À Y-Parc, l’ave­nir du pays s’anime de 12 h à 13 h

24 Heures - - Terroirs -

Pas vrai­ment de syn­dic, au­cune tra­di­tion ou so­cié­té lo­cale, en­core moins de pinte à l’an­cienne qui, si elle pou­vait par­ler, se­rait in­ta­ris­sable sur l’his­toire com­plexe et pro­met­teuse d’Y-Parc. Vé­ri­table pe­tite ville de plus 1400 em­ployés, une quin­zaine d’édi­fices ul­tra­mo­dernes et 160 en­tre­prises, le parc scien­ti­fique et tech­no­lo­gique (PST) d’Yver­don donne du ciel l’image qu’on at­tend de lui. Un en­semble d’en­tre­prises de pointe, axées sur la tech­no­lo­gie de de­main, et qui doit re­le­ver le Nord vau­dois du choc pro­vo­qué par la chute de ses in­dus­tries phares dans les an­nées 80. Plus que ça. À l’échelle du pays, c’est le Swiss Tech­no­pole, une pé­pi­nière de start-up, une al­liance rare, si ce n’est unique, entre pri­vés et pou­voirs pu­blics qui doivent pro­mou­voir le re­nou­veau de la re­cherche et de l’éco­no­mie dans les sé­cu­ri­tés nu­mé­riques, la med­tech,

«Au­jourd’hui, ce sont des Lau­san­nois qui pen­dulent et viennent à Yver­don. Tout un sym­bole»

Alice Ros­sier

le dé­ve­lop­pe­ment et les clean­techs. Bref, l’ave­nir. «Je ne vou­lais pas tra­vailler ailleurs, sou­rit Alice Ros­sier, com­mu­ni­ty ma­na­ger de l’agence Pla­nair, sise à la rue Ga­li­lée. C’est dy­na­mique, on est en­tou­ré de struc­tures de qua­li­té qui avancent dans le même do­maine que nous. On se croise, on sait ce que font les autres et on peut s’en­trai­der. Au­jourd’hui, ce sont des Lau­san­nois qui pen­dulent et viennent à Yver­don. Tout un sym­bole.»

Dans les faits, à l’ex­té­rieur des grands édi­fices de verre et de bois re­nou­ve­lable, Y-Parc s’anime sur­tout de 12 h à 13 h. Quand des grappes d’ou­vriers en bleu ta­ché croisent les em­ployés à l’al­lure d’in­gé­nieurs ou de jeunes gra­phistes. «Il y a de tout, ra­conte, Lor­raine Fra­gnière, pré­pa­rant l’étal de son food truck. Ça a chan­gé de­puis que je suis là. Il y a plus de monde, des ha­bi­tués, des gen­darmes et des mi­li­taires qui s’ar­rêtent. Cet en­droit de­vient à la mode.» Pas toute l’an­née, nuance un in­for­ma­ti­cien, entre deux bâ­ti­ments, «en été tout le monde mange sur les ter­rasses ou au bord du plan d’eau. En hi­ver c’est moins jo­vial. De­puis qu’il y a les food trucks, c’est plus sym­pa. Mais la dy­na­mique peine vrai­ment à sor­tir des bu­reaux. Le soir, on va boire des verres en ville, pas ici.» La di­rec­tion d’Y-Parc oeuvre pour­tant pour réunir les jeunes ta­lents des PME et start-up à la ca­li­for­nienne. Une chicken-par­ty, les Nu­me­rik-Games, des es­paces de co­wor­king, des cours de yo­ga ou des for­ma­tions… «Oui, mais il manque un fit­ness pour faire du sport et croi­ser du monde à mi­di», lance un in­gé­nieur. «Un bis­trot», pro­pose un autre. «Une app tin­der à l’échelle du parc», plai­sante Alice Ros­sier. Plus sé­rieu­se­ment la dy­na­mique est en route. Et l’ar­ri­vée du bâ­ti­ment de Kin­der Ci­ty va en­core la ren­for­cer.» Ce coeur lu­dique, «bu­si­ness et ser­vices», qui doit ame­ner un kiosque, une épi­ce­rie, une gar­de­rie, un ci­né­ma… et peut-être bien une gare, mi­litent les élus du Nord vau­dois. «Nous, on vient sur­tout à vé­lo ou en voi­ture. Peut-être que ça amé­lio­re­ra la vie pour les autres, ré­agit Fan­ny Lo­vis, em­ployée à la per­ma­nence mé­di­cale d’Y-Parc. C’est un en­droit qui reste un cadre de tra­vail, mais on y est bien.» As­sis face à l’étang du parc, alors que le va-et-vient des vé­hi­cules en route pour l’au­to­route se pour­suit, Alexis Blan­co, ac­tif dans le mar­ke­ting di­gi­tal, gri­gnote entre deux bancs. Il sou­ligne le nombre de start-up ayant dé­jà per­cé sur le site. «strong.codes» qui est de­ve­nu la suc­cur­sale de Snap­chat. EcoRo­bo­tix et ses ro­bots de désher­bage. «L’en­droit est sym­pa, pour­suit le jeune Baul­mé­ran. Les sy­ner­gies sont dif­fi­ciles à mettre en place, les in­for­ma­tions ne cir­culent pas tou­jours. Mais ça avance.» 17 h. Les pneus crissent et Y-Parc se vide en un ins­tant. Res­tent quelques pro­me­neurs de chiens, des amou­reux à la re­cherche d’un coin dis­cret, et les re­tar­da­taires sur les par­kings. Comme Vic­tor Pan­tet et Ro­main The­ri­sod, deux membres de Wa­ve­mind, qui oeuvre no­tam­ment pour re­dy­na­mi­ser le site. «À l’EPFL, les gens res­tent tard sur le site. Il faut qu’on songe plus aux lieux de ren­contre, à en­cou­ra­ger les gens à prendre les tran­sports pu­blics vers le centre, songe Vic­tor Pan­tet. L’en­droit peut de­ve­nir plus convi­vial. Les gens qui y tra­vaillent peuvent en de­ve­nir les ac­teurs.»

Er­wan Le Bec

Quar­tier d’Yver­don sans vrai­ment en être un, pi­vot du dé­ve­lop­pe­ment tech­no­lo­gique, Y-Parc est de­ve­nu un vi­vier de start-up et de gé­nies. Le tout dans un cadre mo­derne qui peine à s’ani­mer en de­hors des heures de bu­reau.

Lor­raine Fra­gnière ap­pré­cie le cô­té cos­mo­po­lite du coin, à l’heure de mi­di.

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