Le Tri­bu­nal fé­dé­ral re­fuse de rou­vrir l’af­faire Lé­ge­ret

La Haute Cour a re­je­té la de­mande de ré­vi­sion du Ve­vey­san condam­né à la pri­son à vie, dé­po­sée avant la ma­ni­fes­ta­tion d’un nou­veau té­moin trou­blant

24 Heures - - Vaud - G.-M.B.

Fran­çois Lé­ge­ret a tou­jours cla­mé son in­no­cence dans le drame qui a coû­té la vie le 24 dé­cembre 2005 à sa mère, à une amie de celle-ci et à sa soeur, dont le corps n’a ja­mais été re­trou­vé. Le Tri­bu­nal fé­dé­ral vient de re­je­ter sa der­nière de­mande de ré­vi­sion de son pro­cès en 2010, où lui a été in­fli­gée la dé­ten­tion à per­pé­tui­té.

Rap­pe­lons que condam­né une pre­mière fois à la pri­son à vie, le Ve­vey­san avait été re­ju­gé à la suite des dé­cla­ra­tions tar­dives d’une bou­lan­gère cer­taine d’avoir ser­vi deux des vic­times en fin de jour­née, alors que le pre­mier ju­ge­ment consi­dé­rait que le crime avait eu lieu vers mi­di.

Lors de ce se­cond pro­cès, les juges vau­dois avaient con­si­dé­ré que cette dame s’était trom­pée de date et pro­non­cé la même peine que les pre­miers. Puis est ap­pa­ru, dans le livre en­quête «L’af­faire Lé­ge­ret, un as­sas­sin ima­gi­naire» pa­ru en 2016, le sou­ve­nir du fils de la bou­lan­gère, au­jourd’hui dé­cé­dée, af­fir­mant que sa mère ne souf­frait pas de troubles de la mé­moire et ne pou­vait donc pas s’être trom­pée. Ce­la jus­ti­fiait aux yeux de Fran­çois Lé­ge­ret une nou­velle ré­vi­sion, la­quelle a été re­je­tée par le Tri­bu­nal can­to­nal. Dans un ar­rêt qui vient d’être ren­du pu­blic, la Cour fé­dé­rale se ral­lie à cette dé­ci­sion.

La Haute Cour rap­pelle no­tam­ment que Fran­çois Lé­ge­ret avait lui-même dé­cla­ré s’être ren­du sur les lieux en dé­but d’après-mi­di et dit y avoir dé­cou­vert le ca­davre de sa mère, de l’amie de celle-ci, en pré­sence de sa soeur. Elle re­tient aus­si que les re­le­vés té­lé­pho­niques in­diquent qu’au­cune com­mu­ni­ca­tion n’avait été éta­blie avec la vil­la dès le 23 dé­cembre 2005 en fin d’après-mi­di.

Se­lon Mon-Re­pos, les juges vau­dois pou­vaient donc consi­dé­rer à juste titre que le té­moi­gnage du fils de la bou­lan­gère ne pou­vait pas ébran­ler les faits fon­dant la condam­na­tion de 2010. De même, le Tri­bu­nal fé­dé­ral a écar­té la de­mande de ré­cu­sa­tion de ceux-ci for­mu­lée par l’in­té­res­sé, faute de mo­ti­va­tion suf­fi­sante.

L’af­faire pour­rait s’ar­rê­ter là, si quelques mois après le dé­pôt de la de­mande de ré­vi­sion qui vient d’être re­je­tée ne s’était ma­ni­fes­té un nou­veau té­moin trou­blant. Une dame âgée de 90 ans a en ef­fet af­fir­mé avoir elle aus­si croi­sé vers 17 heures deux des vic­times dans une rue proche du ma­ga­sin où tra­vaillait la bou­lan­gère. Un élé­ment in­at­ten­du qui vient cor­ro­bo­rer les al­lé­ga­tions de cette der­nière et qui pour­rait bien pro­vo­quer une nou­velle de­mande de ré­vi­sion.

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