Les risques d’un fi­nan­ce­ment pri­vé

24 Heures - - Suisse - S.R.

● Le re­cours ré­pé­té de Pierre Mau­det à une ca­gnotte pri­vée n’a rien d’illé­gal, mais il met en lu­mière la zone grise du fi­nan­ce­ment des par­tis. Alexandre de Se­nar­clens, pré­sident du PLR, dé­crit la pra­tique à Ge­nève. «Il est as­sez clas­sique pour un can­di­dat à l’Exé­cu­tif, quel que soit le par­ti, d’avoir un co­mi­té de sou­tien, sous forme d’as­so­cia­tion, qui ré­colte des pe­tits dons sur un compte spé­ci­fique. C’est mieux que sur le compte per­son­nel du can­di­dat. Ce­la per­met de payer la créa­tion d’un site in­ter­net ou une pho­to, soit des dé­penses de quelques mil­liers de francs que le par­ti ne pren­drait pas en charge.» Mais jus­qu’où un can­di­dat peut-il al­ler? «Je n’ai au­cun com­men­taire à faire sur l’as­so­cia­tion de sou­tien de Pierre Mau­det, que je ne connais pas, dont je ne connais pas les do­na­teurs et les flux fi­nan­ciers», ré­pond Alexandre de Se­nar­clens.

D’autres es­timent que cette si­tua­tion ré­vèle les failles du sys­tème. «Ces fonds pri­vés, sans liste de do­na­teurs, échappent à tout contrôle. Et le can­di­dat prend le risque d’être ac­cu­sé de dé­pen­dance vis-à-vis des con­tri­bu­teurs. Comme c’est le cas dans cette af­faire», dé­plore un re­pré­sen­tant du PLR, vou­lant res­ter ano­nyme.

Il sou­haite qu’une le­çon en soit ti­rée: «Pas de comptes pri­vés et pas de cam­pagne pri­vée à l’Exé­cu­tif de Ge­nève, sui­vant le mo­dèle des Lé­gis­la­tifs can­to­nal et fé­dé­ral.»

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