti­cu­liè­re­ment en cham­pion­nat. Ce qui n’avait pas em­pê­ché Guillaume Katz et consorts de réa­li­ser deux au­then­tiques ex­ploits en sor­tant d’abord Young Boys en quart de fi­nale puis Saint-Gall en de­mie. Avant et après cette mé­mo­rable édi­tion 2009-2010, seules trois par­ti­ci­pa­tions à des quarts de fi­nale sont ve­nues ti­tiller les es­poirs de ses sup­por­ters.

Neuf ans plus tard, John Dra­ga­ni se sou­vient en­core par­fai­te­ment de l’ex­ploit qu’avait réus­si son équipe face à YB. «Le contexte était un peu spé­cial, ra­conte l’ac­tuel en­traî­neur du Stade Nyon­nais. Ce match, nous de­vions le jouer à la Pon­taise mais pour des rai­sons fi­nan­cières, l’avan­tage du ter­rain avait été «ven­du» à YB. Nous par­tions donc presque bat­tus d’avance face à un ad­ver­saire qui ca­ra­co­lait en tête du cham­pion­nat et n’avait plus per­du de­puis un match eu­ro­péen face à l’At­lé­ti­co.»

Un LS sans com­plexe

Condam­né par l’opi­nion pu­blique, le LS a pu pré­pa­rer sans la moindre pres­sion ce quart de fi­nale. «J’avais concoc­té une pré­pa­ra­tion as­sez spé­ciale, sou­rit John Dra­ga­ni. Et la veille du match, lors d’un pe­tit en­traî­ne­ment au Stade de Suisse, je me sou­viens avoir échan­gé un re­gard avec notre ca­pi­taine, An­toine Rey. Sans trop nous épan­cher, nous sen­tions tous les deux que quelque chose pou­vait se pas­ser.» Et le pe­tit mi­racle se pro­duit le len­de­main quand le LS ato­mise 4-1 un YB dé­bous­so­lé. «C’est pour ce genre de matches que la Coupe garde ce cô­té ma­gique et in­ex­pli­cable qui nous plaît tant, in­siste Dra­ga­ni. Les émo­tions y sont dif­fé­rentes. La seule chose im­por­tante, c’est de croire que tout est pos­sible.»

Por­tés par cette vic­toire, les Lau­san­nois se dé­placent en­suite à Saint-Gall avec un état d’es­prit plus con­qué­rant en­core. «L’en­traî­neur avait chan­gé (ndlr: Ar­pad Soos avait suc­cé­dé à John Dra­ga­ni) et notre confiance en nous aus­si grâce à cette vic­toire à Berne, sou­ligne Guillaume Katz. Je me sou- viens que nous avions abor­dé cette de­mi-fi­nale avec plus de cer­ti­tudes de pou­voir la ga­gner. En en­trant sur le ter­rain, nous ne nous sen­tions, cette fois, pas in­fé­rieurs à nos ad­ver­saires.»

Coup sur coup, le pen­sion­naire de Chal­lenge League s’était of­fert le scalp de deux pres­ti­gieu-

ses équipes de Su­per League. Une per­for­mance alors in­édite pour le nou­veau Lau­sanne-Sport. Et qui l’est tou­jours, puisque ja­mais de­puis il est par­ve­nu à éli­mi­ner un club de l’élite suisse. Mal­gré sept ten­ta­tives, donc cinq dans son antre de la Pon­taise. En ré­su­mé, le Lau­sanne-Sport n’a tout sim­ple­ment ja­mais réus­si à battre un ad­ver­saire de Su­per League à do­mi­cile en Coupe de Suisse au cours de ses quinze an­nées d’his­toire.

«Je reste tou­te­fois convain­cu que jouer de­vant son pu­blic se­ra un avan­tage, di­manche, pour le LS, conclut Guillaume Katz. La re­cette? Ne pas nour­rir le moindre com­plexe! Et puis, la dif­fé­rence au­jourd’hui entre ce LS, qui est une ex­cel­lente équipe de Chal­lenge League, et cette for­ma­tion de mi­lieu de ta­bleau de Su­per League qu’est le FC Sion n’est pas énorme. Bien moindre que celle qui nous sé­pa­rait alors de YB et de Saint-Gall.»

Luis Pi­men­ta et Guillaume Katz fé­li­citent Ro­dri­go To­si, au­teur d’un dou­blé au Stade de Suisse ce mé­mo­ra

KEYS­TONE

able 13 dé­cembre 2009.

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